Le Crédit
Lyonnais a été fondé en 1863 à Lyon par Henri Germain. Elle faisait partie des
"Trois Grandes", avec la BNP et la Société Genérale. La succursale parisienne
qui deviendra le siège central a été créée en 1876. La direction émigrera vers
le siège central à Paris en 1882 . En 1900 elle parviendra au premier rang
mondial par le total de bilan. Le Crédit Lyonnais sera nationalisé en 1946.
En 1975 Jacques Chaine est nommé président du Crédit Lyonnais mais il est
assassiné sur le trottoir du boulevard des Italiens par un jeune anarchiste.
Son successeur est Claude Pierre Brossolette.
Le Crédit Lyonnais qui avait placé une petite
minorité d'actions entre les mains de ses salariés est renationalisé
complètement en 1981.
Dans les années suivantes le Crédit Lyonnais
doit faire face à une perte de 4 milliards de francs due à sa nouvelle
filiale, la banque Slavenburg, perte qui est compensée par des profits du
meême ordre résultant d'une spéculation sur des bons du Trésor américain,
achetés entre les deux tours de l'élection présidentielle.
En 1985 sont émis des certificats
d'investissement à hauteur de 25% du capital et s'ouvre une perspective de
privatisation.
En aout 1986 Jean Maxime Lévêque est désigné
comme Président par Jacques Chirac à l'occasion d'une nouvelle alternance.
Le président s'empare du "pouvoir de dire oui" pour préparer la
privatisation par une activité forcenée ; le Crédit Lyonnais devient la
première banque de l'immobilier, la première banque du cinéma, la première
banque de marché de Londres.
La première banque privatisée est la Société
Générale.
Avec la nouvelle alternance Jean Yves Haberer
est nommé Président du Crédit Lyonnais.
Le Crédit Lyonnais, présidé par Jean Yves Haberer,
va se lancer dans une politique de croissance externe et dans une stratégie de
"banque industrie" . Pour développer ses fonds propres sans enfreindre
la règle du ni-ni il organise l'apport par l'Etat de titres de sociétés
nationalisées. Il ouvre à des tiers le capital de filiales. Il émet sur le
marché des titres de "quasi-capital".
Le Crédit Lyonnais va financer
Pinault, Arnault, Bolloré, Tapie.
Le Crédit Lyonnais
se lance dans la prise de contrôle de MGM, par le biais de sa filiale
hollandaise CLBN et sa filiale Altus France va mener une politique ruineuse
d'investissement. Par ailleurs le Crédit Lyonnais a une politique
agressive d'avances et de prêts à risques , notamment dans le domaine
immobilier, où la spéculation va faire place à une crise immobilière qui va
ruiner de nombreux promoteurs.
En 1989 entre dans le groupe Thomson CSF
Finance, qui a pris le contrôle de l'Al Saudi Banque, et qui va
prendre le nom d'Altus et faire " ce que le Crédit Lyonnais, ne
sait pas, ne peut pas, ne veut pas faire". Altus prend le contrôle
d'entreprises à contre-cycle ou en difficultés avec comme objectif de les
revendre après retournement du cycle et/ou redressement.
En 1990 le Crédit Lyonnais publie les plus
beaux résultats de on histoire.
En 1990 Altus subi des centaines de millions
de pertes dans le groupe Concept, sociétés de services informatiques.
Le 30 octobre 1990 le Crédit Lyonnais doit
prendre le contrôle de MGM.
La Commission
Bancaire en 1991 lance une enquête qui met à jour un déficit considérable,
chiffré à 1,8 Md de F pour l'année 1992. La Cour des Comptes établit un
rapport critique.
En 1992 le Crédit Lyonnais, en établissant les
comptes pour 1991, doit passer dix milliards de provisions, dont 3 milliards
correspondant à MGM et SASEA.
Le Crédit Lyonnais doit accumuler des
provisions sur le cinéma, les promoteurs en difficultés , les participations
industrielles.
En 1992 le Crédit Lyonnais est face à la la
crise immobilière mais conduit une politique "d'étalement de provisions".
En décembre 1992 le groupe Crédit Lyonnais
consent à Pinault, surendetté, un prêt de 10 Milliards de francs pour
acquérir les junk bonds d'Executive Life.
En 1993 éclate le scandale MGM.
Au
printemps 1993 le Crédit Lyonnais déclare 1,8 milliard de francs de perte.
