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Les auction rate securities (obligations à enchères)

Les auction rate securities sont des obligations dont le taux d'intérêt est fixé par enchères tous les 7, 28 ou 35 jours. Si ces enchères ne peuvent se tenir faute d'acheteurs, l'émetteur doit payer au détenteur du titre une pénalité dont le taux peut aller jusqu'à 20%

Ces titres ont été émis par des collectivités locales, par des groupes publics ou parapublics comme des aéroports ou des écoles, et par certaines associations

Ces titres étaient présentés comme étant très liquides puisque les enchères devaient permettre de céder les titres à chaque adjudication.

Le marché des obligations s'est très rapidement développé et il est évalué à 330 Mds$. Jusqu'en 2006 les ARS étaient très populaires aux Etats Unis, la forte liquidité du marché assurant des taux peu élevés.

Au début de la crise, dans un premier temps les banques se sont substituées aux acheteurs pour leur éviter de payer les pénalités En février 2008 le marché s'est bloqué du fait de la crise du crédit. Les difficultés des rehausseurs de crédit qui garantissaient le AAA de nombreux ARS et en particulier celles de MBIA et AMBAC, ont forcé les banques à se retirer du système pour ne pas accroitre les risques de leurs bilans. Les taux de pénalité ont fait exploser les frais financiers des émetteurs.

Les plaintes liées aux ARS ont proliféré, tant du côté des émetteurs que des investisseurs.

L'Etat du Massachusetts a été le premier a porter plainte fin juillet 2008 contre UBS. Plus d'une dizaine d'Etats américains, dont New York, le Massachusetts et le Texas, des agences gouvernementales fédérales, dont la SEC, et des investisseurs privés ont lancé des actions judiciaires contre des banques actives sur le marché des ARS, et en particulier contre UBS, Merrill Lynch, Citigroup, Wachovia et Bank of America

Les autorités reprochent aux  banques d'avoir fait croire aux investisseurs que les ARS étaient des instruments financiers à court terme , en arguant des échanges hebdomadaire, alors qu'il s'agit en fait de titres à long terme devant financer des infrastructures. Par ailleurs ils reprochent aux banques d'avoir dès l'été 20007 anticipé l'écroulement du marché mais d'avoir continué à vendre les ARS en les présentant toujours comme liquides.

La Financial Industry Regulatory Authority (Finra) a créé une procédure d'arbitrage spéciale liées aux obligations à enchère.

Les établissements bancaires ont conclu  en aout 2008 des accords à l'amiable avec les autorités judiciaires prévoyant des rachats d'obligations  pour un total de 49 Mds $ qui  d'après les analystes devraient, pour UBS Citigroup et Merrill Lynch entrainer 4 Mds$ de dépréciations d'actif.

Citigroup a annoncé la reprise d'obligations pour 7,5 Mds$ dans les trois mois aux 38.000 investisseurs individuels à la valeur d'achat et aux 2.600 investisseurs individuels  avant la fin 2009 pour un maximum de 12  Mds$. Elle a consenti à verser 100 millions de dollars d'amende.

UBS doit racheter pour 20 Mds$ d'obligations ARS

Merril Lynch a décidé de racheter à ses clients particuliers 10 Mds$ d'obligations

JPMorgan, Morgan Stanley et Wachovia font aussi l'objet d'enquêtes.

Dans les banques acteurs de ce marché figurent aussi   Goldman Sachs et Lehman Brothers

Les gestionnaires d'actifs Fidelity et les courtiers Charles Schwab et Ameritrade font eux aussi l'objet d'une enquête

 

 

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