RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Décision n° 95-D-76 du 29 novembre 1995 relative à
des pratiques constatées à l'occasion de marchés de grands travaux dans le
secteur du génie civil
Le Conseil de la concurrence (formation plénière),
Vu la lettre enregistrée le 23 novembre 1990 sous le numéro
F 358 par laquelle le ministre de
l'économie, des finances et du budget a saisi le Conseil de
la concurrence de 'pratiques
relevées lors des procédures de mise en concurrence pour la
construction du pont de
Normandie et d'autres ouvrages d'art' ;
Vu la lettre enregistrée le 26 juillet 1991 sous le numéro F
426 par laquelle le ministre de
l'économie, des finances et du budget a saisi le Conseil de
la concurrence de 'pratiques
relevées lors des procédures de mise en concurrence des
lignes du T.G.V. Nord, de son
interconnexion et du T.G.V. Rhône-Alpes' ;
Vu le traité du 25 mars 1957 modifié instituant la
Communauté européenne, et notamment
son article 85, et le règlement n° 17-62 du 6 février 1962
du Conseil de la Communauté
européenne modifié, pris pour son application ;
Vu l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 modifiée
relative à la liberté des prix et de
la concurrence et le décret n° 86-1309 du 29 décembre 1986
modifié, pris pour son
application ;
Vu l'arrêté n° 1340 P du 15 juillet 1992 de la Cour de
cassation (chambre commerciale,
économique et financière) ;
Vu la décision n° 94-DSA-06 du 19 mai 1994 du président du
Conseil de la concurrence ;
Vu les observations présentées par les sociétés L'Avenir,
Entreprise nouvelle L'Avenir,
Fougerolle-Ballot, Baudin-Châteauneuf, Bec frères, Beugnet,
Besix, Borie S.A.E., Bouygues,
Campenon-Bernard S.G.E., Chagnaud, Chantiers modernes, Citra,
C.F.E.M., Dehé-
Montcocol, Demathieu et Bard, Deschiron, D.T.P.
terrassement, Dumez, Durmeyer,
Entreprise industrielle, Fougerolle, Gagneraud père et fils,
Genest entreprise, G.T.M.-
Entrepose, G.T.M.-C.L., Guintoli, Levaux, Maïa Sonnier,
Mazza, Montcocol, Montcocol
T.P., Muller T.P., Nord-France Entreprise, Norpac, Perrier,
Pertuy, Pitance, Prigent, Quille,
Quillery et Cie, Razel, R.C.F.C., S.A.E., S.A.T.P.,
S.G.T.N., Sogea, Sogea Rhône-Alpes,
Solétanche, Entreprise Jean Spada, Spie-Batignelles, Spie-Citra,
Tinel T.P., Urbaine de
travaux et Valériau, et par le commissaire du Gouvernement ;
Vu les autres pièces du dossier ;
2
Le rapporteur, le rapporteur général, le commissaire du
Gouvernement et les représentants des
sociétés Entreprise nouvelle L'Avenir, Fougerolle-Ballot,
Baudin-Châteauneuf, Bec frères,
Beugnet, Besix, Boric S.A.E., Bouyges, Campenon-Bernard
S.G.E., Chagnaud, Chantiers
modernes, C.F.E.M., Dehé-Montcocol T.P., Deschiron, D.T.P.
terrassement, Dumez,
Entreprise industrielle, Fougerolle, Gagneraud père et fils,
G.T.M.-Entrepose, G.T.M.-C.L.,
Guintoli, Levaux, Maïa Sonnier, Mazza, Muller T.P.,
Nord-France entreprise, Norpac, Perrier,
Pertuy, Prigent, Quille, Quillery et Cie, Razel, S.A.E.,
S.A.T.P., Sogea, Sogea Rhône-Alpes,
Solétanche, Entreprise Jean Spada, Spie-Batignolles, Spie-Citra,
Tinel T.P., Urbaine de
travaux et Valérian entendus, les sociétés Coforil,
Demathieu et Bard, Desquenne et Giral
construction, Durmeyer, Genest entreprise, Pitance, Scoram
et S.G.T.N. ayant été
régulièrement convoquées ;
Adopte la décision fondée sur les constatations (I) et les
motifs (II) ci-après exposés :
I. - CONSTATATIONS
A. - Le secteur, les entreprises et les procédures d'appel
d'offres concernés
1. Le secteur
En France, le secteur du bâtiment et des travaux publics
regroupait, en 1989, 330 000
entreprises, employait 1,7 million de salariés et réalisait
des investissements bruts de 28
milliards et une production totale de 650 milliards de
francs. Le chiffre d'affaires des seuls
travaux publics s'élevait à 134 milliards de francs, dont
15,39 milliards pour les 'ouvrages
d'art et génie civil', soit 11,5 p. 100 de l'ensemble. En
1990, le chiffre d'affaires des travaux
publics s'est élevé à 142 milliards de francs, dont 33 p.
100 pour le secteur privé et 67 p. 100
pour le secteur public.
2. Les entreprises
Parmi les entreprises concernées, nombre d'entre elles
appartiennent à de grands groupes :
groupe Bouygues, premier groupe européen en matière de
travaux publics (sociétés
Bouygues, Quille, D.T.P. terrassement, Pertuy et Norpac) ;
groupe Lyonnaise des eaux-
Dumez, deuxième groupe national dans le bâtiment et les
travaux publics et les services aux
collectivités locales (sociétés Dumez, G.T.M.-Entrepose,
G.T.M.-B.T.P., Chantiers modernes,
Valérian, Razel frères et Pitance) ; groupe Compagnie
générale des eaux (sociétés Campenon-
Bernard, Sogea, Sogea Rhône-Alpes, Fougerolle, Fougerolle-Ballot
et Deschiron) ; groupe
S.A.E. (sociétés S.A.E., Quillery et Cie et Borie-S.A.E.) ;
groupe Schneider (sociétés Spie-
Batignolles et Spie-Citra).
3. Les procédures d'appel d'offres
a) Le pont de Normandie
Ce pont constitue le plus grand pont à haubans du monde. Il
franchit l'estuaire de la Seine à
une quinzaine de kilomètres du pont de Tancarville et relie
ainsi la région du Havre à celle de
Honfleur, Trouville et Deauville. L'ouvrage principal est un
pont à haubans de 2 141 mètres
de longueur totale dont 856 mètres de travée centrale
dégageant un gabarit supérieur à 50
mètres au-dessus des plus hautes eaux connues et permettant
donc le passage des navires de
haute mer. La largeur du tablier central, en acier, est
d'environ 23 mètres dont 19,50 mètres de
3
largeur utile. Il a la forme d'un caisson fermé de 2,90
mètres de hauteur environ et sa section,
ressemblant à celle d'une aile inversée, permet de résister
aux vents les plus puissants. Les
travées d'accès, en béton précontraint de 58 mètres de
portée puis de longueurs décroissantes,
mesurent 550 mètres sur la rive gauche Sud et 737 mètres sur
la rive droite Nord. Elles se
prolongent, au-delà des pylônes, sur une longueur de 116
mètres, la partie centrale étant
constituée d'un tablier métallique d'une longueur de 624
mètres.
Envisagée par la chambre de commerce et d'industrie du Havre
dès 1972, la construction du
pont de Normandie a fait l'objet d'une déclaration d'utilité
publique le 25 février 1988, après
qu'en 1987 un groupe de six experts internationaux a réalisé
les études de faisabilité, estimé
son coût à 757 millions de francs hors taxes, aux conditions
économiques de janvier 1987, et
émis un avis favorable.
Le 22 mars 1988, l'Etat a concédé à la chambre de commerce
et d'industrie du Havre la
construction, l'exploitation et l'entretien du pont de
Normandie. Cette convention, approuvée
par décret du 5 mai 1988, a défini notamment, dans le cahier
des charges qui y a été annexé,
les caractéristiques générales et techniques de l'ouvrage et
a prévu une mise en service qui ne
pouvait être postérieure au 1er juillet 1993. Son article 6
a précisé expressément que : 'Pour
l'exécution des travaux, le concessionnaire sera tenu de
recourir à la concurrence. Une
discrimination entre les entreprises de la Communauté
européenne, en raison de la nationalité,
lui sera interdite'.
En vue de suivre la réalisation de l'appel d'offres, la
chambre de commerce et d'industrie du
Havre, maître d'ouvrage, et la direction départementale de
l'équipement de la Seine-Maritime,
maître d'oeuvre, ont constitué la 'Mission Pont de
Normandie'.
En application des dispositions de l'article 94 bis du code
des marchés publics, il a été procédé
le 30 octobre 1987 à un appel d'offres restreint, accessible
aux entreprises établies dans un des
pays de la Communauté économique européenne. Le marché a été
divisé en un lot principal
(béton) et un lot accessoire (métal), la consultation
portant à la fois sur l'ensemble des travaux
et, simultanément, sur le lot accessoire seul. Outre la
définition du lot principal et celle du lot
accessoire, ainsi que l'énumération des variantes autorisées
ou interdites, l'appel de
candidatures précisait, en effet, que le marché serait passé
pour la totalité des travaux avec un
groupement d'entreprises conjointes et que, dans ce cadre,
pourraient être agréées soit les
entreprises candidates pour le lot principal en tant
qu"entreprise pilote', à condition de
présenter en même temps une liste d'entreprises également
soumises à agrément avec
lesquelles elles envisageaient de cotraiter le lot
accessoire, afin de remettre une offre sur la
totalité des travaux, soit les entreprises candidates pour
le lot accessoire seul,
indépendamment d'une candidature éventuelle en groupement.
Le 21 janvier 1988, la commission d'admission des
candidatures a agréé pour le lot principal
béton les groupements d'entreprises Bouygues (avec Quille,
S.A.E. et Quillery), Campenon-
Bernard (avec Sogea, Dumez-T.P., G.T.M.-B.T.P. et Spie-Batignolles),
Fougerolle (avec
Chantiers modernes, à condition qu'ils s'associent avec L.
Ballot, Nord-France entreprise et
S.B.B.M. et Six Construct).
Pour le lot accessoire métal, en cotraitance avec l'un ou
l'autre des groupements agréés pour le
lot principal, ou pour le lot métal seulement, ont été
retenues les entreprises C.F.E.M. et
Baudin-Châteauneuf (groupées), Monberg et Thorsen, D.S.D. et
Secometal (groupées) et
Cleveland Bridge.
4
Les dossiers de consultation ont été envoyés à partir du 7
mars 1988 aux entreprises
préqualifiées, le délai de réponse étant fixé au 4 juillet
1988. Ce délai a été repoussé au 8 août
1988 à la demande des entreprises.
Le règlement particulier de l'appel d'offres spécifiait que
le marché était assujetti aux
dispositions du livre II, titre Ier du code des marchés
publics, relatif à la passation des
marchés de l'Etat et de ses établissements publics autres
que ceux ayant le caractère industriel
et commercial. Il rappelait la décomposition du marché en
deux lots et énumérait les variantes
autorisées ainsi que les caractéristiques techniques qui
devaient être, en tout état de cause,
respectées. Il précisait également que le marché devait être
conclu avec des entreprises
groupées conjointes, chacune d'elles exécutant un lot, le
mandataire du groupement assurant
la coordination entre les deux lots ; que chaque cotraitant
chargé d'un lot serait soit une
entreprise seule, soit un groupement d'entreprises
solidaires, le mandataire de chaque
groupement assurant la coordination du lot concerné ; que,
dans l'acte d'engagement, les
candidats au lot principal devaient remplir les mentions
relatives à ce lot, mais non celles
relatives au lot accessoire, tout en étant tenus de joindre
à leur offre l'offre d'une ou de
plusieurs entreprises spécialisées susceptibles de
participer à l'exécution des travaux comme
cotraitant(s) pour le lot accessoire, en ayant la
possibilité de remettre plusieurs offres
différentes avec des cotraitants agréés par le maître
d'ouvrage ; que les entreprises de
constructions métalliques sélectionnées devaient envoyer
directement au maître d'ouvrage
leurs offres pour le lot accessoire, les offres ainsi reçues
devant être utilisées pour le jugement
de la consultation comme celles jointes aux offres portant
sur le lot principal ; que, pour la
conclusion du marché, le maître d'ouvrage se réservait de
choisir les entreprises chargées de
l'exécution du lot accessoire soit parmi celles dont une
entreprise retenue pour le lot principal
avait joint l'offre, soit, mais sous réserve de l'accord de
l'entreprise retenue pour le lot
principal, parmi toutes les entreprises spécialisées dont il
aurait reçu les offres par ailleurs, en
cas d'intérêt technique ou financier manifeste.
