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20 Minutes.fr
Et si les banques avaient profité de la débâcle?
Moulinex (2/3) Trois ans et demi après le dépôt de
bilan, la justice soupçonne une faillite d’origine frauduleuse
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Jeudi 31 mars 2005
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Les dirigeants de Moulinex déjà mis en examen (lire
ci-dessous) ne sont pas les seuls inquiétés par la justice. Les banques
qui ont financé pendant des années une entreprise en perdition
pourraient très prochainement être assignées pour « soutien abusif ».
La justice doit déterminer comment elles ont laissé se creuser un passif
de 750 millions d’euros. Une question d’autant plus importante que
certaines étaient cogestionnaires de l’entreprise et que d’autres la
conseillaient sur sa stratégie. Elles semblaient donc bien placées pour
constater la mauvaise santé du fabricant d’électroménager. Ses
créanciers sont un pool bancaire avec, notamment, le CIC, la BNP et, à
sa tête, le Crédit Lyonnais.
En octobre 2004, les administrateurs judiciaires chargés de remettre sur
pied Moulinex après la faillite ont déjà poursuivi ses dirigeants, dont
des banques, pour « comblement de passif ». L’implication des banques
dans la gestion de l’entreprise était telle qu’un récent rapport
d’experts consulté par 20 Minutes estime que, dès mars 1997, Moulinex «
n’appartient plus de fait aux actionnaires » mais aux banques.
Contactées, celles-ci n’ont pas souhaité réagir. Elles estiment la
plupart du temps avoir soutenu un fleuron industriel moribond.
Mais si aider une entreprise fait partie des missions d’une banque, le
faire quand son sort est scellé est considéré comme un « soutien abusif
» par la loi. Condamnées, les banques pourraient perdre l’argent prêté
et devoir participer au comblement du passif, soit rembourser les 750
millions d’euros manquants. Quel intérêt auraient-elles eu à perfuser
ainsi Moulinex ? Une source proche du dossier répond : « Elles ont exigé
de Moulinex des garanties exorbitantes et ont facturé des honoraires
démesurés. Les taux de remboursement étaient si élevés qu’elles
pouvaient en sortir gagnantes. » La somme des intérêts sur l’argent
prêté et des honoraires de conseil pourrait dépasser 100 millions
d’euros. La seule activité de conseil en vue de la fusion de Moulinex
avec Brandt aurait rapporté au Crédit Lyonnais, à la Société générale et
à la LCF-Rothschild plus de 7,5 millions d’euros. Autant de sommes qui
manquaient à Moulinex lors de son dépôt de bilan.
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