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DECLARATION ADACTE/EUROTUNNEL
 

Auteur: ADACTE (---.noos.fr)
Date:   04-07-2005 11:07



Les départs de personnalités élues par les actionnaires présents le 7 avril 2004, Pierre CARDO et Jacques MAILLOT, et les dernières polémiques concernant le nouveau président, Jacques GOUNON , stériles à nos yeux, ne nous détourneront pas des vrais problèmes et des enjeux cruciaux d’EUROTUNNEL. Nous avons tiré un enseignement de tous les avis , souvent divergents, et avons arrêté une conduite.


Nous vous en livrons la teneur qui n’est ni figée ni exhaustive :.

1. LE PLAN DARE : SA REALITE POUR L’ACTIONNAIRE

Lors de la réunion du conseil d’administration entérinant le plan DARE, fin octobre 2004 ( OSER en français), l’ ADACTE, tout en approuvant les mesures de redressement, a voté avec de " sérieuses réserves ".

Si le plan DARE est une condition nécessaire, il n’est néanmoins pas suffisant pour régler les problèmes fondamentaux d’ EUROTUNNEL : sans règlement acceptable et équitable du problème de la dette et une implication volontariste des gouvernements, point de redressement durable !

L’ audit, réalisé par les experts de SOLVING INTERNATIONAL, à la demande de Jacques MAILLOT et sous la houlette du directeur général, Jean Louis RAYMOND, révèle d’ importantes économies réalisables sur les achats liés à l’exploitation – 100 millions à comparer à un budget annuel d’environ 300 millions d’ euros.
Ce résultat spectaculaire montre, en premier lieu que les " brillants " gestionnaires successifs ( à l’exception notable de Mr LAZARE) depuis l’ouverture en novembre1994 (au lieu du 15 mai 1993) n’ont apporté aucune véritable valeur ajoutée opérationnelle : depuis dix ans, Ils se sont évertués de faire du replâtrage financier, sans toucher aux structures d’exploitation. Ainsi, les dirigeants précédents ont gaspillé plus d’un milliard d’euros, au profit des fournisseurs et au détriment de tous les actionnaires.

D’autres conclusions des audits soulignent une inadaptation certaine de l’organisation face à l’extrême variabilité du trafic. Il a ainsi fallu dix ans d’exploitation pour se rendre compte que le tunnel fonctionnait la nuit à vide comme s’il était plein. Une situation ubuesque! Cet état de fait risque d’avoir de sérieuses ( inéluctables ?) répercutions sociales si rien n’est fait pour développer le trafic du tunnel.

L’ ADACTE met en cause la responsabilité des différents directions précédentes ainsi que l’autisme des pouvoirs publics, tant locaux, régionaux que nationaux, au courant de cette situation porteuse de drames sociaux ultérieurs.

L’ ADACTE prône des solutions pour développer le trafic d’EUROTUNNEL ( voir § 3)







2. La DETTE : UNE BOMBE A RETARDEMENT POUR TOUS

L’ équipe d’alternance avait déjà diagnostiqué, avec les informations éparses et collectées, les problèmes de gestion de la société qui n’avaient pas été correctement traités par le management en place.

Dès le lendemain de l’ assemblée générale, le conseil d’administration a mandaté les directeurs opérationnels de mener à bien une série d’audit en vue de réformes dont l ‘exécution fut confiée entre autres, à SOLVING INTERNATIONAL et Mc KINSEY. Un audit d’ état des lieux fut aussi diligenté.

Les résultats et recommandations ont servi de terreau aux réflexions stratégiques . les décisions concrètes sont formalisées par le document intitulé: PLAN DARE.


Le plan DARE ne règle pas le problème fondamental de la dette d’ EUROTUNNEL. Il n’ a pas non plus, vocation à " nettoyer " la concession, sous la menace du droit de substitution, au profit des créanciers.

Nous contestons, depuis l’origine de l’association (1995), ce droit de substitution brandi par le pool des créanciers, avec la complaisance des directions précédentes.

