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EUROTUNNEL ET LE GOUVERNEMENT D'ENTREPRISE
EUROTUNNEL ET LE DROIT DE
SUBSTITUTION
NEGOCIATION ET DEFENSE DES
ACTIONNAIRES
M. Pierre Cardo a fait parvenir à M. Jacques Maillot, Président du Conseil
Commun du groupe, une lettre de démission qui prend effet le 29 novembre 2004.
M. Pierre Cardo avait refusé de voter le
plan Dare fin octobre (Cécile
Mathiot, Première désertion chez les putschistes d'Eurotunnel, Libération, 1er
décembre 2004)
La Tribune
indique que Pierre Cardo a démissionné du conseil d'administration en raison
d'un "profond désaccord avec la direction générale sur la manière de mener à
bien la stratégie de l'entreprise"
RAPPORT DE
FORCE ET DROIT DE SUBSTITUTION
Dans Libération
(Cédric Mathiot, 1er décembre 2004) Pierre Cardo juge "peu audacieuse" la
stratégie de désendettement) Pierre Cardo conteste le rapport de force avec les
créanciers tel que décrit par la direction .
"Les
créanciers sont en position de force, ayant théoriquement le droit, en cas
de cessation de paiement, de se substituer à l'entreprise. C'est à dire d'en
devenir les seuls propriétaires. "Ils ont la bombe atomique", affirme-t-on à
Eurotunnel. Une façon de justifier la prudence de la direction à leur égard.
Hier , Jean Louis Raymond a affirmé que l'objectif était de les faire
asseoir à la table de négociations, pour aboutir à un accord "avant 2005".
Cette
position est jugée attentiste par Pierre Cardo, qui conteste cette lecture
du rapport de force. "Les créanciers n'ont aucun intérêt à faire jouer la
clause de substitution. Ils veulent juste que le système dure. Depuis le
début ils ont récupéré 8 milliards d'intérêts. Le plan Dare permet de
continuer un peu plus longtemps.."
Par
ailleurs le député affirme avoir débusqué un avocat travaillant "à la fois"
pour la direction...et pour le principal créancier d'Eurotunnel (le fonds
américain MBIA). "Le cabinet a travaillé avec MBIA sur un autre dossier. Il
y a peu de conseils spécialisés dans les affaires de dettes. Le reste est
pur fantasme" objectait hier la direction.
"Soutien
abusif". Désormais "libre", Cardo va plaider pour une solution offensive;
"Plusieurs leviers juridiques ont été identifiés par des avocats",
explique-t-il, évoquant notamment "la possibilité d'une assignation des
créanciers pour soutien abusif". En clair, ces derniers se verraient accusés
de maintenir sous perfusion une entreprise moibonde qui leur garantit une
rente régulière".
AFP
30/11/2004
« Désaccord
sur la stratégie d'Eurotunnel
au sein de la nouvelle équipe »
»La démission du député UMP Pierre Cardo du conseil d'administration d'Eurotunnel
a révélé mardi le désaccord en son sein sur la stratégie menée par la
direction, qui vient d'obtenir de la justice l'aide d'un mandataire
pour
la mise en oeuvre du plan de redressement. »
« M. Cardo faisait partie du conseil du groupe exploitant le tunnel sous
la Manche depuis l'assemblée générale du 7 avril, au cours de laquelle
il avait contribué au sein d'une coalition d'actionnaires à renverser
l'ex-direction. »
« Le député a présenté sa démission le 21 novembre et celle-ci a pris
effet lundi, ont annoncé mardi le groupe et M. Cardo. »
« Celui-ci fait état de désaccords de fond sur la stratégie menée par le
directeur général Jean-Louis Raymond et le directeur financier Hervé
Huas, à la fois en termes commercial, social, de gestion de la dette, et
de conflits d'intérêt présumés que de gouvernance d'entreprise. M. Cardo
a indiqué à l'AFP qu'il avait voté en conseil contre le plan de
redressement baptisé « Dare », qui prévoit une nouvelle politique
commerciale et tarifaire et que les syndicats soupçonnent de dissimuler
un futur plan social. » « « Vis-à-vis du personnel, ce plan ne me paraît
pas conforme aux annonces faites le 7 avril », a-t-il déclaré. »
« « J'étais pour une stratégie plus agressive sur la dette » de 9
milliards d'euros qu'Eurotunnel
doit renégocier et « là, on donne l'impression qu'on va sacrifier du
personnel et couper des moyens alors qu'on n'a obtenu aucune garantie
des créanciers sur cette question », a-t-il ajouté. Le député, qui
assure n'avoir touché ni salaire ni jeton de présence en tant
qu'administrateur comme il s'y était engagé, reproche aussi une mauvaise
gouvernance, notamment le manque d'informations transmises au conseil
lors des votes sur des décisions stratégiques et le fait que MM. Raymond
et Huas soient tous deux restés membres du conseil. Il reproche enfin
l'engagement par la direction d'un
cabinet d'avocats américain qui a travaillé selon lui « jusqu'en
février » pour le groupe américain de réassurance MBIA , premier
créancier d'Eurotunnel
avec un tiers de la dette. « Le plan d'économies ne règle pas le
problème de la dette et arrange en fait les créanciers qui veulent
continuer le plus longtemps possible à toucher les intérêts de la dette.
Comment se fait-il qu'on en arrive à une telle soumission », se
demande-t-il, ajoutant qu'il reprend ainsi sa « liberté de parole » pour
« faire évoluer le dossier depuis l'extérieur ». »
« « Il est impossible de prendre un grand cabinet américain qui soit
spécialisé dans tout ce qui est négociation financière qui n'a pas eu,
peu ou prou, à un moment donné, à travailler avec telle ou telle banque,
tel ou tel conseil financier », a réagi M. Raymond lors d'une conférence
téléphonique, reconnaissant implicitement la réalité d'un des griefs du
démissionnaire. Il a ajouté que M. Cardo ne serait pas remplacé à ce
stade. »
« Concernant la dette, M. Raymond a précisé que la prochaine étape était
l'acceptation, ou non, d'une « dérogation » permettant d'ouvrir une
discussion officielle avec les créanciers, sur quoi « il faut aboutir
avant fin 2005 ». « Notre intention est de ramener la dette à un niveau
finançable et certainement pas qu'on puisse continuer à saigner
l'entreprise ad vitam aeternam », a-t-il ajouté. »
WAIVERS
15 DECEMBRE
2004 LES REPROCHES DE CARDO A LA DIRECTION
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