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PARIS (Reuters) - Les banques d'investissement Goldman Sachs et Macquarie ont
demandé à Vinci de superviser la gestion d'Eurotunnel dans le cadre d'un accord
éventuel sur sa dette, a annoncé jeudi le PDG du groupe du numéro un mondial du
BTP et des concessions.
"Nous avons été contactés par Goldman Sachs et Macquarie pour contrôler la
gestion d'Eurotunnel. Ils travaillent actuellement sur un projet de reprise de
la dette", a déclaré Antoine Zacharias à Reuters après l'assemblée générale des
actionnaires.
L'opérateur du tunnel sous la Manche négocie actuellement avec ses créanciers en
vue de restructurer sa dette de neuf milliards d'euros. Il a confirmé lundi
qu'outre le "comité ad hoc" des créanciers, il discutait avec les deux banques.
"La dette s'élève à 9 milliards et sera massivement réduite, à 4 ou 5
milliards", a ajouté Christian Labeyrie, directeur financier de Vinci.
Le groupe ne devrait pas participer aux négociations autour de la dette. "On
nous a demandé d'examiner la meilleure façon de gérer Eurotunnel et de négocier
avec les compagnies de chemins de fer. Nous avons de l'expérience dans ce
domaine", a déclaré Christian Labeyrie.
Plus tôt, Antoine Zacharias avait annoncé aux actionnaires de Vinci qu'il serait
prudent sur le dossier Eurotunnel, indiquant que les investissements dans le
groupe seraient limités à "quelques dizaines de millions d'euros".
Il n'a toutefois pas donné de détails sur la nature de ces investissements.
"Avoir un poste d'observation sur Eurotunnel en payant fort peu et en ne prenant
aucun risque nous semble intéressant".
DES OBSTACLES DEMEURENT
"Nous verrons comment intervenir mais nous n'avons pas envie d'engager beaucoup
d'argent dans cette opération. Nous ne pouvons pas la résoudre, ce n'est pas
notre combat", a-t-il ajouté.
Dans le cadre d'un accord de restructuration de la dette, les détenteurs de
celle-ci et les actionnaires d'Eurotunnel devraient probablement renoncer à une
partie de leurs exigences.
Des sources proches des créanciers estiment que les obstacles à un accord avec
Macquarie et Goldman Sachs pourraient être trop importants.
Mardi, lors d'une conférence de presse sur les résultats de Macquarie, le
directeur général du groupe, Allan Moss, a refusé de commenter le dossier
Eurotunnel.
Selon plusieurs journaux, Goldman et Macquarie envisagent la création d'un
instrument financier "hybride" pouvant être converti en capital d'ici trois ans.
A cette échéance, les deux banques seraient majoritaires dans Eurotunnel.
L'opérateur du tunnel sous la Manche a indiqué qu'il ferait le point sur
l'avancée des négociations d'ici à la mi-mai. Il a annoncé mardi avoir converti
son crédit à taux révisable et son crédit de stabilisation en obligations pour
simplifier la structure de sa dette.
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