Lors du dépouillement des offres, la Mission Pont de
Normandie n'a pas présenté
d'observations particulières au sujet du lot métallique,
dont le montant avait été estimé à 350
millions de francs : selon elle, 'le niveau des prix sans
être particulièrement serré tradui(sai)t
un minimum de concurrence au sein de la C.E.E.'. S'agissant
du lot béton, dont le montant
avait été estimé à 450 millions de francs, les trois
groupements agréés ont remis les
propositions suivantes :
LOT PRINCIPAL BASE VARIANTE
Bouygues (C.F.E.M.) ……………………. 698 103 727 629 978 246
Campenon-Bernard (C.F.E.M.) ………… 698 357 238 630 103 134
Bouygues (Monberg) ……………………. 713 103 727 644 978 246
Campenon-Bernard (Monberg) …………. 713 357 238 645 103 134
Fougerolle ……………………………….. 755 544 698 (*) Pas de variante
(*) Hors frais de coordination, environ 20 millions de
francs.
Au vu des résultats, l'appel d'offres a été déclaré
infructueux le 9 septembre 1988, et la
Mission Pont de Normandie a mené des négociations avec les
groupements Bouygues et
Campenon-Bernard tout en réalisant des sondages auprès
d'entreprises étrangères pour évaluer
l'intérêt d'une nouvelle consultation.
Plusieurs entreprises, appartenant ou non à l'Union
européenne, ont manifesté leur intérêt pour
le projet. Parmi ces dernières, certaines ont déclaré soit
avoir été 'barrées' par les 'bétonniers'
5
français lors du premier appel d'offres (Cleveland Bridge),
soit craindre des représailles
éventuelles des ciments Lafarge (entreprises espagnoles :
cotes A, 51 à 53). L'idée d'une
nouvelle consultation a été abandonnée.
Par la suite, en raison de la situation ainsi créée et après
avoir en vain tenté de négocier
séparément avec les deux groupements moins disants, la
Mission Pont de Normandie a dû
accepter, à partir de la mi-octobre 1988, l'idée d'un
regroupement (cotes A, 59 et 60). Le
marché a été finalement signé avec le G.I.E. Pont de
Normandie constitué entre les sociétés
françaises membres de ces deux groupements et coadministrés
par Bouygues et Campenon-
Bernard. Ces deux dernières détenaient chacune 23 p. 100 des
parts, Sogea 12 p. 100, Quillery
11,6 p. 100, G.T.M.-B.T.P. 10,4 p. 100, Dumez-T.P. 10 p. 100
et Spie-Batignolles 10 p. 100.
b) Le pont de Rochefort
Le 17 février 1988, le département de la Charente-Maritime,
par l'intermédiaire de la
S.E.M.D.A.S. (Société d'économie mixte d'aménagement de
l'Aunis et de la Saintonge) à qui
il a délégué la maîtrise d'ouvrage, a lancé un appel
d'offres restreint en vue de la construction
d'un pont sur la Charente à Rochefort-sur-Mer. La maîtrise
d'oeuvre a été confiée à la
S.E.T.E.C., cabinet d'études indépendant. La valeur de
l'ouvrage à construire, d'une longueur
de 1 200 mètres environ, était estimée à 168,3 millions de
francs et son délai d'exécution à
dix-huit mois.
Le 15 mars 1988, la commission d'appel d'offres a
sélectionné les entreprises Baudin-
Châteauneuf (métallique), Bouygues, Campenon-Bernard,
G.T.M.-B.T.P., Quillery et Spie-
Batignolles et les groupements Chantiers modernes +
Fougerolle, Sogea + Richard Ducros,
Boris-S.A.E. + E.T.P.O. + S.O.C.A.E. (filiales du groupe
S.A.E.).
Les offres remises le 8 juin 1988 ont été ouvertes le
lendemain par la commission d'appel
d'offres et examinées le 5 juillet 1988 au vu d'un rapport
établi par la S.E.T.E.C. La
commission a décidé de proposer que l'appel d'offres soit
déclaré infructueux, toutes les
soumissions étant supérieures à l'estimation et le délai
d'exécution paraissant trop court.
En raison de modifications apportées au projet et de
l'allongement des délais d'exécution avec
deux possibilités (vingt mois et trente mois), le maître
d'ouvrage a décidé de lancer un nouvel
appel d'offres restreint aux sept entreprises ou groupements
d'entreprises sélectionnées le 15
mars 1988. Le 26 août 1988, la commission d'appel d'offres
procédait à l'ouverture des plis.
Le tableau ci-après récapitule les soumissions enregistrées
les 9 juin et 26 août 1988 :
Ouverture des plis du 9 juin 1988
ENTREPRISES
Base Variantes
Du 26 août 1988
(en 20 mois)
Baudin-Châteauneuf
Campenon-Bernard
Bouygues + Quillery (*)
Chantiers modernes
Fougerolle
Sogea
Spie-Batignolles
Borie-S.A.E.
G.T.M.-B.T.P
-
210,1
204,3
226,8
217,9
216,5
213,3
-
-
177,5
-
-
-
Excusé
193,5
189,9
-
188,6
-
-
-
Excusé
-
199,3
200,1
196,2
214,6
207,6
205,2
204,5
(*) Bouygues et Quillery, sélectionnées séparément, ont
remis une offre en groupement solidaire.
6
Le maître d'ouvrage a conclu le marché le 12 octobre 1988
avec le groupement moins disant :
Bouygues et Quillery. Le pont de Rochefort a été mis en
service en mars 1991.
c) Le pont de Gennevilliers
Le doublement de l'autoroute A 15 entre l'échangeur de
l'autoroute A 86 (Gennevilliers,
Hauts-de-Seine) et l'échangeur de la R.N. 311 (Argenteuil,
Val-d'Oise), dont l'avant-projet a
été approuvé par décision ministérielle du 23 mars 1988, a
nécessité la réalisation de deux
ouvrages : un pont sur la Seine et un viaduc le long de la
darse du port de Gennevilliers.
L'Etat, maître d'ouvrage, a confié la maîtrise d'oeuvre à la
direction départementale de
l'équipement du Val-d'Oise.
Un premier appel d'offres restreint, fin 1988, portait sur
le pont sur la Seine, ouvrage courbe
en béton précontraint de 658 mètres de long et réalisé par
encorbellement, dont le coût était
estimé à 143 millions de francs. La date limite de réception
des offres était fixée au 2 janvier
1989. L'ouverture des plis du 3 janvier 1989 a permis de
constater les résultats suivants (en
millions de francs hors taxes) :
ENTREPRISES OU GROUPEMENTS
OFFRES ECART PAR RAPPORT
à l'estimation (143 MF)
Spie-Batignolles + Sogea ……………………. 173,4 + 31,6 %
Dumez-T.P. + Borie-S.A.E. …………………. 180,2 + 36,8 %
G.T.M.-B.T.P. + Fougerolle ………………… 180,4 + 36,9 %
Campenon-Bernard ………………………….. 182,9 + 38,9 %
Quillery ……………………………………… 184,8 + 40,3 %
Ballot + Chantiers modernes ………………… 187,6 + 42,4 %
Bouygues ……………………………………. 194,0 + 47,3 %
Cet appel d'offres a été déclaré infructueux en raison de
l'importance de l'écart entre l'offre la
plus basse et l'estimation. Une nouvelle procédure d'appel
d'offres portant à la fois sur le pont
sur la Seine et sur le viaduc le long de la darse (ouvrage
quasi rectiligne de 912 mètres de
long, en béton précontraint, réalisé par poussage) a donc
été lancée. La date limite de dépôt
des offres, fixée initialement au 27 avril 1989, a été
reportée au 25 mai, et l'ouverture des plis
arrêtée au 1er juin 1989. Les résultats ont été les suivants
(en millions de francs hors taxes) :
ENTREPRISES OU GROUPEMENTS
OFFRES ECART PAR RAPPORT
à l'estimation (236,3 MF)
Spie-Batignolles + G.T.M.-B.T.P. + Fougerolle … 266,2 + 12,6
%
Sogea ……………………………………………. 274,4 + 16,1 %
Razel ……………………………………………. 282,0 + 19,3 %
Campenon-Bernard + Quillery …………………. 286,3 + 21,1 %
Bouygues ……………………………………….. 289,1 + 22,3 %
Dumez-T.P. + Borie + S.A.E. ………………….. 291,1 + 23,1 %
Ballot + Chantiers modernes …………………… 292,4 + 23,7 %
L'écart entre la soumission moins disante et l'estimation
étant plus modéré, et aucune
anomalie dans les offres n'ayant été constatée, le marché a
été conclu en septembre 1989 avec
le groupement Spie-Batignolles, G.T.M.-B.T.P. et Fougerolle,
pour un montant de 266,2
millions de francs hors taxes.
7
d) Le pont de Plougastel
Destiné à améliorer la desserte de l'agglomération
brestoise, le pont existant s'avérant
insuffisant, le nouveau pont sur l'Elorn est un pont à
haubans de 800 mètres de long et d'une
portée centrale de 400 mètres. Son tablier est large de
23,10 mètres. L'Etat, maître d'ouvrage,
en a confié la maîtrise d'oeuvre à la direction
départementale de l'équipement du Finistère.
L'avis d'appel de candidatures pour un appel d'offres
restreint, publié le 16 décembre 1988
avec date limite de réponse fixée au 13 février 1989,
envisageait deux solutions de base, l'une
uniquement en béton, l'autre 'mixte' alliant le béton au
métal. Le 18 avril 1989, la commission
d'admission des candidatures a agréé pour la solution béton
(cotes A, 709 à 711) les
groupements d'entreprises Bouygues (mandataire, avec Quille
et Grands Travaux de
Bretagne), Dumez-T.P. (mandataire, avec Fougerolle et
Chantiers modernes), G.T.M.-B.T.P.
(mandataire, avec Campenon-Bernard, Marc S.A., Quillery,
E.T.P.O. et Spie-Batignolles) et
enfin Sogea (mandataire, avec L. Ballot).
Le dossier de consultation a été adressé aux entreprises le
22 décembre 1989, la date limite de
remise des offres étant fixée au 23 avril 1990 et chaque
offre devant comporter
obligatoirement le chiffrage de la solution de base avec
possibilité de présenter également une
variante mineure et une variante majeure.
L'ouverture des plis a eu lieu le 25 avril 1990 (cotes A,
2001 à 2020). Le tableau ci-après
synthétise les résultats de l'appel d'offres pour la
solution béton (en millions de francs), seul le
groupement dont G.T.M.-B.T.P. était le mandataire ayant usé
de la faculté de proposer des
variantes.
GROUPEMENTS
OFFRES ECART PAR RAPPORT
à l'estimation (233,8 MF)
Bouygues + Quille + Grands Travaux de Bretagne 364,7 + 56 %
Dumez-T.P. + Fougerolle + Chantiers modernes ... 349,1 + 49
%
G.T.M. + Campenon-Bernard + Marc S.A.
+ Quillery + E.T.P.O. + Spie-Batignolles ……….
@ Variante limitée ……………………………..
@ Variante moyenne …………………………...
330,7
305,6
312,6
+ 41 %
+ 31%
+ 34 %
Sogea + L. Ballot ………………………………... 354,0 + 51 %
Le rapport d'analyse des offres en date du 9 mai 1990 (cotes
A, 2021 à 2043) ne comporte que
l'examen détaillé des offres de la société G.T.M.-B.T.P.
pour la solution béton, son rédacteur
observant en conclusion qu'un 'premier examen de l'ensemble
des offres a (...) montré que les
autres offres (béton ou mixte) n'apportent aucune
information supplémentaire par rapport aux
trois offres les mieux placées de G.T.M.' et 'qu'étant donné
les écarts de prix l'examen de
l'ensemble des offres n'a pas été poussé plus en détail'.
Faisant valoir que 'les offres de
G.T.M., qui paraissent plus travaillées, présentent de
nombreuses lacunes et omissions',
l'auteur du rapport propose de déclarer l'appel d'offres
infructueux 'non seulement pour des
raisons financières, mais aussi pour des raisons techniques'
et de relancer une consultation
négociée sur la seule solution béton, sans variante.
