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5 mai 1992
Groupe Pinault SA vend la COMPAGNIE INDUSTRIELLE D’AMEUBLEMENT, constituée pour regrouper des entreprises de meubles de cuisine et d’équipement aux collectivités ( en particulier LAFA, Arthur Bonnet et Cuisines Pinault) , à DAPTA MALLINJOUD, contrôlée par Bernard Roques et Claude Caplan, qui étaient respectivement secrétaire général et directeur juridique du Groupe Pinault[1]. DAPTA MALLINJOUD est une affaire de décolletage de la région lyonnaise, fondée en 1942 cotée depuis 1985 au second marché de la Bourse de Lyon. En 1991 elle a été rachetée par Iena Finances et Industrie présidée par Bernard Roques Bernard Roques, a quitté en 1989 le groupe Pinault dont il était secrétaire général ; Claude Caplan a été à ses côtés directeur juridique du groupe de 1986 à 1990. Bernard Roques a créé IFI comme structure d’investissement [2]. François Pinault et le Crédit Lyonnais avaient pris une participation dans la société[3] . La vente est faite pour 1.2 milliards de francs, approximativement le chiffre d’affaires annoncé de la branche, avec une plus value de l’ordre de 450MF . L’opération est providentielle pour le désendettement et la valorisation du groupe Pinault [4]. Le Crédit Lyonnais prête le prix d’achat à DAPTA MALLINJOUD dont la situation financière est pourtant caractérisée par Clinvest comme étant « tendue »[5]. La vente se fait sans qu’il n’y ait eu d’audit d’acquisition. En revanche KPMG, commissaire aux comptes du vendeur, certifie les comptes de LAFA le jour même de la cession, le 5 mai 1992[6]. La revue des comptes sera qualifiée par la COB d’ « extrêmement superficielle »[7] . En fait « il s’avère que les comptes des sociétés rachetées sont une fiction pure et simple » [8]. Pourtant en juillet 1993 une émission obligataire de 245 millions de francs est lancée, largement souscrite par le public[9]. Une instruction a été ouverte concernant cette émission obligataire. DAPTA déposera son bilan en 1996 et sera repris par la Compagnie financière de Valois, le groupe de Michel COENCAS, en association avec le responsable du pôle meuble du groupe Pinault. [1] v. Yannick Le Bourdonnec et Béatrice Peyrani, François Pinault, les ambitions d’un milliardaire breton, Le Nouvel Economiste, 5 juin 1992 p. 34 et s. [2] L’école Pinault, Le Nouvel Economiste, 5 juin 1992 [3] Roche, op.cit. p. 85 ; Calvi et Pfister, op.cit. p. 33 [4] Le chef de l’inspection de la COB saisi des opérations de LAFA rappellera que dans le cadre des auditions menées par le tribunal arbitra il est apparu que les majorations de stocks « grossières et facilement décelables [ ....] avaient été commises volontairement » et ajoute « il semble que les prix des cessions d’actifs du groupe Pinault – dont ceux cédés à Dapta-Mallinjoud- aient servi de base à la valorisation théorique du groupe pour la parité de fusion avec le groupe Printemps » intervenue le 12 novembre 1992 , Calvi et Pfister, op. cit. p. 41 [5] Calvi et Pfister, op. cit. p. 34 [6] Calvi et Pfsiter, op.cit . P.35 KPMG a continué à contrôler les comptes du groupe PPR comme d’Artemis, cf. Toscer, op.cit. p. 139 [7] Calvi et Pfister, op.cit. P. 35 [8]
Roche, op.cit. p. 85 [9] Cette émission obligataire avait dans un premier temps été refusée par la COB. Calvi et Pfister, op.cit. P. 36 |
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