En
juillet 1993 Altus se lance dans l'acquisition de la FNAC avec le groupe
Silberman Wahnich, opération liée à l'opération Disco.
En
novembre 1993 Jean Peyrelevade prend la succession de Jean Yves Haberer.
De
1994 à 1996, les plans de sauvetage du Crédit Lyonnais se sont succédés .
Une opération de defeasance, séparant la "bad bank" de la banque saine a été
mise en place avec la création d'un établissement public administratif financé
par l'Etat et destiné à rembourser les dettes accumulées et à restaurer les
comptes du Crédit
lyonnais.
Le montant des pertes (130 milliards de francs) en ont fait un
scandale financier majeur.
En octobre 1995 est créé le
CDR.
Les dérapages du Crédit
Lyonnais sont considérés comme démontrant une
crise du contrôle des entreprises publiques et du système bancaire. Le crédit
Lyonnais était en effet soumis à un double contrôle, celui de toute entreprise
publique, avec le contrôle de son ministère de tutelle (en l'espèce, la
Direction du Trésor du Ministère des finances) et d'autre part au contrôle
des commission chargées de la surveillance des activités bancaires. Malgré ce
qui aurait du être un double système de sécurité la banque a pu développer une
stratégie d'investissements risquée qui a échappé à cette surveillance.
La multiplicité des
contrôles semble avoir , comme pour d'autres entreprises publiques, eu pour
effet de déresponsabiliser chacun des contrôleurs. Par ailleurs les systèmes
structurels de contrôle ont été neutralisés par les liens entre le
Président du Crédit Lyonnais et les responsables du Ministère de
l'économie. En effet, compte tenu de sa personnalité et de ses anciennes
fonctions Jean-Yves Haberer a court-circuité la Direction du Trésor en
s'adressant directement au Ministre .
Pour éviter ces problèmes il a été créé l'Agence des
participations de l'Etat.
De 1994 à 1996, les plans de
redressement se sont succédés pour aboutir à la création d'un établissement
public administratif financé par l'Etat et destiné à rembourser les dettes
accumulées et à restaurer les comptes du
Crédit
Lyonnais.
Le 5 mai
1996 un incendie ravage le siège central . Le Crédit Lyonnais poursuite
toutefois ses activités de marché grâce à une salle de marché de secours .
En
1999 le Crédit Lyonnais est privatisé après recapitalisation. Suite à cette
privatisation, l'État conserve une participation au capital et met en place un
"Groupement d'actionnaires partenaires" (GAP) pour assurer pendant quelques
temps l'indépendance de la banque. Les plus gros actionnaires seront le Crédit
Agricole, Axa et Allianz, notamment par le biais des AGF
En 2003 près un achat surprise par BNP Paribas du capital du groupe
encore détenus par l'État, le groupe Crédit Agricole SA se décide
à prendre le contrôle du Crédit Lyonnais . La partie banque d'entreprise (BFI)
avec Indosuez est fusionnée pour former Calyon et la société
de gestion CLAM avec CAAM.
Le 29 août 2005 le Crédit Lyonnais, dont le sigle était CL , cherche à se
débarasser de l'image du scandale et se renomme LCL avec un nouveau logo.
En 1996, le
Ministre des finances Jean Arthuis a déposé une plainte visant le Président du
Crédit
Lyonnais
Jean-Yves Haberer pour "défaut de contrôle des filiales", et le Directeur du
Trésor Jean-Claude Trichet pour "diffusion d'informations fausses et trompeuses"
et "présentation de comptes infidèles".
A près une longue instruction, Jean -Yves Haberer
et Jean -Claude Trichet ont été renvoyés devant le Tribunal correctionnel.
Le 18 juin 2003, le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé la relaxe de Jean-Claude Trichet
et de Jean Pascal Beaufret . Jean-Yves Haberer a été condamné à 18 mois de
prison avec sursis et 50 000 euros d'amende. François Gille, numéro deux de la
banque à l'époque des faits , a été condamné à dix mois de prison avec sursis et
10 000 euros d'amende. Bernard Thiolon, le numéro trois, hérite
d'une peine de 8 mois, toujours avec sursis et de 10 000 euros d'amende.
Le Consortium de réalisation (CDR), auquel a été transféré la Bad Bank
, accepte en 2005 de payer 525 millions de dollars au département des
Assurances de Californie pour mettre fin aux poursuites judiciaires
concernant Executive Life
Un long contentieux opposera le Crédit Lyonnais à Tapie concernant la vente
d'ADIDAS.
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