8
Après avoir déclaré l'appel d'offres infructueux le 10 mai
1990 en considérant 'qu'aucune des
offres proposées n'est acceptable tant sur le plan technique
que sur le plan financier' (cotes A,
2044 et 2045), le responsable du marché a décidé de procéder
à un marché négocié en
application de l'article 103, alinéa 2, du code des marchés
publics. Au terme de la négociation,
le marché a été conclu en juillet 1990 pour un montant de
263,9 millions de francs T.T.C.
avec le groupement Razel, Demathieu et Bard et Pico, étant
observé que le service chargé de
la consultation avait porté à la connaissance des
entreprises le prix limite de 260 millions de
francs qu'il s'était fixé (cote A, 2095 et 2096).
e) La section 44 de l'interconnexion du T.G.V. Nord
La construction d'une 'interconnexion' (parfois également
appelée 'le barreau') a été décidée,
lors du Comité interministériel du 9 octobre 1987, pour
éviter la convergence à Paris des
réseaux Nord, Sud-Est et Atlantique en réalisant une
'boucle' autour de la région parisienne où
se connecteraient ces réseaux et qui desservirait l'aéroport
de Roissy. Ainsi seraient
directement reliées entre elles les régions desservies par
le T.G.V. et, au-delà, les pays
européens concernés.
Couvrant 102 kilomètres, l'interconnexion comporte quatre
gares : au Nord, Roissy ; à l'Est,
Marne-la-Vallée (à proximité d'Eurodisneyland) et
Melun-Sénart (où devait être réalisé le
'grand stade') ; au Sud, Massy, à un quart d'heure d'Orly.
Sa mise en service était prévue pour
1993, en même temps que celles du T.G.V. Nord et du tunnel
sous la Manche. Son coût total
était évalué à 7,655 milliards de francs hors taxes, valeur
au 1er janvier 1989.
Comme pour le T.G.V. Nord et le T.G.V. Rhône-Alpes, les
infrastructures de l'interconnexion
ont été découpées en sections linéaires de 10 à 40
kilomètres et en grands ouvrages spéciaux
(viaducs, tranchées ouvertes, franchissements d'autoroutes
ou de voies ferrées, etc.). Chacune
de ces sections et chacun de ces ouvrages a fait l'objet
d'un appel d'offres (cotes B, 971 à 1011
et 1012 à 1017).
La construction de la section 44 de l'interconnexion, située
en Seine-et-Marne, comprend
notamment des travaux de terrassement, de drainage et de
protection acoustique. Elle
comporte aussi la réalisation d'ouvrages d'art et le
rétablissement de chaussées routières (cotes
B, 960 à 970).
Le 16 février 1990, un avis publié au Moniteur des travaux
publics invitait les entreprises
intéressées à présenter leur candidature avant le 2 mars
1990. Le 18 mai 1990, les dossiers
d'appel d'offres étaient adressés aux onze entreprises ou
groupements retenus, parmi lesquels
deux d'origine italienne (Condotte d'Acqua et Cogefar) et
les principales d'entreprises
françaises du secteur.
Le 27 juillet 1990, date limite de remise des offres, deux
de ces onze entreprises ou
groupements se sont excusés et les autres ont déposé une
offre. Mais quatre entreprises ou
groupements se sont regroupés pour donner naissance à deux
groupements soumissionnaires :
les groupements emmenés par les sociétés Ballot et Razel,
d'une part, ceux emmenés par les
sociétés Bouygues et Muller T.P., d'autre part. Au total, ce
sont donc sept offres qui ont été
déposées et qui sont résumées au tableau ci-après, classées
par ordre croissant.
9
GROUPEMENTS
soumissionnaires
OFFRES
(T.T.C.)
ECARTS
par rapport au moins-disant
1. Ballot + Chantiers modernes + Valérian + Razel
+ Gagneraud + Prigent + Spada + Entreprise
industrielle
732 806 879 -
2. Condotte d'Acqua 735 392 295 0,35 %
3. Bouygues + Muller T.P. + Demathieu et Bard +
Quillery
823 843 112 12,43 %
4. Deschiron + Sogea + Montcocol + Guintoli +
G.T.M. + Urbaine de travaux
833 927 538 13,80 %
5. Fougerolle + Roland + Dumez-T.P. + S.A.T.P. 834 701 231
13,91 %
6. Bec + Spie-Batignolles 862 632 617 17,22 %
7. Cogefar + Socogetra 904 950 132 23,49 %
Le marché a été attribué au groupement moins-disant, emmené
par la société Ballot.
f) Le lot 43-C de l'interconnexion du T.G.V. Nord
Ce lot consiste en la réalisation du franchissement, sur 2
960 mètres, du territoire du parc
d'attraction Eurodisneyland, en Seine-et-Marne, en
coordination avec la société
Eurodisneyland Corporation. Il se décompose en une tranche
ferme et deux tranches
optionnelles (cotes B, 941 à 955).
Au terme de la préconsultation du 8 mars 1989, treize
entreprises ou groupements ont été
retenus parmi lesquels les principales entreprises
françaises du secteur (cotes B, 465 et 466).
Le 20 avril suivant, les dossiers d'appel d'offres leur
étaient adressés.
La date limite de remise des offres, primitivement fixée au
26 mai 1989, a été reportée au 5
juin suivant. Le dépouillement des plis du 6 juin 1989 a
permis de constater que onze
entreprises ou groupements seulement avaient répondu, dont
un pour s'excuser (S.G.E., T.P.I.
Ile-de-France) et deux autres pour se joindre à un autre
groupement (Campenon-Bernard
B.T.P. et G.T.M.-B.T.P.). Au total, huit offres ont donc été
déposées, qui sont résumées dans
le tableau ci-après, classées par ordre croissant (cotes B,
467 et 468).
GROUPEMENTS
soumissionnaires
OFFRES
(T.T.C.)
ECARTS
par rapport au moins-disant
1. Bouygues + Muller T.P. + Demathieu
et Bard + D.T.P. + Campenon-Bernard ………
402 042 300
38 952 200
-
2. Nord-France entreprise ……………………. 419 396 008
44 593 091
4,32 %
3. Borie + Bec + S.A.E. + Spie-Batignolles …... 434 007 233
43 697 768
7,95 %
4. Fougerolle + Chagnaud + S.A.T.P. +
Entreprise industrielle …………………………
434 843 298
46 719 237
8,16 %
5. Sogea + Montcocol + Deschiron + G.T.M. +
Urbaine de travaux
443 096 331
47 147 242
10,21 %
6. Dumez-T.P. + Razel + Gagneraud + Levaux . 452 295 810
42 284 442
12,50 %
7. Solétanche ………………………………….. 454 945 896
45 962 027
13,16 %
8. Chantiers modernes + Ballot + Quillery 475 889 620 18,37
%
10
Le marché a été attribué au groupement emmené par la société
Bouygues. Le 18 septembre
suivant, la société Nord-France entreprise a rejoint ce
groupement adjudicataire.
g) Les sections 39-21, 19-07 et 29-04 du T.G.V. Nord
Les trois sections 39-21, 19-07 et 29-04 concernaient la
construction des viaducs,
respectivement de la Haute-Colme, du Crould et de la Somme.
La date limite de remise des
offres avait été fixée respectivement au 15 janvier, au 6
février et au 22 janvier 1990. La
section 39-21 comportait deux lots.
Les marchés ont été attribués aux moins-disants : le
groupement Sogea, Deschiron, G.T.M.-
B.T.P., Baudin-Châteauneuf et Campenon-Bernard pour la
section 39-21 et la société Spie-
Batignolles pour la section 29-04. Dans le cas de la section
39-21 (viaduc de la Haute-Colme),
seul le groupement moins-disant sur le lot 2 a déposé une
offre pour le lot 1 et a été rejoint,
après l'attribution du marché, par les entreprises Richard
Ducros et S.I.F. Bachy (cette
dernière avait déposé une offre concurrente). Dans le cas de
la section 19-07 (viaduc du
Crould), la société Quillery était moins-disante, mais
l'entreprise allemande Bilfinger
proposait une variante moins onéreuse, qui a été retenue.
h) La section 21 du T.G.V. Rhône-Alpes
La section 21 du T.G.V. Rhône-Alpes s'étend de Diémoz à
Saint-Marcellin-lès-Valence sur
73 km environ. Le marché correspondant a été divisé en lots
: lots principaux (tunnels ou
terrassements et ouvrages d'art courants 'T.O.A.C.') et lots
d'ouvrages spéciaux insérés dans
les lots T.O.A.C. Les premiers étaient les lots 22 (T.O.A.C.
Nord), 23 (tunnel de Messiez), 24
(T.O.A.C. médians), 25 (tunnel de la Galaure) et 26
(T.O.A.C. Sud). Les seconds étaient les
lots 52 (viaduc de Savas-Mépin), 54 (viaduc de Bancel), 56
(estacade de la Galaure), 62
(viaduc de Messiez) et 66 (viaduc de l'Isère).
Pour faire exécuter ces travaux, la S.N.C.F. a procédé à une
consultation à la fois technique et
financière qui s'est déroulée de mars 1989 à juin 1990. Sur
le plan financier, elle envisage de
recourir à une forme de crédit-bail. Elle retiendrait soit
la meilleure offre globale (financière
et technique), soit la meilleure offre technique, mais elle
s'interdirait de combiner une offre
financière et une offre technique qui n'auraient pas été
présentées conjointement.
Sur le plan technique, en vue d'optimiser le coût des
travaux, la S.N.C.F. lançait une
consultation générale, qu'imposait d'ailleurs la
consultation financière. Les groupements
consultés étaient donc invités à présenter à la fois une
'solution S.N.C.F.' classique et une
'solution Entreprise' basée sur l'avant-projet sommaire de
la S.N.C.F. et tenant compte des
contraintes répertoriées. Une étude de préconsultation a
permis de retenir trois groupements
de base d'entreprises de travaux publics. L'appel d'offres
restreint (aux trois groupements) a
été lancé le 13 mars 1989, par l'envoi du premier dossier
permettant notamment l'étude de
l'avant-projet 'solution Entreprise'. Le 31 août 1989, le
reste des pièces a été adressé aux
groupements. Les offres ont été déposées le 6 novembre 1989
par les trois groupements et
dépouillées le jour même. Elles sont présentées dans le
tableau suivant :
11
OFFRES
Solution S.N.C.F. Solution Entreprises
GROUPEMENTS
Montant Pourcentage Montant Pourcentage
B
Banque Indosuez + B.N.P.
+ Crédit lyonnais + Crédit
local de France + Caisse
nationale de crédit agricole
+ Crédit national
Dumez-T.P. + Bouygues +
Spie-Batignolles + Bec +
Razel + Muller.
A
Crédit du Nord + Crédit
foncier de France +
Barclays Bart S.A +
Compagnie du B.T.P. +
Crédit national et
commercial de Paris +
Société lyonnaise de
banque
Campenon-Bernard + Borie
S.A.E. + Quillery +
Demathieu et Bard + Pascal
+ Guintoli + Menusan +
Chantiers modernes +
Valérian
C
Banque Paribas + Société
générale
G.T.M.-B.T.P. + Sogea
2 496 951 380
2 558 089 911
2 645 074 943
100,0
102,4
105,9
2 243 673 433
2 417 953 033
2 496 722 624
100,0
107,8
111,3
Le groupement B s'est révélé moins-disant tant dans la
solution S.N.C.F. que dans la solution
'Entreprise', mais aucune des offres 'Entreprise' n'était
techniquement recevable en l'état et les
dispositions de la loi n° 82-1153 du 30 décembre 1982
d'orientation des transports intérieurs
ne permettaient pas de donner suite à la solution
'S.N.C.F.'. Les trois groupements ont alors
été invités à présenter chacun, pour le 5 février 1990, une
nouvelle offre 'Entreprise'. Elles ont
été les suivantes (en millions de francs) :
GROUPEMENT
OFFRE
du 5/02/1990
OFFRE
corrigée par la S.N.C.F
POURCENTAGE
B …………………………………….
A …………………………………….
C …………………………………….
2 375
2 453
2 537
2 423
2 512
2 556
100,0
103,7
105,5
12
Encore une fois, le groupement B s'est révélé moins-disant.
La S.N.C.F. a engagé avec lui une
négociation pour obtenir les prix unitaires les plus bas
possible et optimiser les travaux par la
recherche des meilleures solutions techniques avant de lui
attribuer le marché.
i) La section 15 du T.G.V. Rhône-Alpes
Une préconsultation pour les travaux de construction de la
section 15, qui concerne la
traversée de l'aéroport de Satolas, a été ouverte le 8 mars
1989. L'appel d'offres restreint a
ensuite été lancé le 16 mai suivant, la date limite de
remise des offres étant fixée au 27 juin
1989.
