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Comme la période de construction du Lien Fixe sous la Manche, l'exploitation du Tunnel qui commence en novembre 1994 va être marquée par un état de quasi-faillite permanent. L'insuffisance des recettes pour couvrir les seuls paiements d'intérêt exige dès septembre 1995 une restructuration , mise en place en 1998 après trois ans de négociations, avec un chantage fait aux actionnaires par un chantage au droit de substitution Cette restructuration, qui ne fera qu'empirer la situation financière d'Eurotunnel, va se faire sans réduction de dette. alors que l'optimisme démesuré des prévisions et l'insuffisance criante des recettes aurait nécessité une réduction au moins de la moitié de la dette. Un financement structuré est mis en place, avec une moitié de la dette transformée en quasi-fonds propres. La capitalisation d'Eurotunnel est maintenue grâce à une multiplication des actions que les actionnaires individuels historiques souscrivent en réaction à leur dilution. Eurotunnel va fonder sa communication à l'égard des actionnaires sur les résultats commerciaux pour faire croire à une situation financière normalisée. Eurotunnel va ainsi parler en 2000 d'exercice particulièrement réussi, alors que la charge des simples intérêts n'est pas couverte, couverture qui assortie de la possibilité de faire les investissements nécessaires, est qualifié d'objectif ambitieux. Le seul objectif d'Eurotunnel est d'essayer de parvenir à un refinancement perpétuel rendant au mieux sans valeur les actions. La situation financière réelle d'Eurotunnel est occultée par les banques alors que les catégories de la dette se négociaient avec des décotes de plus en plus fortes. Les banques vont se livrer à des exercices répétés d'une ingénierie financière particulièrement coûteuse pour Eurotunnel et excessivement rémunératrice pour les banques et les conseils. Cette ingénierie a pour but de pratiquer une ponction maximale des flux financiers tant en montant qu'en durée et de masquer la situation financière désespérée dans laquelle Eurotunnel est plongée. Des montages de rehaussement de crédit, traduisant la détérioration du crédit d'Eurotunnel, sont présentés comme la preuve d'un rétablissement du crédit d'Eurotunnel. Des rachats de créances sont présentés comme améliorant la situation financière d'Eurotunnel alors qu'ils ne font que mettre Eurotunnel à la merci du monteur de l'opération. Ils permettent des paiements indus de créances qui dépassent largement la capacité de remboursement d'Eurotunnel. Les quasi-fonds propres sont remboursés avec émission de dette, qui plus est privilégiée. Les opérations de titrisation obèrent les revenus futurs au profit des créanciers. L'impasse financière devient évidente et le montage fait que les créances rachetées par Eurotunnel sont utilisées pour faire de ce monteur de l'opération, le président de MBIA, ce qui est qualifié de "patron virtuel d'Eurotunnel"
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