Le 25 septembre 2001 , alors que Jean Marie Messier présente les résultats de
Vivendi Universal, il fait acquérir la société dans des volumes tellement
importants et un laps de temps tellement bref que cela ne peut que pousser les
traders à jouer la hausse. Les rachats qualifiés d'"agressifs" avaient commencé
quelques jours plus tôt.
La direction de Vivendi était en position d'initiée puisqu'elle connaissait
par avance la tendance des résultats qui seraient publiés le 25. Elle aurait
donc du s'abstenir de toute invervention sur le titre
Vivendi a enfreint la réglementation pour :
"-avoir acquis le 25 septembre 27,70% du montant total des transactions
de ce jour. [Ce jour-là , le P-DG présentait les résultats de Vivendi
Universal. En position d'initiée, puisqu'elle sait déjà ce qui va être
annoncé aux actionnaires, la direction n' avait pas le droit d'intervenir
sur le titre avant et pendant la conférence.]
-avoir dépassé le seul de 25% autorisé :2 130 466 titres autorisés pour 3
675 101 titres acquis. [Toute intervention sur son propre cours ne doit pas
excéder 25% du montant journalier de transactions sur ce titre.]
- être intervenue pendant la période d'interdiction des quinze jours
[avant la publication des résultats] et de manière "agressive" pendant la
conférence de presse de Jean Marie Messier, entraînant une variation de 4,8%
sur le titre pendant une période de dix minutes.
-avoir acquis sur une période de vingt-cinq minutes (pendant la
conférence) 1 1000 222 titres [des achats "agressifs"]
-être intervenue pendant le fixing :970 204 titres acquis avec un cours
de clôture à 49 euros [pendant les cinq premières minutes et les cinq
dernières minutes de la journée boursière, dites fixing, une société ne peut
intervenir sur son cours]
-avoir, au regard du volume important acquis par Vivendi Universal, fait
varier le cours de l'action de 7,76% sur la journée;
Solveig Godeluck, Entre gens de bonnes compagnies,
2005, p. 111
Le cours, de 72,20 euros en avril , était tombé à 49,02 euros le 10 septembre
2001. Plus de 6 milliards d'euros auraient été investis par Vivendi pour
racheter ses propres actions, dont 1 milliard d'euros du 17 septembre au 2
octobre.