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FEVRIER 2006 ACCORD CADRE AVEC LE COMITE AD HOC
Dépêche
reçue le
02/02/06 à 10:49
Accord cadre
entre Eurotunnel et ses principaux créanciers
PARIS (Reuters) - Eurotunnel est parvenu à un accord cadre
avec le comité ad hoc des créanciers, qui représente plus de 50% de la dette de
neuf milliards d'euros de l'opérateur du tunnel sous la Manche, sans toutefois
en révéler le contenu.
Le groupe a qualifié cet accord d'"étape essentielle dans la
restructuration globale de la dette" alors que du côté du comité ad hoc, on se
montre plus prudent en le qualifiant de "feuille de route" pour résoudre le
problème de la dette d'Eurotunnel.
"Bien qu'il y ait un large consensus sur un nombre important
d'éléments, il reste encore beaucoup de travail à effectuer sur les détails du
plan et rien ne garantit que le comité et Eurotunnel aboutissent à un accord
final", a poursuivi le comité ad hoc.
Ce dernier regroupe MBIA, un assureur américain spécialisé
dans le rehaussement de crédit, la Banque européenne d'investissement (BEI) et
les fonds américains Franklin Mutual Advisers, Oaktree Capital Management et
Ambac.
"Même si un accord est trouvé, il sera également nécessaire
d'obtenir le soutien de toutes les classes de porteurs de dette d'Eurotunnel,
ainsi que de ses actionnaires", a noté le comité ad hoc.
Eurotunnel a également souligné la nécessité de finaliser le
schéma retenu dans le cadre de l'accord conclu avec le comité ad hoc, en le
soumettant aux autres créanciers non représentés dans le comité.
Pour ce faire, Eurotunnel proposera la mise en place d'une
nouvelle période de "waiver" (soit dérogation à l'interdiction de négociation)
jusqu'à fin mars 2006.
PROCHAINE AG EXTRAORDINAIRE
Le titre Eurotunnel, dont l'évolution n'est pas
nécessairement significative tant sa volatilité est grande, s'envolait, vers
10h35, de 14,29% à 0,48 euro à la suite de cette annonce.
Même si la tonalité du communiqué d'Eurotunnel est plus
optimiste que celle du comité ad hoc, l'opérateur du tunnel sous la Manche reste
prudent en soulignant que "toute anticipation de l'impact de cet accord est à ce
jour prématurée".
Le groupe a également annoncé la tenue, à une date encore
indéterminée, d'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires qui sera
amenée "à se prononcer sur les termes de la restructuration de la dette".
Cette assemblée pourrait être organisée aux alentours du mois
de juin, soit à peu près à la période que celle de 2005. Cette réunion, après
plusieurs éditions houleuses, avait tourné au plébiscite pour le P-DG Jacques
Gounon et enfin permis de réconcilier la direction avec ses actionnaires.
Cette bonne entente pourrait évidemment être mise à mal si
jamais l'accord conclu avec le comité ad hoc contenait une clause d'échange de
dette contre actions, comme c'est souvent le cas dans ce genre de dossiers.
Une porte-parole d'Eurotunnel n'a fait aucun commentaire sur
cette hypothèse, ni sur aucune autre, notant juste que le plan arrêté était
d'une "extrême complexité".
Fin octobre, Jacques Gounon avait déclaré que les deux
parties avaient exclu aussi bien une solution impliquant les gouvernements que
celle d'une titrisation des recettes futures de la SNCF. Et à cette occasion, il
avait réaffirmé son opposition à un échange de dette contre actions.
Le P-DG d'Eurotunnel avait également dit à cette occasion que
"la capacité de remboursement" du groupe était "supérieure à 3,3 milliards
d'euros (...) mais évidemment largement inférieure aux neuf milliards d'euros de
dettes".
Eurotunnel, qui a publié il y a 15 jours un chiffre
d'affaires 2005 en hausse de 1% à 793 millions d'euros, doit normalement
commencer à rembourser le principal de la dette en janvier 2007, même si une
disposition permet à l'entreprise de bénéficier d'un moratoire de 18 mois et de
ne rembourser pendant cette période qu'une petite partie de ses charges
financières.
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