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Jacques Gounon, une fois sa désignation ratifiée par l'assemblée générale du 17 juin 2005, a proclamé une politique de confidentialité, prétendant qu'elle était requise par la négociation. Après avoir affiché avant l'assemblée la détermination d'éviter une dilution des actionnaires et de mettre en place une restructuration qui ne dépasserait pas la limite maximale correspondant à la capacité de remboursement d'Eurotunnel, qu'il avait estimée à 3,3 Mds€, il a négocié de façon occulte un plan de restructuration aux antipodes de ces principes. Il a ensuite présenté ce plan de restructuration comme une réussite inespérée et un plan de sauvetage de la dernière chance, tout en utilisant la menace du dépôt de bilan. La présentation faite aux actionnaires prétendait que la négociation avait permis d'obtenir un effacement de 54% de la dette. Cette affirmation était doublement fausse. La négociation avait en effet été menée avec le comité ad hoc, dont les créanciers ne faisaient aucune concession, et l'effacement de la dette reposait donc sur l'attente fallacieuse d'une acceptation par les créanciers subordonnés de l'abandon de 95% de leur créance qui figurait dans le plan, sans qu'aucune négociation n'ait été menée avec eux. Par ailleurs l'effacement de la dette qui était prévu dans le plan portait sur des créances subordonnés, qui étaient des instruments émis sous la forme d'instruments de quasi-fonds propres, mais les instruments de quasi-fonds propres qui étaient prévus dans le plan de restructuration de la dette n'étaient pas compris dans le calcul de la dette avec une parfaite contradiction. Les titres hybrides prévus par le plan étaient ainsi présentés comme n'étant pas de la dette quand il s'agissait de calculer le montant de la dette mais comme n'étant pas des fonds propres quand il s'agissait de calculer la dilution. Leur nature complexe était ainsi utilisée pour les escamoter.
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