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La stratégie de négociation adoptée par Jacques Gounon est qualifiée de "politique" (Les Echos 25 mai 2006). Sa stratégie de négociation est décrite comme ayant commencé par la négociation quant à la capacité de remboursement d'Eurotunnel, une négociation avec le comité ad hoc pour ensuite négocier avec les créanciers subordonnés, et enfin présenter le plan aux actionnaires. La première phase ne pouvait qu'être consacrée à la capacité de remboursement. Elle n'aurait pas du être une phase de négociation, car la réalité ne se négocie pas. L'adoption d'une politique de négociation aboutit à qualifier de vision dynamique le passage d'une appréciation modérément optimiste de la capacité de remboursement (3,3 Mds €) à une vision qui est manifestement excessive de cette capacité de remboursement (4Mds €). Rien dans l'évolution du chiffre d'affaires d'Eurotunnel ou de ses résultats ne légitimait cette augmentation. La discussion aurait par ailleurs du être effectuée avec les Banques Agents. Ce mécanisme est celui qui est prévu par les conventions financières. Une fois la capacité de remboursement déterminé, Eurotunnel n'aurait pas du s'immiscer dans la répartition entre les créanciers et encore moins privilégier le comité ad hoc. Ce rôle devait être laissé aux Banques Agents, ce qui évitait tout problème d'avoir à attendre pour une négociation globale. Par ailleurs l'effet de seuil du waterfall fait que la conséquence de l'ordre de paiement conventionnel est de mettre les créanciers subordonnés dans une situation qui ne peut qu'être inacceptable. Eurotunnel devait d'autant moins s'impliquer dans une telle négociation entre les créanciers que le rang privilégié des créances du Tier 1A résulte de montages qui donnent à MBIA une position illégitime. Les progrès de la négociation avec le comité ad hoc sont présentés comme une "étape clef" puis, alors qu'il ne s'agit toujours que de la même phase, comme un "pas décisif". En réalité, alors que les créanciers du comité ad hoc faisaient preuve d'un égoisme vouant la négociation finale à un échec très probable, la durée de la négociation avec ce comité ad hoc ne peut qu'être inquiétante. Il est manifeste que les créanciers subordonnés, totalement ignorés dans un premier temps, puis méprisés dans un deuxième, ne sont pas décidés à céder à un ultimatum du comité ad hoc, fondé sur une clause de substitution qui ne peut plus être utilisée depuis la restructuration de 1998. Le chantage au dépôt de bilan ne parait pas susceptible de faire peur à ces créanciers, alors que de plus la direction de fait des créanciers du comité ad hoc est évidente. Elle est d'ailleurs en fait soulignée par la direction d'Eurotunnel lorsqu'elle insiste sur les pouvoirs exorbitants de contrôle des banquiers
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