La Banque Nationale
pour le Commerce et l'Industrie est née le 18 avril
1932, sur les décombres de la Banque Nationale de Crédit
Sur les instances
du gouvernement, Albert Buisson, Président du Tribunal de Commerce
de la Seine, assume la responsabilité de la mise en place de ce
nouvel établissement au capital de 100 millions de francs, et
devient le premier président de la Banque Nationale pour le Commerce
et l'Industrie.
Celle-ci reprend le
personnel, les sièges et la clientèle de la BNC,
et installe son siège au 16 boulevard des Italiens à Paris.
Alfred Pose, alors
directeur des études de la Société Générale Alsacienne de Banque à
Strasbourg, accepte la Direction Générale de la banque. Dès son
arrivée, il y déploie une dynamique activité de réorganisation et de
modernisation des structures.
Avec la création du
centre administratif de Bordeaux en 1934, la BNCI inaugure des
méthodes de travail novatrices : les tâches administratives sont
désormais effectuées hors des guichets d'exploitation.
Progressivement, la
banque se dote de 8 centres administratifs régionaux, équipés d'un
matériel permettant de traiter en série les opérations confiées aux
guichets et de servir la clientèle beaucoup plus rapidement.
A partir de 1937
s'ouvre une phase d'expansion régionale. La BNCI accroît son réseau
par une politique méthodique d'absorption de banques régionales ou
locales, souvent en situation difficile : la Banque Adam, la Banque
des Alpes, la Banque du Dauphiné, la Caisse Commerciale de Saint
Quentin. A la veille de la guerre, elle prend également le contrôle
de la Banque Générale de Guyenne à Bergerac, la Banque Roque à
Brive, la Banque Dastre à Saint Gaudens. Ainsi, de 3 milliards de
francs en 1932, le montant des dépôts de la clientèle atteint 10
milliards en 1940.
Le réseau de la
BNCI commence à prendre son essor à l'international durant
l'occupation allemande en France : alors que le conflit paralyse le
développement en métropole, la BNCI se tourne vers l'outre-mer pour
installer de nouvelles implantations. En 1940, la BNCI prend le
contrôle d'un établissement local, la Banque de l'Union Nord
Africaine, qui devient la Banque Nationale pour le Commerce et
l'Industrie Afrique. La BNCI ouvre également des sièges à
Brazzaville, Douala, Bangui,... ; elle s'implante au Levant, aux
Antilles, à la Réunion, à Madagascar.
En 1945 la BNCI est
nationalisée.
La BNCI opte pour
une politique originale de filialisation : en 1947, elle transforme
sa succursale de Londres en filiale, sous le nom de British and
French Bank. En 1943, elle reprend le Crédit foncier de Madagascar
et de la Réunion, devenu BNCI Océan Indien en 1954. Par
l'intermédiaire de ces établissements, le réseau colonial de la BNCI
couvre l'ensemble des possessions françaises.
Au moment de la
décolonisation, afin de ne pas perdre ses positions, la BNCI adapte
son réseau en créant des filiales comme :
-
La Banque
Internationale pour le Commerce et l'Industrie (BICI), présente
au Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire et Sénégal
-
La Banque
Marocaine pour le Commerce et l'Industrie (BMCI)
La BNCI propose en
1953 un nouveau service spécialisé dans le conseil aux entreprises
françaises dans les démarches administratives et la prospection de
nouveaux marchés à l'étranger. En 1958, ce service se transforme en
filiale, INTERCOMI (Société pour le Développement International du
Commerce et de l'Industrie).
Elle développe
aussi le marché intérieur et attire la nouvelle clientèle de
particuliers en innovant dans la communication à
destination de la clientèle. Elle est aussi, en partenariat avec la
Banque de l'Union Parisienne, un des premiers établissements
français à proposer une SICAV, en 1964.
En 1965, à la
veille de la fusion avec le CNEP, la BNCI
compte 1050 guichets en France et 30 filiales à l'étranger, ce qui
en fait le premier établissement français par l'importance de son
réseau étranger.