|
| |
INDEX
DU DOSSIER EUROTUNNEL
|
Les deux gouvernements ont fait
connaître leur choix le 20 janvier 1986.
François Miterrand et
Margaret Thatcher annoncent officiellement à Lille que le projet
Eurotunnel est retenu
|
A la suite du processus d'évaluation
des offres remises le 31 octobre
1985, processus qui s'est déroulé depuis le 1er novembre 1985,
les gouvernements annoncent leur choix le 10 janvier 1986.
Le projet qui fut sélectionné
était celui de
France Manche/Channel Tunnel Group.
Le gouvernement français a fait
prévaloir le choix d'un tunnel par rapport à un pont-tunnel, du tunnel
ferroviaire par rapport à un pont-tunnel ou un tunnel ferro-routier.
La
solution ferroviaire a été privilégiée parce qu'elle était
considérée comme évitant les aléas et les risques d'une solution
comprenant une partie routière plus rentable mais posant des problèmes
supplémentaires de sécurité.
Le projet est présenté comme offrant
une cohérence technique et offrant l'appui des banques et le candidat
retenu déclare que ses besoins financiers seront couverts en totalité.
| Le montage
financier : un financement de projet |
Le schéma financier
était celui d'un financement de
projet qui se définit comme " le financement d'une unité
économique viable sur des plans techniques et financiers dont le cash
flow est jugé suffisant pour assurer le service de la dette, la
rémunération du capital et la
couverture des risques opératoires "
Définition donnée par Marcel Sarmet, du
Crédit Lyonnais , qui a été un des acteurs principaux du
montage d’Eurotunnel, v. Marcel Sarmet, Les financements
internationaux de projet en Europe, Revue Banque, n° 392, février
1980, p. 183
Les bases fondamentales du financement de
projet ne seront pas respectées en raison en particulier de l'absence de
garantie d'un coût maximal de la construction du système de Lien Fixe et
de délais impératifs de réalisation du système.
Il est d'autant plus manifeste que
les principes fondamentaux de montage d'un financement de projet qui
s'imposaient pour un tel projet ont été bafoués et ceci de façon
délibéré est que le montage s'est fait avec des modalités à l'opposé de
ce qui avait été décrit en 1984 comme des conditions essentielles dans le
rapport des Cinq Banques , regroupées dans le Groupe
Franco-britannique pour le Financement de la liaison Transmanche. Il est
donc évident que les violations ont été intentionnelles et délibérées.
Les
vices du montage , avec
des dépassements considérables des coûts et une surévaluation des
prévisions de recettes, seront à la base du désastre financier |
|
La structure de
financement |
|
La
structure de financement implique un ratio d’endettement qui ne pouvait
se justifier que pour un projet totalement sécurisé et sans risque .
Le
ratio fonds propre/endettement qui est choisi est de 20 pour 80, et ceci
sur la base de prévision de coûts sous estimées et sans protection
réelle contre les dérapages de calendrier qui ont un effet considérable
sur les coûts financiers.
Il
était indispensable en effet de réussir l’augmentation de capital, les
institutionnels n’allaient pas investir, et il fallait donc allécher les
actionnaires individuels en leur offrant des rendements très élevés.
Lors de
l'introduction en bourse le "chantier du siècle" sera ainsi
présenté comme "l'affaire du siècle"
Cette
structure de financement était excessivement risquée pour un
investissement dans un tel projet.
Avec un ratio d'endettement déjà excessif l'explosion
supplémentaire de l'endettement sera catastrophique
|
|
UN PROJET CHOISI PAR LES BANQUES
Le
projet de France Manche/Channel Tunnel
« a séduit les banques et l’appui des banques a séduit les hauts
fonctionnaires chargés de l’évaluation. Il reste à attribuer la
concession. C’est le rôle des politiques »
Laurent Bonnaud, Le Tunnel sous la Manche, Deux siècles de passions,
Hachette, La Vie Quotidienne, p. 260
Le projet a d'autant plus
facilement séduit les banques qu'elles en sont les promoteurs
|
LE MONTAGE DU
PROJET DE TUNNEL SOUS LA MANCHE
| |
|