Les accords de restructuration de la dette, signés en 1997, sont léonins. Leur complexité est incompréhensible pour le commun de l’actionnariat individuel. Avalisés par les banquiers à la fois créanciers et actionnaires pour avoir la majorité aux assemblées, ces accords byzantins ont sacrifié d’ entrée de jeu, les intérêts des actionnaires individuels, pourtant majoritaires en titres mais absents du tour de table du fait de leur faible mobilisation et leur habituel éparpillement géographique. L’ actionnariat populaire en divisant les parties permet de régner. Malgré un conflit d’intérêt évident, les banques devaient faire entériner les décisions prises pour capter le plus longtemps possible, à leur profit, les flux d’intérêts versés par la société. Les avances de stabilisation ( crédit à 0% accordé à une société moribonde) n’ont eu pour but que d’éviter un dépôt de bilan et des procès immédiats en recherche de responsabilité.

Comme Ponce Pilate, les pouvoirs publics sont restés, sinon indifférents, du moins bien passifs dans leur action. Soulagés, ils évitaient le scandale et les ennuis judiciaires. Par un laisser-faire de bon aloi, au nom d’un libéralisme bien galvaudé, le pouvoir politique sacrifiait le capital de confiance de cette masse de particuliers. Ces " euro-actionnaires " comme chez EURODISNEY, rassurés par l’empreinte de l’ Etat., ont été racolés par un secteur bancaire majoritairement nationalisé, aux ordres du pouvoir politique.

Les dernières acrobaties financières de 2002 furent un simple replâtrage de <cavalerie > des accords précédents. Ce ré-échelonnent partiel, présenté comme de la haute couture financière, cache un coût certain pour les actionnaires. Les taux accordés par les nouveaux créanciers (6,87% et 8,16%) vont irrémédiablement absorber le gain immédiat pour EUROTUNNEL, résultant du rachat d’anciennes créances.

Que faut- il en retenir ?

a) .Tout le cash-flow de la société reste comme prévu, capté par les créanciers.

b) Ces derniers sont néanmoins au courant des risques et périls du montage financier alambiqué d’ EUROTUNNEL et de la faiblesse juridique de leurs garanties.

c) des paillettes médiatiques ponctuellement. à la gloire de ces " mozarts de la finance"

d) une sérieuse facture à terme pour l’actionnaire. Il est clair que la rentabilité opérationnelle d’ EUROTUNNNEL ne permet pas déjà depuis quelques années, de payer à la fois de lourds intérêts et d’assurer d’ici la fin de la concession, le remboursement du nominal de la dette.

Aujourd’hui, il y a péril en la demeure pour les créanciers, conscients que la situation actuelle n’est plus tenable, ni pour les actionnaires ni pour leurs intérêts bien compris. Un rachat de la dette par la société avec une importante décote est possible et salutaire pour tous. Il est accepté par certains créanciers aussi bien historiques que de la dernière heure.

Les propositions " spontanées " de certains créanciers ( CF l’interview de Mr Jean-Louis RAYMOND) suggérant un abandon de créances de 50%, sont à nos yeux notoirement insuffisantes pour rétablir la santé financière d’ EUROTUNNNEL.

Nous ne sommes pas les seuls à le penser : le ministre des finances, Mr Hervé GAYMARD rejoint notre analyse et appelle à plus de réalisme : " la dette d’ Eurotunnel d’Eurotunnel est deux à deux fois et demie ce que la société peut supporter " ( question écrite au gouvernement du 22 décembre 2004 à l’Assemblée Nationale)

Cet aveu politique crédibilise définitivement l’analyse du conseil d‘ administration actuel qui se présentait aux suffrages des actionnaires, et qui fut en son temps dénigrée par la majorité de la presse économique française .

" Les Pieds Nickelés savent aussi la valeur de l’ argent ! ! ! "


3. UNE POLITIQUE FERROVIAIRE LACUNAIRE

L’ADACTE prône, depuis des années, dans l’indifférence générale, une politique ferroviaire plus volontariste, dynamique, concrète, pour favoriser l’augmentation du chiffre d’affaires d’EUROTUNNEL.

3.1 Une LGV Paris –
Amiens –Le Tunnel sous la Manche- Londres

Déjà en 1986, en précurseur, le président actuel de l’ ADACTE, Joseph
GOURANTON dans ses fonctions professionnelles à la Chambre de Commerce d’ Amiens, militait activement pour un tracé de Ligne à Grande Vitesse ( LGV) par Amiens, permettant un trajet du TGV EUROSTAR vers Londres, en moins de 2 heures. Il lui fut préféré un autre tracé malgré une forte polémique régionale.