Le 29 juin, les soumissions suivantes (en millions de
francs) ont été enregistrées par la
commission d'ouverture des plis :
GROUPEMENTS
OFFRES ECART
par rapport au moins-disant
G.T.M. + Sogea + Lamy + Maïa Sonnier +
L'Avenir + Pitance + Mazza + Perrier
Montcocol + Guintoli ………………………
Dumez-T.P. + Razel + Spada + Chagnaud +
Maillard et Duclos + Entreprise industrielle
C.F.C. + Pertuy + Floriot + Moulin
Borie-S.A.E. + Spie-Batignolles + Citral +
Bec …………………………………………
Bouygues + D.T.P. + Demathieu et Bard +
Campenon-Bernard + Muller T.P. + Pascal
Solétanche
170,7
179,0
184,6
189,0
190,1
192,1
197,2
-
+ 4,89 %
+ 8,17 %
+ 10,72 %
+ 11,34 %
+ 12,53 %
+ 15,51 %
La S.N.C.F. Lyon a indiqué qu'à la date du 30 novembre 1990
les travaux correspondant à ce
marché étaient réalisés par le groupement conjoint dont le
mandataire était G.T.M.-B.T.P. et
les cotraitants Sogea, L'Avenir, Mazza, Lamy, E.I., Maïa
Sonnier, Perrier et Pitance.
B. - Les pratiques relevées
1. L'accord de coopération Dumez - G.T.M.-Entreprose
Le 25 juin 1986, les sociétés Dumez S.A. ('D') et
G.T.M.-Entreprose ('G') sont convenues de
ce qui suit (cote A, 1966, Sc. 5, 1019 à 1023 ; rapport,
tome 4, p. 756, sq.) : 'D et G sont à la
tête de deux groupes de sociétés dont l'activité se situe
principalement dans le domaine de
l'ingénierie, de la construction et de l'équipement.
L'évolution des marchés français et étranger
au cours des derniers exercices a entraîné un accroissement
de la concurrence nationale et
internationale et conduit à une concertation des entreprises
entraînant la création
d'associations en unités plus importantes. D et G, à la
suite d'une étude approfondie de leurs
domaines d'activité, ont constaté entre celles-ci une
complémentarité très poussée s'appliquant
aussi bien sur le plan géographique que dans les domaines
d'activité eux-mêmes. D et G ont
donc, d'un commun accord, recherché les moyens de développer
entre eux une coopération
permettant un approfondissement des connaissances
réciproques des structures et des hommes
avec la volonté de déboucher dans un délai aussi rapide que
possible sur des prises de
13
participations au niveau des filiales et une restructuration
coordonnée de l'ensemble des deux
groupes permettant d'améliorer leur compétitivité.'
Afin de réaliser ces objectifs, l'accord décidait la
création de trois instances composées de
représentants en nombre égal de chaque entreprise : un
Comité de coopération (C.C.), chargé
notamment de décider in fine des questions qui n'auraient
pas pu être résolues par les deux
autres instances, un Comité exécutif de coopération B.T.P.
France (C.E.C.F.) et un Comité
exécutif de coopération étranger B.T.P. (C.E.C.E.).
L'article 2.2 de l'accord définit le rôle du C.E.C.F. dans
les termes suivants :
'2.2.1. Organiser la coopération entre les deux groupes et
leurs filiales dans le vaste
domaine du B.T.P. en France.
2.2.2. Déterminer les affaires dites importantes qui feront
l'objet d'une coopération
systématique par participation (en principe affaires de plus
de 50 millions de francs), choisir
la ou les sociétés qui présenteront l'offre, la forme de
participation (occulte ou non) et arbitrer
éventuellement le niveau de l'offre.
2.2.3. En principe les participations se feront 50-50 sauf
cas d'espèce à déterminer par le
C.E.C.F.
2.2.4. Exclusions :
Outre les affaires inférieures à 50 millions de francs, ne
feront pas l'objet d'une participation
obligatoire les affaires en promotion avec financement.
2.2.5. Pour les affaires n'entrant pas dans la catégorie,
qui sont en général traitées par des
structures permanentes des sociétés principales, comme pour
celles qui seront traitées par
d'autres filiales moins importantes, une coordination sera
recherchée avec intervention des
responsables locaux.
Cette coordination aura pour but l'obtention par l'ensemble
D + G du maximum d'affaires
dans les meilleures conditions possibles en tenant compte
des positions préférentielles de
chaque groupe. Elle pourra prendre toute forme qui
paraîtrait opportune aux responsables
locaux, y compris la société en participation.
Le C.E.C.F. réglera tous les conflits de voisinage qui
pourraient se présenter dans ces affaires
en prenant en compte, le cas échéant, l'existence de tiers
extérieurs dans ces filiales qui
réduisent la liberté de décision de D et G.'
L'article 3.2 de l'accord définit le rôle du C.E.C.E. dans
les termes suivants :
'3.2.1. Déterminer les pays d'intervention dans le monde de
chacun des deux groupes et
classer l'ensemble des pays du monde en trois catégories :
A. - Pays où l'un des deux groupes seulement est déjà en
activité ;
B. - Pays où les deux groupes sont déjà en activité avec
détermination
de la prééminence ;
C. - Pays où aucun des deux groupes n'est encore en activité
;
3.2.2. Partant de cette classification le C.E.C.E.
déterminera une politique de
participation (officielle ou occulte) dans toutes les
affaires nouvelles en s'inspirant des règles
suivantes n'excluant pas des cas particuliers :
Catégorie A. - Fourchette de la participation minoritaire
25-45 p. 100 gérance par le
groupe en activité ;
Catégorie B. - Fourchette de la participation minoritaire
25-45 p. 100 gérance par le
groupe prééminent ;
Catégorie C. - Participation 50-50 p. 100 gérance par le
groupe initiateur.
14
Les pourcentages ci-dessus s'appliquent dans chaque
catégorie à la part de contrat revenant à
la société française (société mère ou société filiale) ou à
la société locale lorsque celle-ci est
détenue intégralement par un des deux groupes ; dans ce
dernier cas la participation ne sera
obligatoire que pour les affaires dépassant 200 millions de
francs monnaie de compte.'
Un second accord a été conclu le 10 mai 1989 (cotes A, 1966,
Sc, 10, 1492 à 1497 et cotes B,
3824, Sc. 1, 2 et 3 et 7 à 12 ; rapport, tome 4, pp. 789,
sq. et 1154, sq.), qui développe et
détaille le rôle, légèrement différent, du C.E.C.F. et du
C.E.C.E. :
'2.2. Rôle du C.E.C.F.
2.2.1. Organiser la coopération entre les deux groupes et
leurs filiales dans le vaste
domaine du B.T.P. en France.
2.2.2. Examiner systématiquement les affaires importantes et
déterminer celles qui feront
l'objet d'une coopération.
2.2.2.1. Les affaires importantes sont celles dont le
montant dépasse 100 millions de
francs (H.T.). Les affaires en promotion et de montage avec
financement ne font pas partie de
cette catégorie donnant lieu à examen systématique.
2.2.2.2. L'examen systématique doit se faire le plus tôt
possible et en tout cas avant la
remise des offres.
2.2.2.3. La décision aura pour objectif l'efficacité
maximale pour l'ensemble des deux
groupes. Les critères de décision seront les atouts de
toutes natures dont dispose chacune des
sociétés pour obtenir l'affaire, ainsi que la nécessité de
maintenir la réalité de deux entités
distinctes et commercialement indépendantes.
2.2.2.4. Les décisions possibles peuvent être :
- s'associer officiellement ;
- s'associer de manière occulte, en choisissant la société
qui
présentera l'offre, et en fixant d'un commun accord le
niveau du prix ;
- convenir que l'un seulement des deux groupes présente une
offre dont
il aura l'entière responsabilité ;
- laisser les entreprises des deux groupes indépendantes,
chacune jouant
totalement le jeu de la concurrence.
2.2.2.5. Dans le cas d'association, les participations se
feront en principe moitié-moitié,
sauf cas d'espèce à déterminer par le C.E.C.F.
2.2.3. Coordonner l'action des deux groupes dans les
affaires non importantes.
Les affaires sont en général traitées par des structures
permanentes des sociétés principales,
ou par des filiales.
Le C.E.C.F. coordonnera l'action de ces structures avec
intervention de leurs responsables
locaux.
Cette coordination aura pour but l'obtention au moindre coût
par l'ensemble D + G du
maximum d'affaires dans les meilleures conditions possibles
en tenant compte des positions
préférentielles de chaque groupe. Elle pourra prendre toute
forme qui paraîtrait opportune aux
responsables locaux, y compris la société en participation.
Le C.E.C.F. réglera tous les conflits de voisinage qui
pourraient se présenter dans ces affaires
en prenant en compte, le cas échéant, l'existence de tiers
extérieurs dans ces filiales qui
réduisent la liberté de décision de D et G.
15
3.2. Rôle du C.E.C.E.
3.2.1. Organiser la coopération entre les deux groupes dans
le domaine du B.T.P. à
l'étranger en particulier, de manière à éviter ou limiter
les doubles emplois et la concurrence
sauvage et en recherchant :
- l'obtention au moindre coût pour l'ensemble D + G du
maximum d'affaires
dans les meilleures conditions possibles en tenant compte
des positions
préférentielles de chaque groupe et des contraintes limitant
la liberté
des décisions de D et G ;
- les cas où la complémentarité des compétences permettra
des actions
communes des deux groupes ou des retombées dans le domaine
du B.T.P.
3.2.2. Assurer une circulation rapide et précoce de
l'information sur toutes les affaires,
déterminer celles susceptibles d'être traitées en commun et
fixer pour celles-là les modalités
de la coopération avant la remise des offres.
3.2.2.1. Par exception à la règle énoncée ci-dessus, aucune
obligation n'existe pour les
activités suivantes :
- affaires traitées dans des territoires où D et G ont une
activité d'agence et qui relèvent de
cette activité (que celle-ci soit exercée directement et/ou
par l'intermédiaire d'une filiale
locale). A titre indicatif, figurent parmi ces territoires
(...) ;
- affaires traitées dans l'un des deux groupes par
l'intermédiaire d'une filiale locale
comportant la participation d'intérêts tiers ;
- affaires en promotion ou en montage ;
- d'une façon générale, toutes les affaires dont le montant
est inférieur à la contre-valeur
de 200 millions de francs.
3.2.2.2. Pour toutes les autres affaires importantes, toute
participation éventuelle devra
être examinée et si possible arrêtée au moment où l'un des
groupes et les deux groupes
envisagent de s'y intéresser. Trois schémas sont alors
possibles.
Schéma 1 : l'un des deux groupes décide de ne pas
s'intéresser à l'affaire ;
Schéma 2 : les deux groupes s'y intéressent et décident
d'associer leurs efforts ;
Schéma 3 : les deux groupes s'y intéressent mais choisissent
de progresser séparément.
Dans le cas des schémas 1 et 3, aucune obligation
n'existera, en principe, pour le groupe
éventuellement adjudicataire d'envisager une participation
avec l'autre.
Le schéma 3 devra être évité autant que faire se peut.
Dans le cas du schéma 2, à défaut de critères spécifiques,
l'association des deux groupes se
fera, en principe, sur une base paritaire et tous les frais
de projection et d'études
correspondants seront partagés en conséquence entre les deux
groupes. La gérance sera
attribuée au groupe initiateur.
Le partage s'applique dans chaque cas à la part de contrat
revenant à la société française
(société mère ou société filiale) ou à la société locale
lorsque celle-ci est détenue
intégralement par un des deux groupes.'
Le 17 juin 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président de
G.T.M.-B.T.P. notait dans le cahier de
notes manuscrites qu'il tient au jour le jour (cotes B.
3824, Sc. 1, 49 ; rapport, tome 4, p.
1162) :
16
'Revoir texte accord Dumez G.T.M.'
Une note manuscrite prise par M. Dehan, directeur général
adjoint du Dumez-T.P., à
l'occasion d'une réunion de la direction du 10 octobre 1988
(cote A, 1966, Sc. 8, 1307 V° ;
rapport, tome 4, p. 780) indique : '7-G.T.M. : Accords sur
coop. F. / Situation financière
s'améliore. / Ce qui va mal : off shore (180) MF / an. /
Tout le reste est sous contrôle.'
M. Jean-Paul Parayre, président-directeur général de la
société Dumez, a déclaré le 26 juin
1992 (cote A, 2140 à 2142 ; rapport, tome 4, p. 869, sq.) :
'L'accord du 25 juin 1986 fait suite
à une prise de participation par achat d'actions en bourse
de Dumez chez G.T.M.-Entrepose
dans le courant du premier semestre 1986. En effet, jusqu'en
1985, Dumez avait
essentiellement des activités B.T.P. et réalisait la
quasi-totalité de son chiffre d'affaires sur le
marché international. A la suite de la baisse des commandes
sur ce marché international,
Dumez désirait rééquilibrer ses activités en les développant
sur le marché national. Dumez a
jugé que la meilleure façon d'atteindre cet objectif
consistait à s'allier avec un groupe bien
implanté sur le marché national et plus diversifié.
