Il s'agit de Jules Coulon, un ancien de Michelin, début 1994. Jules
Coulon fait sortir Moulinex du RES. En
mai 1994, Jean-Charles Naouri entre,
avec sa société d'investissement Euris,
à hauteur de 40 % dans le capital. Il
apporte un milliard de frances. Il se
donne trois ans pour rétablir les
finances de l'entreprise.
Un effort de rationalisation est mis
en place, avec une centralisation de la
politique d'achats du groupe, encore
éclatée ; la mise en place d'une
structure marketing pour faire face à
la grande distribution. L'usine de
Granville est fermée, celle de Domfront.
est vendue;
Début 1995, les pertes, réduites de
moitié, s'élèvent encore à 121 millions
de francs. En février 1996 Jean-Charles Naouri
remplace Jules Coulon, par
un de ses amis, Pierre Blayau,
inspecteur des finances.
Miné par ses baronnies,
Moulinex est en perte constante.
perd de l'argent chaque jour. Les stocks
sont excessifs, le nombre de produits
référencés pléthorique, les fournisseurs
beaucoup trop nombreux.
Blayau constitue une équipe de
proches et de choc avec notamment
l'ancien PDG de Whirlpool en France,
Alain Grimm-Hecker, et, à la production,
un ancien de Valeo, Bernard de
Crevoisier. Les prix de revient de
Moulinex sont de 30% supérieurs à ceux
de SEB. Blayau annonce un
plan chirurgical.
Au mois de juin
1996, Pierre Blayau tétanise les
Moulinex en annonçant
le : « Plan de reconquête de la performance »
qui repose sur un plan social de
grande ampleur : 2 600 emplois doivent
être supprimés - dont 2 100 en France
sur trois ans - et la fermeture des
usines de Mamers
(390 salariés) et d'Argentan
(262 salariés).
Les usines fermeront en juillet 1997 mais on
ne dénombrera que 19 licenciements secs.
Blayau met en place un vaste "plan Robien" de réduction du temps de travail
moyennant de généreuses aides publiques. Le plan social est tardif
et ne redresse pas la situation.
En 1996 et 1997 Moulinex affiche cependant un
profit.
En octobre 1997 le
pacte de
contrôle est dissous et l'actionnariat de contrôle a disparu. Le public
détient 73% des actions, Torelli 10% et un fonds PDFM (Phillips Drew Asset
Management) basé en Suisse, émanation de l'UBS et d'une banque anglaise, en a
13%. Le cours de bourse est à 70F. Naouri s'est retiré en janvier 1998
avec une plus value de 320 millions de francs, la restructuration ayant fait
doubler de valeur le cours de l'action. Un nouveau
conseil d'administration
est désigné.
Moulinex est touché de plein fouet
par les crises qui frappent l'Asie puis
la Russie. La Russie pèse 10% dans le
chiffre d'affaires du groupe et
constitue le second marché du groupe.
L'entreprise replonge. Blayau cherche
une alliance industrielle. En janvier 1999 Moulinex émet des OCEANE pour 115
millions€.
En janvier 2000 Blayau annonce un
nouveau plan : 2 100 emplois sont de
nouveau menacés, avec un troisième plan
de restructuration passant par l'externalisation d'activités déficitaires.
Blayau cherche à sous traiter la fabrication tout en gardant la R & D.
Une augmentation de capital de 800 millions de francs est décidée. Il conclut des
accords avec les concurrents du groupe,
en vertu desquels les aspirateurs seront
fabriqués par le polonais Zelmer, les
micro-ondes par l'américain Whirlpool,
les moteurs par Johnson Electric,
accroissant l'hostilité des personnels
. Les ventes atteignent péniblement 7,5
milliards de francs.
En février 2000 Blayau indique
à l'assemblée générale que le dépôt de bilan était une éventualité si
l'augmentation de capital échouait et si le plan de restructuration ne pouvait
être mené à bien.
En mars 2000 Moulinex lance
l'augmentation de capital de 122 millions €. En mars 2000, d'El.Fi, entre au capital
de Moulinex en rachetant 4,6 % , franchissant le seuil des 15% le 13 mars
2000, puis 25%.
El FI est un groupe financier familial
italien, fort secret, dirigé par Luigi Novicelli. El.fi SA possède 100% du
capital de Brandt SA. qui vend des
machines, frigos et cuisinières sous
diverses marques, en particulier Vedette
et De Dietrich. El fi avait racheté
Brandt en 1992 à Thomson.
Les frères Nocivelli récusent le plan
Blayau, insistent sur les synergies
entre le gros électroménager et le
petit. Moulinex additionné à Brandt
représente 2,6 Mds€ de chiffres d'affaires.
Plutôt que de faire une OPA
couteuse, ils veulent un rapprochement entre les deux entreprises. Moulinex
étant coté, alors que Brandt ne l'est pas , ils veulent une absorption d'Elfi SA
par Moulinex.
Le processus de
fusion entre les deux groupes est
engagé, les banquiers de Moulinex poussent à la fusion avec Brandt en aout 2000.
Il n'est plus question de fermeture de sites, mais au contraire
de conservation de sites en Europe.
L'avenir de
Moulinex est peint en rose.
Le 7 juillet 2000 est publié un
communiqué commun El-fi Groupe Moulinex. Les deux groupes précisent les
étapes et les perspectives de ce rapprochement.
Le 27 septembre 2000 un conseil d'administration
du Groupe Moulinex se réunit sous la présidence de Pierre Blayau. Il mandate son
président pour permettre à un prochain conseil d'administration d'arrêter le
projet de fusion. Il indique qu'au terme de la fusion le Conseil nommera à la
tête du nouveau groupe un nouveau président, Patrick Puy alors Directeur général
et administrateur du groupe Legrand.
Le
processus de fusion est lancée en octobre
2000.
Le nombre de licenciements dans le plan
passe de 1500 à 3000, Krups va être vendu, des emprunts bancaires
supplémentaires sont contractés avec renforcement des garanties.
Le 22 décembre 2000
les actionnaires de Moulinex approuvent la
fusion avec Brandt, via
le groupe italien Elfi. Il s'agit d'une fusion absorption de la société
El.Fi. SA par la société Moulinex SA. La fusion a été conçue sur une
parité de 68 pour El.FI/Brandt et 32 pour Moulinex. A la suite de la fusion, El. Fi possède 74,3% du
capital. Le nouveau groupe, avec une chiffre d'affaires de 17 milliards
et plus de 20.000 salariés, se donne pour objectif, grâce à la taille atteinte,
une augmentation significative de la rentabilité. Brandt devient la
filiale gros électroménager du nouvel ensemble
Crédit Lyonnais et Société Générale ont perçu respectivement
3,2 millions et 3 millions d'euros d'honoraires en tant que conseils. La Banque
Rothschild obtient elle le 9 février 2001 1,8 million pour sa mission lors de la
fusion.
Dans le conseil d'administration de Moulinex présidé par Patrick Puy siègent Gilbert Torelli, Pierre Dauzier, Marc Olivier Laurent, Jerome Clavet, Mauro
Grifi, Marcello Tajani, Georges Danton, Yves René Nanot, Yves Lyon Caen, Luigi
Nocivelli, Francis Olivier et Suez Industrie.
En décembre 2000 le
patron de Brandt-Moulinex a été nommé :
c'est
Patrick Puy, un polytechnicien, ancien
de Legrand, qui remplace l'énarque Blayau.
Il est alors à la tête d'un nouvel
ensemble de 21 000 salariés et de 17
milliards de francs de chiffre
d'affaires. Patrick Puy n'arrive
pas à gagner la confiance du personnel.