Le communiqué du Premier Ministre de l’ époque, Jacques CHIRAC, du 23 mars 1988, laissait clairement paraître la prise en considération de ce projet ultérieur. Au nom de la continuité de l’ Etat, le leader de la droite essayait de justifier l’erreur politique, imposée par le précédent ministre des transports de gauche, Michel DELEBARRE, actuel maire de Dunkerque, de donner la priorité au trafic secondaire Paris -Lille-Bruxelles, au détriment du trafic principal Paris - Londres, quitte à handicaper le rail face à l’avion par 60 minutes supplémentaires de trajet. En politique, la ligne droite n’est pas le chemin le plus court.

Aujourd’hui, le ministre des transports Gilles de ROBIEN reconnaît dans la presse régionale ( le Courrier Picard du 19 novembre 2004 ) que des " erreurs " ont été commises et qu’il est temps de les corriger ! Des actes, Mr Le Ministre !

Une réduction du temps de trajet entre les deux pôle d’emplois et de croissance de plus de 10 millions d’habitants que sont la région parisienne et la mégalopole londonienne) augmentera concrètement à court terme, le trafic de passagers, passant par le tunnel, de 30 à 40%.

Le rapport d’ experts MATHIEUX-PAVAUX, d’août 2003, commandé par la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) et financé sur les fonds publics de l’ADEME, , confirme les études précédentes commandées par les régions du tracé du
TGV Nord : un transfert de trafic de l’avion vers le rail estimé à 1,5 millions de passagers (sur un flux total de 2,9 million s (base 2002) dans le cas d’une liaison Paris - Londres en 2 heures. L’échéance lointaine de 2030 de cette prévision ne résulte que du report sans cesse renouvelé des travaux d’ infrastructures par les pouvoirs publics. Ces derniers sont prisonniers des mauvais choix antérieurs, préconisés en particulier par la SNCF à l’ époque. Aujourd’hui, le prétexte du délabrement des finances publiques est bien commode pour ne pas (ré)agir.

Cette nouvelle LGV contribuerait corrélativement à réduire dans les deux pays :

a) le nombre de mouvements d’avions à des heures de pointe dans les aéroports bien congestionnés.

b) les multiples nuisances environnementales dont souffrent les zones périphériques des aéroports,

c) la croissance du trafic automobile centre ville -banlieue- Aéroports,

d) la fuite en avant des investissements nécessaires au transport routier qui trouve paradoxalement des lignes budgétaires pour les financer ! !

e) la fausse bonne conscience des esprits des décideurs public( automobile = emplois= croissance)

3.2 Une politique active pour développer le fret ferroviaire

Nous réclamons la mise en œuvre concrète de la politique de " ferroutage ", pour sortir d’une concurrence frontale avec des ferries, adossés à un actionnaire public qui comble in fine les déficits d’exploitation.

.Nos dernières demandes en date, au CIADT du 18 décembre 2003 sont restées lettre morte, malgré l’évidence des enjeux . Les politiques acquiescent individuellement . Néanmoins, rien ne change. Nous voulons toujours des actes ! Nous ne nous contentons plus de bonnes intentions laudatives et des effets d’annonces médiatiques sans lendemain, de gouvernements de tous bords politiques

En novembre 2000, l’ADACTE demandait déjà au président de la SNCF, la création d’une " autoroute ferroviaire " de 400 kilomètres, entre Londres et la région parisienne, pour concrétiser en France, la révolution du transport de fret dans le schéma européen..

Le schéma régional des transports de la région Nord -Pas de Calais pour la période 2000-2006 ne cite jamais EUROTUNNEL et ne prévoit rien pour aider le tunnel à se développer !

La fin des travaux de construction de la LGV Folkestone – Londres, mise au gabarit international.(U.I.C.C) pour le fret , permettra, à LCR, constructeur et exploitant, de transporter du fret avec le continent. En France, des portions du réseau ferroviaire restent à moderniser. Comme en Afrique ?

