L'HYPOTHESE DE CONTINUITE D'EXPLOITATION

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l’hypothèse de continuité d’exploitation

 L’hypothèse de base dans les normes internationales  de l’établissement des comptes est la continuité d’exploitation.  Il est clair que s’agissant de définir les pratiques comptables  pour des sociétés cotées , dans le cadre d’organisations professionnelles rassemblant les auditeurs désireux de fixer des normes pour les grandes sociétés mondiales, la contestation de cette hypothèse de base aurait paru il y a quelques années sacrilège, comme il était considéré comme blasphématoire de parler de la faillite possible de sociétés de bourse ou de banques.

Les crises récentes ont montré la vulnérabilité des plus grandes sociétés. L’hypothèse de continuité d ‘exploitation en matière d’informations financière peut être comparée à l’hypothèse de prévisions météorologiques fondées sur l’hypothèse de temps clément. .  L’information financière est ainsi fondée sur une hypothèse qui est celle dont la notation financière est au contraire la base, puisqu’il s’agit de prévoir le risque de défaillance. On peut considérer qu’il s’agit d’une incohérence plus que d’une complémentarité. 

Cette hypothèse  a pour effet de favoriser les déviations des réalités juridiques, et en particulier de celles qui résultent du droit des faillites .   Ce droit des faillites inversement est fondamental dans le droit du crédit, et ce sont les normes du droit des redressements judiciaires qui font que la propriété est considérée comme la meilleure des sûretés . Comme les droits des créanciers sont en droit ou en fait de plus en plus réduits, la  seule protection efficace est celle de la propriété, où  subsidiairement les sûretés. 

Inversement les normes comptables, destinées entre autres à assurer l’information des créanciers, ont tendance à vouloir ignorer la propriété comme les autres aspects juridiques au motif qu’il s’agirait de forme.  Dès qu’il y a valeur potentielle on constaterait l’existence d’un bien. Parce que les normes comptables et fiscales prévoient la reconnaissance de potentiels d’avantages économiques il est même parfois prétendu qu’il y aurait une nouvelle forme de propriété , la propriété économique (Gauthier Blanluet, Essai sur la notion de propriété économique en droit privé français, Paris 1999).

 La question est de savoir comment définir le  patrimoine et les biens. Peut on considérer qu’il y a un bien parce qu’il y a une  valeur sans droit attaché.

 La discordance avec la réalité juridique se traduisant par l’inexactitude des informations données en cas de difficulté, il est permis de considérer que cette prétendu propriété économique est une illusion.  Le manque de prise en considération de ces aspects « formels »  fausse manifestement les comptes.   L’identification du statut du crédit preneur avec un concept de propriétaire économique comme étant un propriétaire effectif  fournit une information qui est manifestement dangereuse.  Elle assimile à un propriétaire un occupant, que la jurisprudence considérera sans titre dès lors qu’il n’aura pas payer le loyer.

 Les formes temporaires et démembrées ou divisées de propriété de la common law  avec en particulier l’utilisation des trusts dans les montages financiers, est certes un facteur facilitant les montages financiers, ce qui avait conduit le législateur français à envisager l’introduction en France de la fiducie. Le fait que l’utilisation d’un trust dans le cadre des règles comptables anglo-saxonnes procurait la facilité de permettre des montages où le risque disparaissait des comptes des entreprises sans aparaitre dans  ceux des banques.

 L’affaire Enron et de façon générale l’utilisation extrême qui est faite des montages de déconsolidation démontre la contradiction qu’il y a entre l’opacité du trust, surtout lorsqu’il est bien entendu quasi-systématiquement situé dans une place off shore,  et les impératifs de transparence.

Dans un cadre d’autonomie comptable fondée sur la continuité d’exploitation le bilan a pour but de déterminer la santé de l'entreprise, mais la santé de l'entreprise modifie fondamentalement le bilan.

 

Cette hypothèse  entraîne par ailleurs un effet accélérateur des crises de confiance quant aux projections dont elle amplifie l’inadéquation par rapport à la réalité mais aussi de la disparition de la valorisation annoncée pour les actifs, ce qui ne peut que décrédibiliser totalement les comptes présentés.

 
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