(...) Sur l'accord du 10 mai 1989 :
Cette nouvelle rédaction a été adoptée pour tenir compte de
l'expérience acquise et des
difficultés rencontrées alors que Dumez était devenu
actionnaire de contrôle de G.T.M. (...).
Cet accord n'a pas été abrogé mais les modalités de
coopération entre Dumez et G.T.M. font
actuellement l'objet d'une réflexion à la suite de la fusion
Lyonnaise des eaux-Dumez.
La coopération entre Dumez et G.T.M. dans le secteur du
B.T.P. ne concerne qu'une faible
part du chiffre d'affaires B.T.P., la concurrence étant la
règle générale. Cette coopération
concerne essentiellement les très grands chantiers de
travaux publics et c'est à mes yeux une
nécessité face à la concurrence française et étrangère.'
2. L'accord de coopération Dumez-Razel
Le protocole convenu le 22 février 1990 entre les deux
sociétés (cotes B, 3898, Sc. 3, 590 et
591 ; rapport, tome 4, p. 1194 et 1195) contient en
particulier les clauses suivantes :
'Article 1er
Partenariat général
Razel et Dumez décident de créer entre eux un partenariat
général dans le domaine des grands
travaux d'infrastructure pour lesquels les compétences de
Razel et de Dumez apparaissent
complémentaires.
Ce partenariat est principalement orienté sur la France et
l'Europe (...).
Il est entendu que cet accord de partenariat respectera
l'autonomie complète des deux
partenaires.
17
Article 2
Modalités
Razel et Dumez examineront au cas par cas les projets
susceptibles d'entrer dans le cadre du
présent protocole (...).
Article 3
Comité de coordination
Un comité de coordination sera mis en place dès la signature
du présent protocole. Il sera
composé de six membres (trois représentants de Razel et
trois représentants de Dumez),
chacun d'eux pouvant désigner un suppléant.
De façon générale, ce comité sera responsable de la mise en
place, du suivi et de l'exécution
des dispositions du présent protocole. En particulier, il
sera chargé d'examiner les projets
susceptibles de faire l'objet d'une coopération et de
définir au cas par cas les modalités de
coopération et les dispositions des accords spécifiques à
chacun des projets (...).
Ce comité se réunira aussi souvent que nécessaire et au
minimum tous les trois mois (...).
Article 4
Durée
Le présent protocole est prévu pour une durée initiale de
deux ans. Il se renouvellera ensuite
par tacite reconduction pour les mêmes périodes, sauf
dénonciation (...).'
Le compte rendu du 'Comité de coordination Dumez-Razel du 7
mars 1990 au siège Razel', en
date du 8 mars 1990, saisi dans les locaux de Razel et
établi sur du papier à en-tête de Dumez-
T.P. (cote B, 3898, Sc. 3, 593 à 595 ; rapport, tome 4, p.
1196, sq.) indique notamment :
'Confidentiel (...).
Le Comité de coordination qui a été constitué et qui siège
pour la première fois aura pour
vocation d'assurer un suivi concerté en France et en Europe,
et le cas échéant à l'Etranger,
dans les domaines des terrassements, du génie civil et des
travaux souterrains (...).
Différents projets sont ensuite évoqués, en dehors de ceux
actuellement suivis ou exécutés en
commun (lots du T.G.V.-Nord, T.G.V. Rhône-Alpes, tunnel de
Puymorens) :
- tunnel de Monaco (Pico souhaitait s'y intéresser) ;
- métro de Toulouse (problèmes de réclamations) ; (...) ;
- programme de lignes nouvelles T.G.V. (...).
Les comptes rendus de réunion seront strictement
confidentiels et à traiter comme tels.'
18
Pour le comité n° 2, la 'liste des questions proposées par
Razel' (cote B, 3898, Sc. 3, 596 ;
rapport, tome 4, p. 1199) mentionnait :
(...)
. Tunnel de Puymorens
. Ville de Paris
. Transmanche
. Les souterrains
. Les barrages'
Le compte rendu du 'Comité de coordination Dumez-Razel n° 3
du 20 juin 1990 au siège de
Razel' en date du 3 juillet 1990, saisi dans les locaux de
Razel et établi sur du papier à en-tête
de Dumez-T.P. (cote B, 3898, Sc. 3, 598 à 602 ; rapport,
tome 4, p. 1200, sq.), indique
notamment :
'7) TGV LYON VALENCE
(...)
Par ailleurs, Dumez accepterait de confier une partie des
travaux pour environ 30 MF, à PICO
dans le tunnel de la Galaure, moyennant compensation de
chiffre d'affaires.
8) TGV EST
M. Schoonheere manifeste l'intention de se rapprocher de
G.T.M. sur ce projet. M. Heiser indique
que des discussions préliminaires ont été engagées avec
certains de nos collègues, mais que rien ne
pourra être décidé avant de connaître les grandes lignes de
la procédure qui sera suivie par la
S.N.C.F. (découpage en 3 ou plusieurs lots ; financement ;
concurrence étrangère. etc.)
Il est décidé de reparler de ce projet lors du prochain
Comité Consultatif.'
3. L'accord relatif à la construction des ponts
1. Un document dactylographié, ni daté ni signé et intitulé
'Recherche des données actuelles
en matière de réalisation des grands ponts en France', saisi
au siège de la société L. Ballot-
B.T.P. (cotes A, 1985, Sc. 1, 12 et 13 ; rapport, tome 4,
pp. 810 et 811), analyse, en cinq
paragraphes numérotés I à V, le marché des grands ponts en
France et note en particulier la
'réduction sensible du nombre des grands ouvrages achevés
chaque année en France depuis
1983' puis il examine les 'conséquences de cet état de
fait', les conséquences directes et les
conséquences indirectes. Celles-ci sont présentées comme
suit : 'Formation d'un club de
spécialistes de bureau d'études et aussi d'entreprises qui
prennent les affaires en main en
amont des appels d'offres (très fermé, compte tenu de la
réduction du marché)'.
2. Le 11 mai 1988, M. Dehan (société Dumez T.P.) notait,
dans le cahier de notes manuscrites
qu'il tient au jour le jour et rendant compte d'une réunion
qui comptait quatre points à l'ordre
du jour (cote A, 1966, Sc. 7, 1203 R° ; rapport, tome 4, p.
767 ; 'DZ', 'B', 'QY', 'IF' et 'JPP'
désignent, respectivement, les sociétés Dumez-T.P., Bouygues
et Quillery, l'expression 'il
faut' et M. Jean-Paul Parayre) :
'I - Pont de Rochefort 24 mai : remise 150
Pont Normandie 500
Pont-viaduc Gennevilliers 250
Dz : 0.85 - pas inscrit - pas de dossier pas d'étude
B. 1.10 - on est obligé de se raccrocher à l'étude de B.
Quillery : 1.10
3.05
B. doit se refaire du Pont de l'Ile de Ré et prétend à un
surbénéfice
6 % bénéf normal
et 1/3 du surbénéf pour DZ + QY 1/2 1/2
19
Ozanne au courant (et Mélin mais absent!)
IF un protocole signé sur tous les ponts.
Si ce protocole est signé, récupérer les dossiers et mettre
Ouiéde-ville.
Si... pas..., alerter J.P.P.
A régler lundi.'
3. Une autre note manuscrite de M. Dehan, datée du 17 mai
1988, indique (cote A, 1966, Sc.
7, 1206 R° ; rapport, tome 4, p. 769) :
'J.P.P.... Ponts... 17.05.88
Problème réglé :
- Pondération ; pas changé ;
- Pas de pb avec B ;
- Discussions sur Gennevilliers G.T.M.-SPIE ;
- Sur pont de Normandie (...).'
4. Un document intitulé 'Réunion travaux publics du vendredi
27 janvier 1989', signé J.-C.
Jammes, président de la S.A.E., et saisi au siège de cette
société (cotes A, 1939, Sc. 1, 1 et 2 ;
rapport, tome 4, pp. 708 et 709), indique : 'On maintient au
maximum le principe
d'indépendance totale entre Quillery et Borie pour les
affaires de tous les jours.
Pour les affaires, au niveau national, une coordination est
nécessaire et différents cas sont
possibles : Quillery ou Borie interviennent seules pour le
groupe, ou Quillery ou Borie
interviennent pour le groupement Quillery-Borie.
Dans les deux cas, l'un ou l'autre a l'appui total de la
direction générale de S.A.E. et
notamment de moi, comme ce fut le cas sur les ponts, le
T.G.V. Nord, Marseille ou Toulouse.
Dans le deuxième cas, il convient, en plus, que celui qui
suit informe le partenaire, ce qui n'a
pas toujours été fait jusque-là.
Ponts et tunnels :
Il semble que les suites se dessinent (...).'
5. Un document dactylographié, non signé, daté du 14 février
1989, intitulé 'Génie civil,
ouvrages d'art et terrassements' et saisi dans les locaux de
la société Quille (cotes A, 1932, Sc.
2, 4 à 7 ; rapport, tome 4, pp. 702 à 705), présente l'état
de 'l'équilibre antérieur' puis analyse
le problème de la coordination entre Bouygues-T.P. et ses
filiales au regard des 'trois éléments
nouveaux', parmi lesquels : '3. A l'image de ce qui se
pratique en Grande-Bretagne, la mise en
oeuvre au sein de BY T.P. d'une stratégie globale sur
l'ensemble du territoire, qui privilégie
les études en commun avec les autres 'majors' au B.T.P. en
France, au détriment de la
compétition plus classique dite 'sauvage'.'
Parmi 'les effets et les constats' qui sont ensuite relevés,
sont soulignés :
'2. Les effets et constats externes :
A court terme :
- une diminution de la part du marché du groupe dans le
domaine du génie
civil et des ouvrages d'art, puisqu'il faut se contenter
d'une part
égale à celle des nombreux collègues et concurrents ;
- une implantation nouvelle ou un renforcement des positions
de certains
concurrents (Dumez-Sogea) : permis et même favorisés par les
stratégies
actuelles ; ils auraient été plus difficiles en milieu plus
concurrentiel.
A plus long terme :
- un risque de voir notre compétitivité s'émousser (...).'
20
Enfin, quatre 'propositions' sont formulées, s'appuyant sur
cinq 'principes généraux' dont l'un
indique que 'la stratégie du groupe en génie civil et
terrassements est une stratégie de
conquête et pas seulement de défense et de partage'. La
deuxième de ces propositions est
formulée comme suit : 'Les opérations de la compétence de la
direction générale filiales
France ne peuvent être intégrées dans le cadre d'une
stratégie générale d'études communes
avec d'autres groupes La D.G.F.F. prend ses responsabilités
quant aux conséquences positives
ou négatives d'une telle disposition pour son activité et
ses marges.'
6. Un autre document saisi dans les locaux de la société
Quille, dactylographié (cotes A, 1932,
Sc 2, 8 et 9 ; rapport, tome 4, pp. 706 et 707), a été
rédigé par M. Michel Derbesse, directeur
général de Bouygues S.A. Sa date (7 juillet 1989) et son
titre 'Relations filiales-BY T.P.' sont
manuscrits. Il énonce les 'trois principes (qui) doivent
guider (l')action' du groupe :
'1. Réaffirmation de la compétence des filiales sur les
ouvrages T.P. construits sur leur
territoire (...).
2. Nécessité de développer les structures de Bouygues T.P.
(...) seul mandataire du
groupe pour les négociations menées avec la profession sur
les grands ouvrages, en particulier
s'ils sont interrégionaux (...).
3. Besoin de renforcer les synergies entre filiales et
Bouygues T.P. (...) l'ensemble profite
des négociations au niveau de la profession (...). Les
négociations montées par Bouygues T.P.
devront, avant d'être menées avec la profession, obtenir
l'accord des D.G. des filiales (...) Il est
très important que notre groupe soit soudé pour tirer le
meilleur parti des évolutions de la
profession.'
7. Un dernier document saisi dans les locaux de la société
Quille, dactylographié (cotes A,
1932, Sc. 2, 3 ; rapport, tome 4, p. 701), a été rédigé par
'J.P.A.V.' (responsable de la société
Pertuy, filiale de Bouygues), selon les bordereaux de
transmission auxquels il était agrafé
(cotes A, 1932, Sc. 2, 1 et 2). Il est daté du 10 octobre
1989 et intitulé 'Réflexions sur la
politique génie civil ; ouvrages d'art ; terrassements' et
il reprend et synthétise les notions
exposées dans le document 5 ci-dessus, et notamment 'la mise
en oeuvre au sein de Bouygues
T.P. d'une stratégie globale sur l'ensemble du territoire
qui privilégie les études en commun
avec d'autres groupes du B.T.P. en France, au détriment
d'une compétition très agressive'.