Nous demandons avec insistance, aux décideurs publics la réalisation des travaux suivants :

A. " autoroutes ferroviaires" au départ du tunnel, vers :

f) 1. les centres industriels suisses ( Bâle).
2. la nouvelle ligne en construction Lyon –Turin traversant les Alpes ,
3.le couloir rhodanien ( par Avignon et vers l’agglomération marseillaise et surtout vers l’ Espagne via le tunnel Figueras –Perpignan, ( ouvrage subventionné :à 57% pour sa construction par l’Union Européenne, la France et l’ Espagne)

Ces liaisons passant par les différentes régions ( Nord, champagne, Lorraine , Bourgogne, Lyon –Rhône Alpes , Languedoc Roussillon, ) seraient couplées à des plate- formes multi-modales adéquates ( Dourges, Metz, Ambérieu) , permettant de drainer les volumes de fret nécessaires à leur rentabilisation.

Ce projet nécessite un engagement volontariste de Réseau Ferré de France( résolution des goulets d’ étranglements du réseau actuel, dérogations de gabarit et lancement accéléré des investissements régionaux) ainsi que des Régions.

La liste sera fournie ultérieurement par le comité de pilotage du programme, où doit intervenir impérativement EUROTUNNEL




B. L’unification et électrification du réseau ferré

L’alternance de lignes diesel – lignes électrifiées occasionnent des perte de temps lors du changement de motrices, inadmissibles dans une économie moderne fondée sur les flux tendus et le " juste à temps ".

Deux exemples significatifs doivent être résolus pour faciliter le trafic fret d’ EUROTUNNEL :

B.1 L’électrification de la ligne
Amiens:-Abbeville-Boulogne-Calais :

Un train de fret marchandises se rendant de la région parisienne à Calais doit changer de motrice à
Amiens . Cette rupture de traction occasionne des retards rédhibitoires pour les affréteurs, dans une économie à flux tendus. Outre la perte de temps liée à ce changement, nous connaissons tous, l’ état de vieillissement avancé du parc de motrices diesel de la SNCF et son impact écologique négatif sur l’ effet de serre.

L’association FERELEC (dont Joseph
Gouranton est membre du bureau) qui regroupe entre autres les collectivités territoriales et les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) concernées, a déjà obtenu fin 2004, l’ électrification de ligne dans le département du Pas de Calais. Les travaux ( budget de 43 millions d ‘euros ) s’étaleront sur 2005 et 2006. Il reste à obtenir le tronçon sud entre Amiens et la limite du département de la Somme.

Que va faire le ministre des transports, Gilles de Robien ? Sa région d’élection sera t’elle le chaînon manquant du plan européen de modernisation du fret ferroviaire?

B.1 L’électrification de la ligne Dunkerque-Calais

Il est étonnant qu’ une ligne non électrifiée de vingt kilomètres, relie le plus grand port français après Marseille et Le Havre à Eurotunnel. La résolution de cet anachronisme faciliterait la fluidité des flux marchandises dans le nord de la France. Dunkerque pourra devenir ainsi le nouveau " port conteneur de Londres ", grâce à EUROTUNNEL, dès lors que la nouvelle ligne LGV, sera mise en service en Grande-Bretagne en 2007.

3.3.un soutien au développement de l’industrie ferroviaire française " pour mettre les camions-remorques sur le rail "

Un projet pilote a été lancé en France, sous la houlette de constructeurs français, avec l’ appui des pouvoirs publics et de la SNCF :

Il s’agit de " l’autoroute ferroviaire alpine " au départ de la vallée de la Maurienne, passant par le tunnel de Fréjus , jusqu’ à Turin, utilisant les wagons MODALHOR, et uniquement réservés aux citernes. La fréquence se limitant à 4 trains au départ dans chaque sens, il reste à terminer les travaux d’agrandissement de ce tunnel ( mise au gabarit européen) d’ici à 2006, pour tirer à ce stade de conclusions définitives sur la viabilité du système.

Nous souhaitons sans exclusivité promouvoir tous les projets crédibles de ferroutage. Il est clair que tout camion monté, à distance de Coquelles, sur un wagon de fret, passant donc par EUROTUNNEL, aura moins de probabilité de choisir un ferry avec rupture de charge, pour traverser La Manche.

