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Le 26 Avril 2005 Eurotunnel présente ses résultats annuels 2004.
Le groupe,
qui a annoncé mardi une perte de plus de 800 millions d'euros en 2004,
indique qu'i entend consacrer les prochains mois à son sauvetage avec pour
priorité la négociation de la dette.
La presse souligne qu' Eurotunnel a clairement indiqué mardi que l'enjeu des
prochains mois était "le sauvetage" du groupe franco-britannique, qui risque le
dépôt de bilan début 2007, et demandé à ses créanciers d'effacer plus de la
moitié de sa dette de 9 milliards d'euros.
Le président
du conseil d'administration, Jacques Gounon, , a évoqué la date
potentiellement fatidique du premier semestre 2007,
"La
restructuration de 1998 n'avait fait que repousser le problème d'une dizaine
d'années. Depuis lors, tous les analystes savent que le dépôt de bilan est
inscrit pour le premier semestre 2007" sans une nouvelle restructuration
"drastique" de la dette, a expliqué le président du conseil. En effet le
remboursement du capital prévu à compter de cette date ne pourra pas être assuré
par les revenus de l'exploitation.
Après avoir
accusé une perte de près de 2 milliards en 2003, l'exploitant du tunnel sous la
Manche, contraint de passer une provision de 560 millions d'euros, a affiché en
2004 "de mauvais résultats", selon son président, notamment en terme de chiffre
d'affaires et de marge d'exploitation. Compte tenu de ces résultats et des
échéances futures, le groupe doit plus que jamais renégocier sa dette. "Mauvais
résultats, faibles capacités de remboursement", a résumé Jacques Gounon.
"La
négociation avec les créanciers sur la restructuration de la dette d'Eurotunnel
sera extrêmement dure, mais je suis convaincu que toutes les parties voudront
sauver Eurotunnel", a déclaré M. Gounon. Pour lui, il n'y a pas de raison
qu'Eurotunnel rembourse une dette évaluée à 9 milliards d'euros dans ses
comptes, mais qui a une valeur de marché de 4 milliards. Au-delà de ce niveau,
il a donc réclamé "purement et simplement un effacement" de la dette.
Jacques
Gounon a en outre mis en avant que deux cabinets d'audit, Toulouse et Deloitte,
ont calculé à l'automne 2005 qu'Eurotunnel est en mesure de supporter seulement
3,3 milliards d'euros d'endettement. "Il faut arrêter de fantasmer, Eurotunnel
est une société en difficulté, dont la capacité de remboursement n'est
certainement pas très élevée au-dessus de 3,3 milliards", a-t-il précisé, en
prônant donc de "diviser la dette par trois". Le comité ad hoc des créanciers
d'Eurotunnel, qui représente 69% de la dette moins importante, a immédiatement
réagi à une proposition de réduction de dette qui n'avait jamais été aussi forte
ni aussi précise. Le comité a estimé que cette "suggestion ne sera pas
acceptable pour la majorité des créanciers, dont le soutien est nécessaire pour
toute restructuration financière".
Il a
cependant aussitôt ajouté vouloir "entamer les négociations, dans un esprit
constructif tenant compte des réalités économiques". Le président du conseil
d'Eurotunnel a lui jugé que "les créanciers n'ont intérêt ni au dépôt de bilan,
ni à faire jouer le "droit de substitution" qui, en cas de défaut de paiement,
leur donnerait la concession et la gestion de l'infrastructure."
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