Afin de remédier aux inconvénients de cette situation (perte
de compétitivité du groupe, aide
apportée à certains concurrents et diminution des marges)
qui paraît tenue pour acquise,
l'auteur du document préconise, en cas de poursuite de cette
stratégie, 'de mettre en avant la
pluralité des sociétés et filiales pour augmenter nos
participations et nos prétentions aux parts
de marché correspondantes'.
4. L'accord relatif à la construction des infrastructures
des lignes de T.G.V.
1. Le 28 mars 1988, M. Dehan, directeur général adjoint de
Dumez-T.P., notait dans le cahier
de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour (cote A,
1966, Sc. 7, 1188 R° ; rapport, tome 4,
p. 763) : '4. T.G.V. Nord avec Campenon/et si possible
Muller/et G.I.E. occulte à 4 G.T.M.
Sogea M, C.B. D.Z.'
2. Le compte rendu du 'Comité de direction de Dumez-T.P. n°
8 du lundi 28 mars 1988 à 8
heures', en date du 29 mars 1988, indique (cote A, 1966, Sc.
2, 318 ; rapport, tome 4, p. 753) :
'5.4. T.G.V. Nord :
Idée de Bouygues : 4 groupements, soit CBC + Sogea ; Dumez +
G.T.M. ; S.A.E. + SPIE
; Bouygues + Fougerolle.
21
Idée de Dumez : G.T.M. + Sogea ; Dumez + CBC ; Bouygues +
Fougerolle ; SPIE +
S.A.E.
Rechercher l'incorporation de Razel dans le groupement Dumez
+ C.B.C.
Contact pris par M. Thievent avec M. Schoonehre (Razel).'
3. Le compte rendu du 'Comité de direction de Dumez-T.P. n°
9 du lundi 11 avril 1988, à 8
heures', en date du 13 avril 1988, indique (cote A, 1966,
Sc. 2, 285 ; rapport, tome 4, p. 749) :
'3.5. T.G.V.-Nord/4 groupements vont être constitués :
SPIE/SAE ; DZ-TP/CBC :
Sogea/GTM : Bouygues/Fougerolle.'
4. Le 25 avril 1988, M. Dehan, directeur général adjoint de
Dumez-T.P., notait dans le cahier
de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour (cote A,
1966, Sc. 7, 1195 V° ; rapport, tome 4,
p. 764) :
'4.6 TGV Nord
Fougerolle sous condition avec B. - les 4 Gts
On est avec Razel (sous réserve)
- SGTN et SATP - Spada
- et C.B.
Les terrassiers voudraient ne pas être en intégré avec les
Gdes Entreprises
Razel Paul + 3 / est invité / mercredi / au cercle
interallié / LD - TH - SH - JPP - JPG'
5. Le compte rendu du 'Comité de direction de Dumez-T.P. n°
11 du lundi 25 avril 1988, à 8
heures', en date du 27 avril 1988, indique (cotes A, 1966,
Sc. 2, 291 et 292 ; rapport, tome 4,
p. 751 et 752) : '4.6. T.G.V.-Nord Fougerolle sera avec
Bouygues. Notre groupement
(Dumez-T.P. + Campenon Bernard + Razel) sera rejoint par
SGTN + SATP + Spada. Attente
de l'accord de Razel sur ce schéma (...) / 5.2. Réunion avec
Razel / Déjeuner fixé au 27 avril
1988 au Cercle interallié. / 5.3. Réunion avec Bec/Fixer
rapidement la date de ce déjeuner.'
6. Le 2 mai 1988, M. Dehan, directeur général adjoint de
Dumez-T.P., notait dans le cahier de
notes manuscrites qu'il tient au jour le jour (cote A, 1966,
Sc. 7, 1196 V° ; rapport, tome 4, p.
765 ; les sociétés Sogea, G.T.M. et Fougerolle sont
actionnaires de la société Cofiroute,
intervenue dans le cadre d'un projet de mise en concession
des lignes de T.G.V.) :
'3. TGV Contournement Lyon connue
Cofiroute serait prêt à discuter si 2 lots
Cofiroute (- Campenon ?) d'un côté
Dumez Spie B. Razel Bec de l'autre
Paufique est en piste
OK pour s'organiser sur deux lots
4. TGV Nord
début des travaux 90
et mise en service 1993'
7. Le 9 mai suivant, M. Dehan notait dans le même cahier
(cote A, 1966, Sc. 7, 1200 V° ;
rapport, tome 4, p. 766) :
'6 - TGV Sud Est Lyon
Bec OK pour consolider Gt SPIE Razel DZ Bec mais en restant
ouvert à B. pour avoir 2 Ct
Buffevent est bien intéressé.
7 - TGV Nord
Ménage fait après rencontre Bec et Razel.
Ont bien compris la nécessité de faire éclater notre Gt
initial'
22
8. Le compte rendu du 'Comité de direction de Dumez-T.P. n°
13 du lundi 9 mai 1988, à 8
heures', en date du 16 mai 1988, indique (cote A, 1966, Sc.
10, 1531 ; rapport, tome 4, p. 797)
: '5.4. T.G.V. / Sud-Est (Contournement de Lyon) /
Groupement SPIE, Dumez-T.P., Razel,
Bec consolidé mais ouvert à Bouygues. L'autre groupement
comme prévu comprendra
Cofiroute.'
9. Une note manuscrite saisie dans le bureau de M.
Schoonheere (société Razel) et datée du
10 mai 1988 indique (cotes B, 3898, Sc. 2, 452 et 453 ;
rapport, tome 4, p. 1189) :
'TGV Nord
1) Dumez - CAMPENON - Razel - SGTN - S.A.T.P. - Spada
2) Sogea - G.T.M. - Guintoli - DEMATHIEU
3) SPIE - Bec - CM + BALOT + Valérian + BEUGNET
4) Bouygues - Fougerolle - Muller - LEVAUX - GAGNERAUD
. R.C.F.C. ?
. Nord-France ?
. Urbaine ?
. Chagnaud ?
. E.I. ?
. Solétanche ?
- 2 S.E.P. - Terrassements Razel-Dumez-SATP-Spada
G. Civil Dumez-Campenon SGTN
Gare de Coquelles : 1,2 milliard
Traversée de Lille : 1.5
Ligne nouvelle 321 km : 8 milliards
Terminaux Paris ? : 2 milliards
Roissy
Terrassements : 5.6
Ouvrages : 2,4
[ndlr total :] 8.
Terrassements : 5.6
Ouvrages : 5.4
[ndlr total :] 11.4 = 2.7 par groupement
50 % Terrassements
50 % Génie civil
GC
- Razel 50 % des Terrassements
Dumez - 40 45
- Dumez 25 % C.B. - 40 40
- autres 25 SGTN - 20 15
et Génest'
10. Une note dactylographiée de la direction commerciale de
la société Razel datée du 20 mai
1988 indique (cote B, 3898, Sc. 2, 454 ; rapport, tome 4, p.
1190) :
'T.G.V. NORD
Principes de base de l'intégration de Razel dans le
groupement Dumez - CB - Razel - SGTN -
SATP - Spada (Solution 4 groupements)
1 - Dumez mandataire de la SEP
2 - Razel gérant de la SEP
co-mandataire, responsable des terrassements
3 - Razel aura 25 % en montant de l'ensemble des travaux
alloués au groupement, concentré en
priorité sur les terrassements. (...)
7 - Dans le cas d'appel d'offres concurrentiel, chacun des
partenaires reprendra sa liberté.'
23
11. Un télex adressé le 10 juin 1988 par M. Cazenove (Razel)
à MM. Heiser et Michel
(Dumez-T.P.) indique (cote B, 3898, Sc. 1, 4 ; rapport, tome
4, p. 1184) :
'TGV Nord - Votre projet de protocole (téléfax du 8.06)
Vs confirme premières précisions accordées hier avec vs-même
et C.B sur v/ projet de référence.
1) Par TGV Nord s'entend non seulement la liaison
Roissy-Lille-Terminal mais aussi les gares
Roissy, Terminal et traversée de Lille notamment (pour un
montant total de Terrt + G.C. de 8 M. de F
env.)
2) Objectif à atteindre 25 %, soit :
. 1 M.D.F. en lots terrassement
+ 1 M.D.F. en lots génie civil
3) Toutes décisions engageant les partenaires durant les
différentes phases préliminaires seront
unanimes.
4) En 4ème phase éclatement pour soumission et travaux.
A) Pour les lots à majorité terrassement : Razel mandataire
et pilote
technique, fournissant le directeur du chantier. Dumez
pilote
administratif.
B) Pour les lots à majorité génie civil mêmes rôles tenus
par Dumez et
C.B. respectivement.
5) Equilibrage des parts :
A) Tant que la différence entre volume lots terrassement et
lots G. civil
est inférieure à 5 ou 6 %, l'équilibrage se fait par
augmentation et
diminution part Dumez dans les 2 SEP et respecter en ce qui
concerne
Razel 25 % du montant des travaux lots terrassement - lots
G. civil
pouvant être obtenus par le groupement, concentrés sur les
lots
terrassements.
B) Au-delà par une prise de participation complémentaire
correspondante
dans l'autre SEP.
6) Clauses : Délai, validité et arbitrage à rajouter.
7) Tout ceci s'entendant exclusivement dans le cadre et le
contexte envisagés, les partenaires étant
libérés en cas contraire.'
12. Le 13 juin 1988, M. Dehan, directeur général adjoint de
Dumez-T.P., notait dans le cahier
de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour (cotes A,
1966, Sc. 7, 1211 R° et V° ; rapport,
tome 4, p. 770 et 771) :
'5.11 TGV Nord
12 lots pleins champs --- (: 4 = 3)
pour 4.5 MF
gares Coquel Frottin 3 MF invest.
Lille dont 1 MF de GC
Gare du Nord - Gonesse
- Roissy avec AdP pour 800 MF
- Barreau de liaison : 2,4 MF : lancé 8 mois après (on
aurait 1 3 du 1 : 4)
J Ber étudie ce que ça implique en matériel de TT'
13. Le 20 juin suivant, M. Dehan notait dans le même cahier
(cote A, 1966, Sc. 7, 1214 R° ;
rapport, tome 4, p. 772) : '3.9 - T.G.V.-S.E./On cherche à
prendre le pilotage d'un des 2 Gts
mais on n'a pas les hommes'.
24
14. Le 29 juin 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président de
G.T.M.-B.T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cotes B, 3824, Sc. 1, 52 ; rapport, tome
4, p. 1163 ; M. Massip est le responsable des grands travaux
chez Sogea) :
'Massip (...)
- TGV Nord : non à CM-Ballot.
avec BEUGNET - SGTN ?
avec URBAINE-MONTCOCOL ?'
15. Des notes du cahier manuscrit que tient au jour le jour
M. Dehan, directeur général adjoint
de Dumez-T.P. (cote A, 1966, Sc. 7, 1224 V° ; rapport, tome
4, p. 773), datées du '30.07' (cote
A, 1966, Sc. 7, 1223 V°), mais comprises entre des notes
datées du '30.06' (ibid, 1222 V°) et
du '01.07' (ibid, 1225 R°), et donc rédigées le 30 juin
1988, indiquent ('JFM' désigne M. Jean-
François Michel, directeur commercial chez Dumez-T.P.) :
'TGV Nord : sous-traité à JFM sur plan commercial
me laisse le dossier : 4 Gts
mais merdier : 2 nouveaux Gts dérivés du Gt SPIE
On est OK dans notre Gt. Razel + Campenon + Dematieu Barre
(+ Spada + SATP)'
16. Le 11 juillet suivant, M. Dehan notait dans le même
cahier (cote A, 1966, Sc. 7, 1231 V° ;
rapport, tome 4, p. 774) : '5-6 T.G.V. Lyon/5-7-T.G.V.
Nord/Se pose le pb. de récupérer
Beugnet qui quitte le Gt de SPIE'.
17. Le 18 juillet suivant, M. Dehan notait dans le même
cahier (cote A, 1966, Sc. 7, 1233 R° ;
rapport, tome 4, p. 775) :
'3-7 - TGV Alpes
C.R de la réunion avec
(demander à Alfonsi)
3-8 - TGV Nord
Pb. avec Nordistes'
18. Des notes manuscrites de M. Gautherie
(Campenon-Bernard), non datées mais qui ne
peuvent être postérieures à juillet 1988 (cote B, 3811, Sc.
