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DOSSIER EUROTUNNEL
L’EXPLOITATION COMMERCIALE Le désastre financier va résulter d’une exploitation qui après avoir été tardive et partielle va se révéler très en dessous des prévisions dont les plus récentes étaient celles faites dans le prospectus de l'augmentation de capital et ce tant
Le début tardif et partiel de l' exploitation commercialeUn retard ruineuxLe retard dans l’exploitation prive Eurotunnel de ressources d’exploitation. Eurotunnel va vivre sur le produit de l’augmentation de capital. Une exploitation très partielleL'utilisation effective de l'autorisation de l'exploitation commerciale en date du 12 octobre 1994 débute effectivement le 14 novembre 1994 Cependant à cette date le matériel roulant est manifestement insuffisant pour une exploitation commerciale : il n'y a encore que de treize rames réceptionnées, et le 1er janvier 1995 il n'y a encore que 24 rames réceptionnées. Le 17 octobre 1994 Eurotunnel annonce qu’il faut diviser par 4 les prévisions de chiffre d’affaires faites au mois de mai 1994 [1] Une exploitation commerciale aux recettes grossièrement surestimées
Une erreur commerciale grossièreLes recettes unitaires ont été largement surestimées Eurotunnel et les banques ont cru qu’il n’y aurait pas une véritable guerre des prix avec les ferries et que les compagnies de ferries se construiraient un nouveau marché, avec de nouvelles routes , des ventes de mini-croisières et que les capacités des ferries allaient diminuer Eurotunnel a ainsi posé l’hypothèse que l’augmentation des capacités de transport trans-manches résultant de l’ouverture du tunnel se ferait sans diminution des prix pratiqués Une telle hypothèse allait à l’encontre de toutes les expériences de réaction sur un marché lors de l’introduction d’une technologie nouvelle, qui provoque nécessairement un ajustement à la baisse des prix offerts, même si cette offre nouvelle engendre une demande accrue. L’hypothèse naïve et erronée a été bien entendu démentie par les faits. Cette hypothèse était d'autant plus injustifiée que la "guerre des prix" dont Eurotunnel a déclaré qu'elle l'avait contrainte à pratiquer des tarifs inférieurs aux prévisions pouvait sans difficulté être anticipée ainsi que ses effets. Les compagnies de ferries avaient adopté leur stratégie dès 1993. La réintroduction du régime des ventes en Duty free, qui permettait aux compagnies de ferries de mener cette guerre des prix, avait été obtenue à compter du moins de janvier 1993. Des prévisions de trafic très largement suresptimées La fréquentation a été très largement surestimée La fréquentation n'est pas le tiers des prévisions. Le volume réalisé en 1994 a atteint le tiers seulement de celui prévu pour les voitures de tourisme et les camions. Pour 1995 le nombre de voitures de tourisme et de camions seront inférieurs de 50% à ceux prévus. Pour 1996 le trafic réel de tourisme et de camions ne représentera que 67% du niveau prévu pour les dix premiers mois de l'année précédent l'incendie survenu dans le tunnel en novembre 1996. Les prévisions de trafic concernant le Shuttle ont été très nettement optimises. Pour les 30 premiers mois d'exploitation du Shuttle, les dirigeants d'Eurotunnel se sont écartés des prévisions établies par les consultants, SETE-WSA. Pour cette période cruciale Eurotunnel a choisi de ne pas tenir compte de l'avertissement pourtant émis par ceux-ci sur les conséquences d'un excès important de capacité résultant de l'ouverture du tunnel. Les auteurs du prospectus , lors de l'augmentation de capital de mai 1994, avaient choisi leur hypothèse de maintien des prix en dépit de la concurrence des compagnies de ferries, alors que dans cette période cruciale, toute variation des prix avait des conséquences dramatiques, compte tenu de la fragilité financière d'Eurotunnel. Fin 1994 la capitalisation boursière d’Eurotunnel est de 2.826 Millions € sur la base d’un cours de l’action à 3,18 €. Après l’exercice de warrants de fondateurs et une émission à SBS le montant du capital fin 1994 est de 3.271 Millions €. [1] v. Bonazza, p. 176 |
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