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LES ACTIONNAIRES D'EUROTUNNEL ET LA RESTRUCTURATION FINANCIERE
La restructuration qui est nécessaire à Eurotunnel est présentée comme se situant dans le cadre d'une révolte des actionnaires, suivie d'une mobilisation de ces actionnaires. Le changement de direction a été qualifié de témoignage d'une nouvelle démocratie actionnariale. En fait, s'il est évident qu'il y a un fort mécontentement des actionnaires individuels qui détiennent près de 68% des actions, ulcérés de la baisse du cours qui atteint un bas historisque de 0,32 €, les changements de direction apparaissent comme le résultat de votes d'institutionnels qui ont mis en place les nouveaux dirigeants . La première demande de révocation des dirigeants a été formulée en avril 2003 par Christian Cambier, et la contestation de la direction, menée par Cambier et François Gontier, et présentée par Alain Géniteau , visait manifestement à faire élire au conseil d'administration des administrateurs qui prépareraient l'entrée d'un actionnaire de référence qui serait Vinci où une entreprise similaire. Le Président de l'ADACTE , Joseph Gouranton s'est associé lors de l'assemblée générale de mai 2003 à la démarche de Christian Cambier. François Gontier a cédé ses actions, et Nicolas Miguet s'est trouvé porteur de pouvoirs pour un nombre d'actions qui correspond à celui qui avait été acquis puis cédé par Françaois Gontier. La période de collecte de pouvoirs a été marquée par une hausse du cours de l'action, qui va dépasser le cours d'un euro en septembre 2003 . Après la demande de convocation de l'AG en octobre 2003 , le cours va chuter dès que ces pouvoirs ont été communiqués à l'huissier désigné par le Tribunal de commerce. Le 3 décembre 2003 le Tribunal de commerce de Paris va décider de la convocation d'une assemblée de révocation, mesure symbolique puisqu'elle se tiendra le jour de l'AGO lors de laquelle une décision de révocation pouvait en tout état de cause être votée. C'est en fait Nicolas Miguet, sur la base de ces actions, qui va lors de l'assemblée générale du 7 avril 2004 , désigner les membres du conseil d'administration. Il va en particulier désigner les deux administrateurs qui vont, à la suite d'une décision immédiate du conseil d'administration de dissocier la présidence de la direction générale, prendre le pouvoir et chercher à l'exercer de façon totalement autocratique. La stratégie de la direction va être immédiatement contraire à ce qui était la plateforme électorale de l'équipe d'alternance. L'analyse du vote de l'AG de 2004 démontre que les institutionnels ont soit laissé faire Nicolas Miguet, soit même et ceci de façon plus probable lui ont confié la majorité des pouvoirs qu'il détenait.
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