"Hier, avant même que
sa démission ne soit actée par le conseil d'administration, Jean-Louis
Raymond a annoncé qu'il se porterait candidat à la présidence d'Eurotunnel .
"Cette candidature repose sur un programme et une équipe capables de
sortir l'entreprise de l'ornière dans laquelle elle se trouve", a
expliqué Jean-Louis Raymond, en ajoutant qu'il
"dévoilera au cours de l'assemblée générale du 17 juin une liste
d'administrateurs français et anglais qui seront présentés au vote des
actionnaires"."
La Tribune, 14 juin 2005
Un
sentiment de gâchis
Le torchon brûle au conseil d'administration
d'Eurotunnel. Les représentants des petits porteurs qui posaient tout
sourire au soir du 7 avril 2004, au terme d'une assemblée générale
historique pour la démocratie actionnariale, passent désormais leur temps à
se dénigrer... quand ils ne s'insultent pas ! Le temps est donc bien fini où
Joseph Gouranton, président de l'association de défense des minoritaires
d'Eurotunnel (Adacte), et le patron de presse Nicolas Miguet complotaient en
coulisses pour renverser la direction et additionnaient leurs pouvoirs. Le
divorce est aujourd'hui consommé, et c'est un sentiment de gâchis qui
prévaut à la veille d'une assemblée générale qui s'annonce encore houleuse.
Le 17 juin, les actionnaires d'Eurotunnel seront de
nouveau amenés à se prononcer sur la composition du conseil d'administration
de la société. Et il faudra choisir son camp. Car, depuis un an, des
divisions se sont formées, entraînant parfois des démissions. C'est Pierre
Cardo qui le premier a jeté l'éponge en décembre et a repris du coup sa
liberté de parole. « La direction générale ne représente plus l'esprit du 7
avril », fustigeait alors le député des Yvelines, qui regrettait en
parallèle le peu de pouvoir du conseil d'administration. « Nous sommes allés
trop vite, reconnaît aujourd'hui Joseph Gouranton. Nous n'aurions pas dû
accepter après l'assemblée la constitution d'un conseil d'administration non
exécutif et la nomination de deux administrateurs aux postes les plus élevés
sur le plan opérationnel. »
Nathalie
Rambaud Juin 2005 , La Vie Financière.com
Au chapitre
affaires, l'ancien directeur général a qualifié "de tissus d'âneries"
un rapport d'audit de la semaine dernière qui faisait état de facturations
d'honoraires disproportionnées de 44 millions d'euros. Interrogé il a
déclaré "les chiffres sont certes exacts mais le rapport a omis de
préciser que seul un quart des dépenses était imputable à notre gestion",
rapporte le Figaro Economie. Jean Louis
Raymond a décidé de porter plainte pour diffamation.
Yahoo Finance,
14 juin 2005
Eurotunnel,
Ca recommence
Un an après leur putsch, une nouvelle guerre oppose les
dirigeants. Alors que rien n'est réglé
Campagne intensive dans la presse, promesses multiples et
contradictoires faites aux actionnaires, insultes volant largement
au-dessous du niveau de la mer: l'ambiance précédant l'assemblée
générale d'Eurotunnel du 17 juin, plus d'un an après le putsch d'avril
2004, offre un petit air de déjà-vu.
Depuis l'AG historique de 2004, de l'eau a pourtant coulé sur le tunnel:
les nouveaux dirigeants ont eu plus d'un an pour renégocier une dette
abyssale (9 milliards d'euros) et tenter d'éviter le dépôt de bilan
programmé pour 2007.
.....) Qu'ont fait de tout ce temps les dirigeants, alors que le cours de
l'action, déjà à l'agonie, était encore divisé par deux (voir le graphique
ci-contre)?«Ils n'ont pas arrêté de se tirer dans les pattes», témoigne
un proche de la direction. Dans la bagarre, 2 des 6 administrateurs ont
disparu du paysage: le président, Jacques Maillot, et le député UMP Pierre
Cardo ont rendu leur tablier l'hiver dernier
(.............).
...........la guerre est à nouveau déclarée: déjà à
l'origine du dynamitage de l'AG de 2004, Miguet - qui pourrait
d'ailleurs être sanctionné par l'Autorité des marchés financiers pour
son intervention dans le dossier - a ressorti sa casquette de défenseur
des «petits» contre les «voleurs» et les «banksters». Et menace de ne
pas voter la confiance à Jacques Gounon.
Pour se prémunir contre toute mauvaise surprise, celui-ci a décidé
d'employer les grands moyens: lettres ouvertes aux actionnaires,
interviews tous azimuts, annonce d'une nouvelle politique de
tarification inspirée des low cost…
Reste à savoir quel sera le verdict d'actionnaires déjà largement
désabusés. Les grands événements historiques, estimait Marx, se
reproduisent toujours sous forme de farce. Confirmation le 17 juin, sur
le site de Coquelles (Pas-de-Calais).
Benjamin Masse-Stamberger,
L'Express du 13/06/2005