MODALHOR participe à l’association ROUTE ROULANTE 2006, en partenariat avec TLF, RFF, la SNCF, afin de promouvoir le ferroutage sur de longues distances. Le premier projet entre Dourges et Marseille est un pas positif mais il néglige les possibles synergies avec EUROTUNNEL. L’ épure du projet peut être améliorée avec une volonté commune d’avancer.

AFR ( ARBEL FAUVET RAIL), grand constructeur européen a aussi une expertise reconnue dans le domaine du transport intermodal de conteneurs et est déjà constructeur des navettes d’EUROTUNNEL. AFR et l’ ADACTE ont des contacts techniques depuis plusieurs années.

Un prototype novateur de wagon -plate-forme a déjà été conçu et construit avec le concours précurseur, à défaut de l’ Etat introuvable, des fonds Européens. ( FEDER) et de la région Nord - Pas de Calais,.

Ce projet présente d’incontestables avantages sur le plan technique :

a) polyvalence des matériels transportés ( semi-remorques, tractés ou non, conteneurs classiques)
b) une logistique complète associée à ce mode de transport, alliée à une rusticité des matériels développés. En utilisant les structures de transport existantes, le coût unitaire restera modéré.
a) des temps de traitement réduits au minimum : des fréquences de 30 minutes, traitant jusqu’ à 1500 camions par jour sur 2 voies de chargement , pouvant être multipliées en fonction de des enjeux de trafic.
b) utilisation du réseau ferroviaire existant, en supprimant les goulets d’ étranglements pour fluidifier le trafic.

Il est nécessaire de prévoir un maillage géographique national de ce type d’installations de chargement - déchargement de camions, afin de proposer une alternative crédible au ‘ " tout-routier "

Faut il comprendre que les pouvoirs publics n’ont –ils pour but que de valoriser au maximum un réseau d’autoroutes privatisables à terme, et de sacrifier le contribuable régional pour payer la facture des routes nationales gratuites. ?

A titre d’exemple, 35 millions d’ Euros vont être investis d’ici 2007 à la gare multi-modale de Perpignan pour charger des conteneurs. Cependant, rien n’est fait pour traiter le flot croissant des camions espagnols et portugais, oubliant que notre pays est un lieu de transit central en Europe.

4. ETAT : Modification d u traité de concession. & audace financière

Une erreur historique de se passer de financement public a été commise.
N’ayant jamais demandé dans notre programme de subvention directe du concessionnaire actuel, nous réclamons néanmoins un réaménagement réaliste du traité de Canterbury qui ne peut resté gravé dans le marbre dans sa forme actuelle " ad vitam eternam " . En revanche, on ne compte plus les révisions du traité de Rome selon les vœux des parties prenantes. Nous nous insurgeons contre ce dogmatisme malthusien et les faux prétextes bien commodes pour se dédouaner de ne rien faire. Nous préférons de loin un pragmatisme intelligent. Les plus hauts décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités.

Rien n’interdit à l’ Etat ( ou à ses satellites financiers) de devenir créanciers direct d’ EUROTUNNEL.

La suppression des ponctions sur les futurs bénéfices d’ EUROTUNNEL est une autre doléance légitime . Si EUROTUNNEL est une affaire privée, les Etats se sont préalablement entendus pour ponctionner lourdement les bénéfices éventuels et prévisibles. Les dispositions législatives ratifiées en 1999 ponctionneront à l’avenir 59% des bénéfices du tunnel en échange d’un allongement de la concession. C’est insupportable pour l’actionnaire de base. Il est inique de reprendre de manière discrète de la main gauche ce que la main droite a concédé " royalement " avec moult médiatique solennel.

Comment financer le tunnel. ?

Beaucoup de prose qualifiée a été produite au cours des dernières années. Il serait prétentieux de notre part de résumer cela en une page. Sans avoir les yeux dans le rétroviseur et vouloir refaire l’ Histoire de cet ouvrage, nous voulons apporter notre modeste contribution de " paysan du Danube ".

