L'assemblée générale ordinaire est convoquée pour statuer sur les comptes de
l'exercice 2004. Les comptes de l'année 2003, qui avaient été refusés par
l'assemblée du 7
avril 2004, ne sont pas représentés.
L'assemblée est par ailleurs appelé à voter pour confirmer la cooptation de
M. Jacques Gounon et de M. Rouanet en tant qu'administrateurs.
L'assemblée se déroule devant six cents actionnaires. Selon Eurotunnel 80.000
actionnaires représentant 45% du capital se sont inscrits pour voter.
L'assemblée générale, qui avait été annoncée comme devant être tumultueuse,
se déroule en unité apparente. La foire d'empoigne annoncée ne se produit
pas, et M. Nicolas Miguet indique dès le début de l'assemblée qu'il ne
soutiendra par la candidature de M. Jean Louis Raymond contre M. Gounon pour la
présidence d'Eurotunnel et M. Jean Louis Raymond la retire. M. Jacques
Gounon obtient un vote à près de 98% pour la ratification de sa désignation.
Un écart de 461.026.980 titres, soit
18 % du capital, sépare le nombre d'actions présentes ou représentées lors
de l'AG d'Eurotunnel SA (1.164 832 994 titres, soit 45,74% du capital) et
celle, consécutive d'Eurotunnel Plc (703.806.014 titres ou 27,64%.
Il est
indiqué (Les Echos, 21 juin 2005, p. 28) que le conseil d'administration
conformément à la loi anglaise a rejeté les pouvoirs "libres" utilisés par
les pro-Miguet sur la base des irrégularités révélées par le dépouillage des
bulletins.
M.
Jacques Gounon affirme qu'il faut renforcer le dialogue avec les actionnaires.
Eurotunnel reconnait que les
réponses apportées aux questions écrites des actionnaires n'ont pas été
jugées satisfaisantes.
"La
crise est terminée. Les actionnaires ont fait preuve d'un sens
remarquable des responsabilités", s'est félicité Jacques Gounon, qui se
fixe désormais pour but la restructuration de la dette d'Eurotunnel,
qui s'élève à 9 milliards d'euros.
Jean-Louis Raymond ne s'est pas
expliqué sur son choix de ne pas se présenter. Mais pour l'homme
d'affaires Nicolas Miguet, porte-parole d'une coalition représentant 17%
du capital et qui soutenait jusqu'à jeudi sa candidature, il s'agit d'un
"choix mûrement réfléchi".
"L'intérêt des actionnaires, a-t-il déclaré, c'est le sauvetage le plus
rapide d'Eurotunnel et la remontée la
plus rapide du cours de son action. Or, je considère que Jean-Louis
Raymond a fait du très bon boulot
depuis un an."
Volonté d'apaisement
Depuis plusieurs jours, une véritable guerre s'était engagée entre
Jacques Gounon et Jean-Louis Raymond,
qui avait démissionné vendredi 10 juin. La division entre les deux camps
portait principalement sur la manière de gérer la dette d'Eurotunnel,
dont le remboursement d'une première partie, au premier semestre 2007,
menace le groupe de faillite.
Plusieurs signes ont toutefois témoigné d'une volonté d'apaisement de
part et d'autre. Jacques Gounon, d'abord, a salué "le travail difficile"
effectué par son ancien directeur général et déclaré qu'il était "prêt à
confirmer et accroître son importance dans son siège d'administrateur".
Il a surtout appelé les actionnaires à "l'union" pour faire face à "la
crise".
Le suspens a pris fin quelques minutes avant le vote, lorsque Jean-Louis
Raymond a prédit au micro "une
victoire de maréchal" pour le président Gounon, signifiant qu'il ne se
présentait pas.
Concernant la situation financière du groupe, Jacques Gounon a annoncé
qu'il s'était donné jusqu'à la fin juin pour renégocier avec les
créanciers une "restructuration de la dette". S'il obtient satisfaction,
il compte présenter un "premier schéma de restructuration" à la
mi-juillet, avant de présenter un "plan définitif" en octobre prochain.
De source syndicale, on craint 350 à 750 suppressions de postes, sur les
3.200 employés que compte le groupe
Eurotunnel. (AP)
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JUIN 2005 RAYMOND ET HUAS REFUSENT DE DEMISSIONNER
15 SEPTEMBRE 2005 COMMUNIQUE SUR LES RESULTATS SEMESTRIELS