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| <<LA TRANSFORMATION DES ACTIFS ET PASSIFS
CONCLUSION>> La gestion de bilanL’illusion de la technique a amené à faire croire , avec un degré manifeste d’auto-conviction, que l’on peut « gérer le bilan ». Cette activité s'est d'abord développée aux Etats Unis et a donné naissance à ce qui a été appelé l"ingénierie juridico-financière" (v. G. Berlioz, Comptabilité et Ingénierie Juridico-financière, Revue de droit comptable 1996, n°1, p. 103 et s.) . Dans la seconde moitié des années 70 s'était développé l'euphorie des pétro-dollars et les experts financiers considéraient qu'il y avait un problème de surliquidité. La politique de prêt a été particulièrement ouverte et il en est résulté en fait un surendettement des pays en voie de développement. Les défauts de paiement constatés ont posé le problème de la comptabilisation des créances dans les bilans des banques américaines. C'est alors que se sont développé des techniques de transfert des actifs et d'amélioration de ces actifs dans le cadre en particulier de titrisation. Ces services hautement rémunérateurs ont été ensuite transposées dans le cadre des difficultés de paiement d'entreprises privées. Par ailleurs des techniques de déconsolidation ont été développées pour "sortir du bilan" l'endettement des entreprises. Les actifs sont sortis avec l'endettement corrélatif. C'est ainsi en particulier que les investissements lourds font l'objet de montages déconsolidants pour présenter une vision plus favorable du bilan en particulier aux analystes financiers. Les actifs des entreprises disparaissent car le passif associé est trop important : vente des usines ou outils de production, vente de la flotte de navires d'un transporteur maritime ou de camions d'un transporteur routier, etc. Par ailleurs l'acquisition de ces outils peut être faite dès le départ dans des montages non consolidés, transposant des techniques développées dans les financements de projet. La conséquence de ces montages est que le poids de l'investissement n'aparaît pas. Les intérêts sont souvent dans ces montages masqués par l'utilisation de redevances dont le caractère financier est occulté. Il s'agit la de variations sur l'utilisation dans les financements de projets de contrats d'approvisionnement avec d'engagements commerciaux de paiement inconditionnels comme les contrats avec des clauses "hell or water" ou des "throughput agreements". Ces engagements de paiement, qui obligent même en l'absence de contrepartie commerciale comme la livraison du produit qui est l'objet du contrat d'approvisionnement, sont en fait des engagements financiers déguisés. Dans les montages l'insensibilité du bilan au facteur temps est utilisée pour essayer d'étaler dans le temps des pertes ou provisions qui normalement auraient du être constatées immédiatement, avec des montages en zéro-coupons. Ces techniques donnent naissance à une industrie de la "structured finance" qui modèle les actifs et les passifs, avec la transformation d'intérêt en principal, de capital en dette ou vice versa, et avec souvent un jeu sur une double qualification (v. G. Berlioz, Rapport de Synthèse, Le Nouveau Capital, Paris 1990)
C’est ainsi que l’on voit un marketing de services pour obtenir
la « Comptabilité
projetée ». Il est révélateur que les schémas qui étaient
indiqués de façon illisible dans les comptes d’Enron faisaient
l’objet de description détaillée sur les sites des intervenants au
montage. La
retouche d’image dans les comptes devient facilement de la magie, devant
laquelle chacun s’émerveille comme ce fut le cas pour Enron avant que
la débacle fasse qualifier les techniques utilisées de malversation. Enron
est la démonstration, comme LTCM, des dangers des illusions sur
l’alchimie financière. Les modèles mathématiques, les réseaux
informatiques, l’exotisme des montages exercent une fascination où
l’habileté mène à l’illusion. |
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