L’ Argent existe. Il ne craint que le risque de défaillance et demande des taux de rémunération en conséquence. Sachant que l’ouvrage doit revenir à la puissance publique au terme de l concession, il serait judicieux de :

1.garantir le remboursement du capital nécessaire au concessionnaire pour sa restructuration financière. Une garantie d’ état , ne coûtant rien au contribuable, permet d’écraser les taux d’intérêt et aiderait grandement EUROTUNNEL.

2. émettre une seule ligne de plusieurs milliards d’ euros d’obligations à 50 ans ainsi garanties par la République Française qui trouverait un grand suffrage auprès d’un public international d’investisseurs institutionnels.

3. après un différé de 10 ans, rembourser annuellement 2,5% du nominal de chaque titre, montant payable avec le coupon, sur quarante ans, Ces obligations " fondantes " in fine, émises en une seule ligne, deviendraient un benchmark pour les marchés. Le cash flow issu de l’exploitation de la concession permettrait un remboursement aisé et surtout un lissage des échéances. Nous éviterions ainsi, les futurs refinancements périodiques toujours problématiques .En outre, le taux du service de la dette à un taux compétitif serait définitivement figé.

Pas de fatalité financière. Juste un financement " sur mesure " qui tient compte des envies des investisseurs et des opportunités du marché.


CONCLUSION - ACTIONS A COURT TERME

L’ADACTE a proposé / proposera au conseil d’administration d’EUROTUNNEL :

A) de demander officiellement au Gouvernement le lancement de la Nouvelle LGV directe PARIS-
AMIENS-EUROTUNNEL-LONDRES, et de s’impliquer directement dans le comité de pilotage du projet pour accélérer la mise en route. L’ADACTE va lancer un comité de soutien pour le TGV DIRECT PARIS-LONDRES visant un achèvement des travaux avant les Jeux Olympiques à Paris en 2012. Nous demanderons au x décideurs politiques de prendre position publique.

B) la prise de contact et l étude des possibles collaborations avec tous les groupes de lobbying favorables au ferroutage : les transporteurs routiers regroupés dans l’association ROUTE ROULANTE 2006 ) ainsi que la nouvelle association FERRMED (www.ferrmed.com) qui prône une autoroute ferroviaire Algésiras-Duisbourg dont le tracé en France rejoint notre propre stratégie.

C) d’engager toutes les études et démarches concrètes en vue de tester une navette prototype de 35 wagons AFR, dans le cadre de l’exploitation de sa licence ferroviaire
Afin de mutualiser le coût du projet à l’ échelle du pays, et compte tenu de l’ état des finances actuelles d ‘ EUROTUNNEL, l’ADACTE interpellera de sa propre initiative, tous les décideurs publics, pouvant apporter leur contribution financière à ce projet concret. Le coût prévisionnel de la phase II du projet AFR ( version développée) est de 6,3 millions d’euros. Le lancement prévu aura lieu fin 2006. Cet investissement raisonnable viendrait conforter l’activité naissante et amplifier la valeur d’actif de notre filiale ferroviaire EUROPORTE 2.

Refusant tous les effets d’annonce sans lendemain, l’ADACTE préfère agir sur des projets concrets qui permettront sans aucun doute le développement du chiffre d’affaires d’EUROTUNNEL et donc son redressement au bénéfice de tous :

a) les actionnaires, en premier lieu. qui percevront des dividendes (imposables) et verront une remontée sensible du cours de leur action,
b) du personnel qui verra son emploi conforté par la croissance de l’activité,
c) des clients qui recevront un meilleur service,
d) des créanciers sécurisés par la restructuration financière menée, et qui verront une amélioration sensible du rating du risque EUROTUNNEL,
e) les collectivités locales qui percevront une taxe professionnelle, assise sur une valeur ajoutée accrue,
f) l’Etat qui percevra enfin un impôt sur les sociétés, contribuant à la réduction du déficit budgétaire pharaonique actuel.

D) interpeller les pouvoirs publics français pour que l’ Etat ( ou son bras armé financier ) rachète des créances décotées d’ EUROTUNNEL sur le marché secondaire de la dette, afin de peser sur les négociations et les décisions du camp des créanciers


Notre lutte est légitime pour que l’investissement de tous les actionnaires dans le plus grand chantier du XXe siècle EUROTUNNEL soit, enfin, un péage rentable au XXIe siècle.
 

 

 

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