2, 62 ; rapport, tome 4, p. 1150),
indiquent ce qui suit, étant rappelé que MM. Petitcolas,
Heiser, Massip, Tarbès, Cote et Violet
sont directeurs des Grands Travaux respectivement des
sociétés Campenon-Bernard, Dumez-
T.P., Sogea, G.T.M.-B.T.P., Bouygues et Fougerolle, que M.
July est directeur commercial
chez Campenon-Bernard, que MM. Gorge et Serralta sont
responsables des Grands Travaux
chez Spie-Batignolles et que M. Bec semble représenter
l'entreprise homonyme et le groupe
S.A.E. :
'TGV NORD
. CB. DZ. Razel July + Petitcolas - Massip
- Gorge/Serralta
. SB SAE Bec Leader : Heiser - Massip - Tarbès
. B / Foug / Guintoli Réunion - Bec
. Sogea / G.T.M. / Muller - Cote
- 4 groupes - Violet
. Pronost
Sortie PARIS - Déviation de Lille
(Gonesse)
Barreau Paris exclus
GC = 4.3 TGV Nord - 25% x 4,3 = 1,1 x 20% = 200
25
4 groupes CB
GC = 2,5 Interconnexion
---- \-$ 200 90/91
SIGMA 8.0 25 % x 2,5 = 0.625 x 1/3 = 200
Rhône-Alpes Petitcolas CB seule
Concession improbable
Cofiroute intéressé
les stés d'autoroutes n'interviendront pas
SAPRR = Vingent
- Déjà en charge de A 47
- recevra la dotation des terrains à côté de la S.N.C.F.
reste Cofiroute
sachant que 31 % Cofiroute détenu par SGE et non pas Sogea
les travaux partageables entre Sogea + CB
(SOCASO)
hauteur du delta de l'apport CGE ds Cofiroute
1 - concessionnaire
2 - travaux'
19. Des notes manuscrites de M. Petitcolas
(Campenon-Bernard), en date du 29 juillet 1988,
indiquent (cote B, 3811, Sc. 2, 88 ; rapport, tome 4, p.
1151) :
'TGI
1 - NORD
2 - INTERCONNEXION
[ndlr : total ] 5000 MF
3 - RHONE ALPES 40% x 3450 MF
(1ère ph.) - 230
= 9610 MF
CB = 9610 x 1.4 x 0.7 x 1.2 x 1.2 = 420 MF
1 - Groupes envisagés
. SPIE - SAE BORIE - NF - CM - Ballot
avec Bec - Valérian (CM) - Ballot - TINEL - BEUGNET
. Bouygues - Fougerolle - LEVAUX - GAGNERAUD - CHAGNAUD -
NORPAC
avec Muller - DTP - PERTUIS
. Dumez - CAMPENON - DEMATHIEU - RCFC - EI
avec Razel - Dumez - Spada - SATP
. G.T.M - Sogea - GENEST - SGTN
avec Guintoli - Sogea - G.T.M
Pb avec CM - Ballot (MOLINIE) - GENEST
et Fougerolle - BEUGNET
REFUS 5è GROUPEMENT
2 - OBJET
- TGV NORD - INTERCONNEXION - TGV RHONE ALPES
- LOT 50 MF y compris GARES (...)'
20. Le 30 août 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président de
G.T.M.-B.T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote B, 3824, Sc. 1, 60 ; rapport, tome 4,
p. 1164) : 'Penser déroulement T.G.V. Nord. Nos accords
Sogea -'.
26
21. Des notes manuscrites de M. Gautherie
(Campenon-Bernard), en date du 7 septembre
1988, indiquent (cote B, 3811, Sc. 2, 52 ; rapport, tome 4,
p. 1148) :
'MR Guitonneau 7/9/88 (G.T.M.
Réunion des 8 / prsnts
(...)
- Prochaine réunion - apporter un paquet d'affaires
- vers 15 octobre à la SAE
- TGV Nord
. Fougerolle / Beugnet / Ballot / geneste / Chagnaud - 5
groupements
. B.
. SB + SAE
ligne principale + interconnexion
. G.T.M + SAE
Hors Paris - à voir
. CB - DZ raccordements Lille par collaborateurs
- passés par Région de la S.N.C.F.
- Contournement de Lyon.
reconduction éventuelle de ci-dessus + locaux'
22. Le 8 septembre 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président
de G.T.M.-B.T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote B, 3824, Sc. 1, 63 ; 1165) : 'T.G.V.
Nord - 5e groupt CM/B GB -> JHBineau (...) T.G.V. Est -
Dumez 21 et suite Heiser après le
26 provoquer renc.'.
23. Le 15 septembre suivant, M. Tarbès notait dans le même
cahier (cote B, 3824, Sc. 1, 66 ;
rapport, tome 4, p. 1166 ; M. Mathy est le président de la
société Chantiers modernes) :
'- Massip
- Razel
- Violet - me rappelle
(...)
- Camp : me rappelle ?
- Razel : - je rappelle lundi 19
- CM : Mathy me rappelle mercredi 21'
24. Le 16 septembre 1988, M. Dehan, directeur général
adjoint de Dumez-T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote A, 1966, Sc. 8, 1291 R° ; rapport,
tome 4, p. 777) :
'2.13 - TGV N.
Pb : CM, Ballot, Nordistes
Réunion Majors semaine prochaine avec JFM
Groupement Fougerolle pas bien accueilli
2.14 - TGV SE
Gérin a pris fait et cause pour le financement 'imaginatif'
mais raconte des histoires :
opportuniste : les socialistes sont pour les financements
privés
- pousser Gt TGV est car va sortir'
27
25. Le 23 septembre suivant, M. Dehan notait dans le même
cahier (cote A, 1966, Sc. 8, 1295
R° ; 778) :
'5 - TGV N.
2 Dissidents
1 - Nordistes (Beugnet...) : sera réduit en les intégrant et
en isolant leur part
2 - CM - Ballot devrait se résoudre en les mettant avec SPIE
qui isolera aussi leur part
SPIE est un mauvais 'intermédiaire"
26. Le compte rendu du 'Comité de direction de Dumez-T.P. n°
28 du lundi 26 septembre
1988', en date du 29 septembre 1988, note (cote A, 1966, Sc.
2, 336 ; rapport, tome 4, p. 754):
'2.2 T.G.V. Nord / Problèmes entre Bouygues et Fougerolle,
Envisager la permutation
Campenon-Bernard et Fougerolle'.
27. Des notes manuscrites de M. Gautherie
(Campenon-Bernard), en date du 29 septembre
1988, indiquent (cote B, 3811, Sc. 2, 61 ; rapport, tome 4,
p. 1149) :
'TGV NORD
+ Barreau : 1m A d'O régional
+ Rhône Alpes: Quillery S/mai : RCFC
(si gros lot) : - indépendant. travaille en RP
- les 8 présidents doivent se bouger
Bouygues : CB'
28. Un 'tableau d'espérance d'activité en 1989-1990-1991',
daté du 7 octobre 1988 et saisi
dans les locaux de l'entreprise Campenon-Bernard indique
(cote B, 3811, Sc. 3, 28 ; rapport,
tome 4, p. 1153) :
'AFFAIRES PART C.B.
- TGV NORD et INTERCON 400 (8000 x 1/4 x 1/2 x 1/2 x 0,8)
- TGV Rhône-Alpes 180 (360 x K)'
29. Le 10 octobre 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président de
G.T.M.-B.T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote B, 3824, Sc. 1, 72 ; rapport, tome 4,
p. 1167) : 'Réu T.G.V. Nord. après Genest- M me rappelle'.
30. Le 7 novembre 1988, M. Dehan, directeur général adjoint
de Dumez-T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote A, 1966, Sc. 8, 1323 R° ; rapport,
tome 4, p. 781) : '20 - T.G.V. Nord / Aspect commercial :
situation s'améliore (CM + Ballot) /
On est avec Fougerolle - Razel'.
31. Le 9 novembre 1988, M. Bernard Tarbès, vice-président de
G.T.M.-B.T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote B, 3824, Sc. 1, 79 ; rapport, tome 4,
p. 1168) : 'Cote -> Camp mariés + petits + CDC / -SAE imp.'.
32. Le lendemain 10 novembre, le même M. Tarbès notait dans
le même cahier (cote B, 3824,
Sc. 1, 79 ; rapport, tome 4, p. 1168) :
'Cote : Visite Faure ?
- TGV Sud dans le paquet
- Nord-France : plus de génie civil
- Spie Colombie'
28
33. Le 8 décembre 1988, M. Dehan, directeur général adjoint
de Dumez-T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote A, 1966, Sc. 8, 1343 R° ; rapport,
tome 4, p. 782) :
'1 - TGV N Pb. Razel
Sera lié avec TGV SE
Créer une cellule TGV de suite
Prévu en mars et reporté en mai
IF définir les lots qui nous intéressent
Faury + (...) + Jeune Ingr + Giova + Pelletier
Faury sous contrôle AO
Lui donner qqun connaissant la mécanique des prix'
34. Un tableau 'Affaires nouvelles/Espérances d'activité en
1989, 1990, 1991', daté du 20
décembre 1988 et saisi dans les locaux de l'entreprise
Campenon-Bernard, indique (cote B,
3811, Sc. 3, 6 ; rapport, tome 4, p. 1152) :
'En millions de francs
TGV
. NORD EST
. INTERCONNEXION : 8000
. LYON 1ère Phase : 1600 x 1/4 x 1/2 x 1/2 x 0,8
. LYON 2ème Phase : 2000'
35. Le 12 janvier 1989, M. Dehan, directeur général adjoint
de Dumez-T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote A, 1966, Sc. 9, 1389 R° et V° :
rapport, tome 4, pp. 784 et 785) :
'- TGV Nord
- Faury
- Giova actuel 3 bureaux
- Roulier
A.O. de mars à octobre ou retardé d'un T.
- TGV Lyon
- 03 à 10
- une seule étude
- étude variante
- aspects financiers
- J Chaumuns responsable cellule
(...)
Les lots du Nord = 12 lots x 300 MF
1 : 7 lots au N de Lyon
2 : 20 à 25 % du total
Total 8.5 MF à 9 MF : 1 part = 700 MF = 7.5 %
Sur Lyon Notre Gt : B Spie DZ Razel Bec
et on va réintégrer G.T.M
IF une cellule intégrée importante (...)
La cellule n'est pas forcément chez nous'
36. Le 6 février suivant, il notait (cote A, 1966, Sc. 9,
1403 V° ; rapport, tome 4, p. 786) :
'12 - TGV Sud est
1ère vague : TGV N 4 lots sur 12 - N du TGV SE
(hors Roissy - barreau)
AO - mai 1989 environ 3 MF
2ème vague : 5 MF
Reste du TGV N (8 lots)
Toute l'interconnexion
29
Solde contournement Lyon : Sort de juin à octobre
3ème vague : Lot sud de Lyon 2 MF
1 part = 6 à 700 MF dont 180 TT
500 GC
On est intéressé au sud de Lyon car on est bon / banques
avec B. SPIE Razel Bec Sogea
G.T.M aurait 0.9
B. 1.
Sogea CB 1.5
et sur Roissy aérogare pour 200 MF
- JPP souligne que AdP va se superborder
(budget tenu et délais aussi) - pas de petite gâterie à la
fin
JH se justifie - prix un peu meilleurs - beaucoup de travaux
à Roissy
JPP - attention à nos méthodes, à nos retards au
démarrage...
et on va chercher un gros ouvrage important sur TGV N. en +
d'un lot mixte GC + TT'
37. Dans son cahier de notes manuscrites, M. Razel,
président-directeur général de la société
homonyme, notait ce qui suit (cote B, 3898, Sc. 1, 281 ;
rapport, tome 4, p. 1187). Ces
annotations sont postérieures au 15 février 1989 (ibid.,
275) et antérieures au 21 février
suivant (ibid., 284).
'TGV Nord x Barreau TGV Sud Est Satolas Valence 45 k
Dumez 2 MMF (1MMF Terrts. 1 MMF GC dont gros tunnel)
Fougerolle 1. Bouygues Razel (Pilote des Terrts)
Razel Dumez Bec
Urbaine Montcocol Spie Muller
SATP - 5 banques en exclusivité
2. Cofiroute
3. Campenon Sae Guintoli
part Razel Total
1990 300 lots 13. 22. 23. 24 75 375
1991 125 50 175
425 125 550'
38. Le 23 février 1989, M. Dehan, directeur général adjoint
de Dumez-T.P., notait dans le
cahier de notes manuscrites qu'il tient au jour le jour
(cote A, 1966, Sc. 9, 1414 V° ; rapport,
tome 4, p. 787) :
'9 - TGV Nord : Faury a en mains. Ne couvre pas le
commercial bête : Monika
On s'intéresse au viaduc sur Oise avec
Fougerolle - Razel (ca. 180 MF)
On devrait recevoir le dossier - Q
Bien contrôlé côté filiales DZ par JFM'
39. Parmi les notes manuscrites de M. Schoonheere, directeur
général de la société Razel, on
peut lire ce qui suit (cote B, 3898, Sc. 2, 477 ; rapport,
tome 4, p. 1192). Ces annotations sont
postérieures au 24 avril 1989 (ibid., 476 ; rapport, tome 4,
p. 1193) et antérieures au 5 mai
suivant (ibid., 478).
'- TGV Nord + Barreau ) 80 tranchée oise - lot 13
Nord Lyon 8 milliards -> 5 + 3 130 lots 23, 21 - 22
100 barreau - lot 44
-> 310
- TGV Sud Lyon Valence 2,4 -> 150'
30
40. Le 11 mai 1989, M. Claude Razel (société Razel Frères)
notait dans le cahier de notes
manuscrites qu'il tient au jour le jour, à la suite d'un
entretien avec M. Roverato, président du
groupe Fougerolle (cote B, 3898, Sc. 1, 420 ; rapport, tome
4, p. 1188) : '5. Le T.G.V. Nord
ne marchera pas jusqu'au bout.'
41. Dans le cahier de notes manuscrites de M. Dumazer
(Guintoli), on peut lire, à la date du
23 mai 1989, les mentions suivantes, relatives à une réunion
tenue à 'PAR(is ?)' avec 'M. Rey',
'G. Raoul', 'GC' et 'YB' (cotes B, 3880, Sc. 5, 103 et 103
bis ; rapport, tome 4, pp. 1182 et
1183 ; MM. Rey et Raoul appartiennent à l'entreprise G.T.M.)
:
'R.on POINT TGV
Lot 34
- 11 755 M°F HT TOHC. 620 M°F HT GC + tert
- G 220 M°F HT acquis
- 1241 230 --- à prendre
- Conv.on 1/3 TAC du sac
20 % du CA du sac
CB 20.5 - OA
Muller 16,5
DcA 9 - OA
DTP 53 dont 33 % tert.
20 % (illisible)
Raz 50 % du tert du sac
Bec 20 % du sac
Lyon Sud G.T.M 2 M°F
Dechiron
Fougerolle
Barreau 2
Non attribué 1 -
5. -
Sur les 10 MMF 4.4 TAC
5.6 OA
1.1 MMF ter(t) par sac sur l'ens.'
42. L'agenda de poche pour 1989 de M. Petitcolas
(Campenon-Bernard) indique, à la date du
7 juin (cote A, 1948, Sc. 2, 64 ; rapport, tome 4, p. 719,
sq.) :
'13 h 5 couverts G. Michel M. Cote LP + Heiser
Pb barreau Nord (CM + Razel + NF + non (illisible)
---------------
Pb'
43. Le cahier de notes manuscrites de M. Razel,
président-directeur général de la société
homonyme, comporte les mentions suivantes à la date du 21
juillet 1989 (cote B, 3898, Sc. 1,
79 ; rapport, tome 4, p. 1185) :
'P. Schoonheere
(...)
JP Parayre veut aller voir Pronost pr. convenir d'un rabais
général, ce qui ne serait pas dans nos
vues.
31
Les 4 Grands se serreraient les coudes pr ne pas baisser les
bétons et tondre au passage les
terrassiers.
PS va essayer de ramener Heyser à la raison : pas de rupture
avec la S.N.C.F., qui se donne les
moyens de mettre des Européens dans la course.
RN est bien au courant
Blocage avec Guintoli. La DDE veut regrouper les soumissions
Guintoli et Razel : si pas d'accord
possible entre G et R. DDE donnerait le lot à Razel. Ne
devrait donc pas nous échapper.'
44. Peu après, M. Razel établissait un tableau dans ce même
cahier de notes manuscrites (cote
B, 3898, Sc. 1, 162 ; rapport, tome 4, p. 1186). Ce tableau
est postérieur au 12 septembre
1989 (ibid., 158) et antérieur au 19 septembre suivant
(ibid., 168), et il comporte trois
colonnes ('Total piloté', 'Part Razel' et 'Durée') et 19
lignes dont les 16e, 17e et 18e sont :
'T.G.V. Nord', 'T.G.V. Barreau' et 'T.G.V. Sud-Est' et ne
comportent aucun chiffre dans les
colonnes.
45. Sur des notes manuscrites saisies dans l'entreprise Bec
et datées du 8 novembre 1989, on
peut lire (cote B, 3907, Sc. 3, 41 ; rapport, tome 4, p.
1207) :
'Prévisions à 3 ans
Activité chantiers linéaires
avt 90 90 91 92
Tr - Assent 350 1000 2000
RN 115 400 550
Total 465 1400 2550
TGV 1700 1700 600
2200 3100 3100
- autres TGV
Part de Bec 5 à 15 % -- moyenne 10 % ?
- Muller. G.T.M. DTP. Guintoli. Bec. Razel = 6 x 1 part = 6
- CM. Dechiron. Ballot = 1.5
- autres = 1 à 1.5
- étrangers : ?
Total: environ 10 ?'
46. Des notes manuscrites datées du 24 janvier 1990 de M.
Cazenove (société Razel)
indiquent (cote B, 3898, Sc. 3, 666 ; rapport, tome 4, p.
1206) :
'Z - 10,4 / 16 = 650 -> R = 500 N
150 SE
Nous
1,3 (8T + 5G) -> SIGMA Signés 3T + 2,5 (G.C) G.T.M
0,55 (150T - 400 GC) -> reste L.S. 2,4 = (0,9 T - 1,5 GC)
10,66 (-0,2) x 1,5
reste -> Int + solde Nord
- 0,75 = 2,7 (1,2 T - 1,5 GC) 5,1 T 5,5 GC
------
2,6'
47. Sur un document saisi dans les locaux de l'entreprise
Razel, dactylographié et constituant
un 'projet' de la 'liste des questions proposées par Razel'
pour un 'comité n° 2' du 10 avril
1990, des annotations manuscrites (de M. Cazenove) ont été
portées en face de la rubrique
32
'T.G.V. Lyon-Valence' (cote B, 3898, Sc. 3, 596 ; rapport,
tome 4, p. 1199). Ces annotations sont les
suivantes :
'(TGV Lyon-Valence)
- point actuel ? Chef projet Dumez ? Partage travx Sur quel
lot ? 24 ?
(ou 26)
- garantir nos 140 Ms F (70 + 70 ?) = notre part - priorité
(lot 44 = solde de notre part TGV Nord) ca 150/80 nous
a-t-on dit ?
+ mandataire gérant'
48. Dans une lettre adressée le 21 mai 1990 à M. Delabre
(Ballot), M. Cazenove (Razel)
écrivait (cote B, 3898, Sc. 3, 633 ; rapport, tome 4, p.
1205) : 'Faisant suite à notre premier
contact de ce jour, nous vous confirmons l'accord de
principe sur lequel nos deux
groupements sont convenus de se rapprocher. /La position de
Razel tient compte des
confirmations prochaines à obtenir, du désistement de
l'entreprise Spada sur ce lot 44 et de
l'accord sur le montant de la participation souhaitée par
Razel dans la participation du T.G.V.
Sud-Est Lyon-Valence (ainsi que du complément de
participation de Prigent).'
49. Un document manuscrit de M. Yvon Dumazer, président du
directoire de la société
Guintoli, intitulé 'Fax à Muller' et daté du 8 juin 1990,
indique (cote B, 3880, c. 2, 54 ;
rapport, tome 4, p. 1180) : 'T.G.V. lot 21. Ai fini par
avoir Thievent ce matin et lui ai exposé
clairement notre opposition formelle à voir un troisième
participant sur le 26 (T.A.C.), ceci
sur les quatre arguments convenus :
- sur trois lots d'importance équivalente, il faut laisser
deux
terrassiers sur chacun ;
- (...) ;
- Bec n'a pour l'instant travaillé que dans France-Sud et a
par ailleurs
obtenu toutes assurances sur la localisation du solde de son
C.A.
Thievent m'a confirmé qu'à hier soir le problème d'un
glissement de D.T.P. au Sud n'avait
pas été évoqué mais qu'il pressentait une prochaine
intervention dans ce sens.'
50. Le compte rendu du 'Comité de coordination Dumez-Razel
n° 3 du 20 juin 1990 au siège
de Razel', en date du 3 juillet 1990, indique (cote B, 3898,
Sc. 3, 600 ; rapport, tome 4, p.
1202) : '8) T.G.V. Est : M. Schoonheere manifeste
l'intention de se rapprocher de G.T.M. sur
ce projet. M. Heiser indique que des discussions
préliminaires ont été engagées avec certains
de nos collègues, mais que rien ne pourra être décidé avant
de connaître les grandes lignes de
la procédure qui sera suivie par la S.N.C.F. (découpage en
trois ou plusieurs lots ;
financement ; concurrence étrangère, etc.).
Il est décidé de reparler de ce projet lors du prochain
comité consultatif.'
51. Un cahier comportant des notes manuscrites a été saisi
dans le bureau de la secrétaire
commune à MM. Violet et Calinaud, cadres de la société
Fougerolle. Sur ce cahier, on peut
lire, dans un encadré portant la date du 26 juillet 1990,
une liste de noms et d'abrévations qui
ont été barrés, mais dont certains peuvent néanmoins être
lus. Cet encadré indique (cote B,
3859, Sc. 1, 59 V° ; rapport, tome 4, p. 1175) :
'26/07
Réunion
(illisible)
Pottier - Qy
Meslin - Dz
(illisible)
33
Serralta - Spie
Gendreau - Borie
Nivot
Blin - CB'
52. La première page du cahier à spirale de notes
manuscrites de M. Pialoux, adjoint de M.
Delabre chargé de l'étude de la section 44, à l'agence de
Rouen de l'entreprise Ballot, indique
à la date du 10 septembre 1990 (cote B, 3990, Sc. 1, 11 V° ;
rapport, tome 4, pp. 1241 et
1242) : 'M. Foury de Dumez veut savoir le pourcentage de
Razel du lot 44. -> Delabre'.
53. Sur des notes manuscrites saisies dans les locaux de
l'entreprise Bec et datées du 15
septembre 1990, on peut lire (cote B, 3907, Sc. 3, 43 ;
rapport, tome 4, p. 1208) :
'TGV lignes futures
Déjeuner Bouygues. DTP. Bec
Cot - Brunet - Seeli
(...)
TGV futurs
Accord de Cot sur poursuite gpt Lyon Valence en cas 11.21.31
voir note du 10.09.90. remise
- discussions sur
3 gpt en cas 1)
répartition en cas 2)
Sur OA, V.T
By G.T.M 35 %
Bec Muller (- D&B), Razel, 10 %
Position D & B : à intégrer probabt : à revoir
Deschiron - Valérian :
A Brunet : mérite réflexion
C. Seeli : confirme le plutôt non
Suite
- C.S voit Tarbès / Dumez rôle moteur
- Discussion à S
- Discussion à G - Cot'
54. Une note de M. Legrand (société Quillery) en date du 9
novembre 1990 indique (cote B,
3997, Sc. 5, 33 ; rapport, tome 4, p. 1253) ; 'Objet :
T.G.V. / D'entretiens récents avec les
membres de la direction générale de la S.N.C.F., je retire
les informations suivantes : 1) La
mise en oeuvre de la première phase du schéma directeur
T.G.V./(...) Les premiers travaux ne
sont pas attendus avant courant 1993 ce qui peut, surtout si
nous ne nous plaçons pas sur les
premiers appels d'offres, se traduire par une discontinuité
avec notre part actuelle du
programme T.G.V. (qui constituera en 1991 la principale
source d'activité des grands
travaux).'
55. M. Jacques Gautherie, gérant de la S.N.C.
Campenon-Bernard, a déclaré le 22 novembre
1990 (cotes B, 1548 et 1549 ; rapport, tome 4, p. 106, sq.)
: 'Concernant le document saisi
dans mon bureau (cote 62 du scellé n° 2), il s'agit de notes
prises suite à mon entrée dans
l'entreprise et à l'occasion de l'analyse du marché
français. Notamment en ce qui concerne le