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Eurotunnel poursuit son marathon 25/5/2006
Eurotunnel poursuit son marathon
Aude Sérès
FIGARO
25 mai 2006, (Rubrique Entreprises)
TRANSPORTS Après l'accord signé avec les principaux créanciers, les actionnaires
se prononceront le 12 juillet, nouvelle date pour l'assemblée générale.
UN CAP difficile a été franchi, mais Eurotunnel n'est pas au bout de ses peines.
Alors qu'un accord global sur la restructuration de la dette de l'entreprise a
été signé dans la nuit de mardi à hier (nos éditions d'hier), le chemin est
encore long. Hier, le concessionnaire du tunnel sous la Manche a annoncé
officiellement avoir signé «un accord préliminaire engageant de restructuration
financière».
Cet accord, qui prévoit une réduction de l'endettement grâce notamment à des
instruments financiers complexes, a été conclu avec les principaux créanciers.
Il s'agit, entre autres, des réassureurs américains MBIA et Ambac, des fonds
d'investissement Oak Tree et Franklin, et de la Banque européenne
d'investissement (BEI). Regroupés dans un comité ad hoc, ils détiennent 50,4% de
la dette de 9 milliards d'euros.
Appel à la vigilance
Cette étape, importante pour le sauvetage de l'entreprise, n'est pas la
dernière. D'ores et déjà, les porteurs d'obligations – réunis dans une
association présidée par Jean-Pierre Mattei, ancien président du tribunal de
commerce de Paris – ont fait savoir qu'ils seraient vigilants.
Selon Jean-Pierre Mattei, qui affirme représenter 60% des détenteurs
d'obligations, «seule peut avoir du sens une restructuration globale qui prenne
en considération les droits des obligataires et qui assure en même temps la
pérennité de la société». Hier, il indiquait que les obligataires n'avaient pour
l'instant eu accès ni au nouvel accord ni à l'accord de principe trouvé avec le
comité ad hoc en début d'année. Les obligataires détiennent au total 2,7
milliards d'euros de dettes. Le montant du rachat qui leur serait proposé serait
largement inférieur à la valeur faciale de leurs titres.
Deuxième sujet, le bouclage du montage financier. Pour cela, Goldman Sachs et
l'australien Macquarie auraient réussi à rallier des établissements comme
Barclays, Citigroup ou encore Deutsche Bank.
Mettre en place un nouveau financement
En revanche, Vinci a mis fin aux négociations avec le pool d'investisseurs. Il
était question que le groupe de BTP joue un rôle de gestionnaire dans ce
montage. Hier, Eurotunnel a indiqué qu'il «continue de rechercher avec des
institutions financières de niveau international, les meilleures conditions pour
mettre en place un nouveau financement «corporate» du groupe».
En effet, outre une réduction du montant de la dette, qui passerait de 9
milliards d'euros à quelque 4 milliards, le schéma signé hier prévoit une
modification radicale de sa structure. Actuellement, les créanciers ont des
droits très importants sur la gestion de l'entreprise, en vertu d'une
documentation juridique impressionnante et d'une structure dite de financements
de projet. L'idée est de basculer à une dette plus classique.
Quant aux actionnaires, ils se prononceront en assemblée générale non pas le 30
juin mais le 12 juillet. Cette date correspond à la fin du troisième accord
dérogatoire ou «waiver» conclu pour renégocier la dette. Si tout se passait
bien, cette assemblée générale pourrait être le dernier épisode d'un feuilleton
qui dure tout de même depuis plus de quinze ans.
Eurotunnel fait un pas significatif dans la renégociation de
Eurotunnel a franchi mercredi une étape significative dans la renégociation de
son énorme dette en signant un "accord préliminaire" avec ses principaux
créanciers, mais il lui faut encore convaincre ses porteurs d'obligations et
boucler un vaste plan de financement.
Le groupe a aussi annoncé qu'il avait demandé le report de son assemblée
générale, initialement prévue le 30 juin, au 12 juillet, fin du troisième "waiver"
(accord dérogatoire pour renégocier la dette) réclamé par le groupe en avril.
Selon une porte-parole d'Eurotunnel, le comité ad hoc "représente 50,4% de la
dette", qui pèse au total plus de 9 milliards d'euros. Il comprend les
réassureurs américains MBIA et Ambac, les fonds d'investissement Oak Tree et
Franklin, et la Banque européenne d'investissement (BEI).
"Il s'agit d'un accord engageant entre les deux parties, ce qui représente un
progrès par rapport à l'accord de principe qui avait été conclu avec le comité
ad hoc en février", a précisé la porte-parole.
"Sur cette base, les discussions vont se poursuivre avec les autres créanciers
et notamment les détenteurs d'obligations", indique le communiqué.
Ces derniers, qui représentent 30% de la dette du groupe mais qui ne sont pas
prioritaires pour un éventuel remboursement, se plaignent depuis plusieurs mois
d'être tenus à l'écart du processus de négociation.
Les détenteurs d'obligations se sont regroupés au sein d'une association,
l'Arco, présidée par Jean-Pierre Mattei, l'ancien président du tribunal de
commerce de Paris.
M. Mattei a indiqué à l'AFP que l'Arco, qui dit représenter 60% des détenteurs
d'obligations, n'a pour l'instant eu accès ni au nouvel accord ni à l'accord de
principe trouvé avec le comité ad hoc en début d'année.
"Seule peut avoir du sens une restructuration globale qui prenne en
considération les droits des obligataires et qui assure en même temps la
pérennité de la société", a-t-il fait valoir.
Convaincre les porteurs d'obligations n'est pas le seul obstacle encore dressé
sur la route d'Eurotunnel.
Le groupe franco-britannique doit trouver de l'argent frais pour financer la
restructuration de la dette, et boucler pour cela un vaste plan de financement
avec de grandes banques internationales.
Eurotunnel a indiqué mercredi qu'il "continue de rechercher, avec des
institutions financières de niveau international, les meilleures conditions pour
mettre en place un nouveau financement".
Pour l'instant, Eurotunnel peut compter sur les banques américaine Goldman Sachs
et australienne Macquarie. Il espère néanmoins élargir ce consortium.
Selon Les Echos mercredi, il aurait réussi à recruter en plus le britannique
Barclays ainsi qu'un "financier français", dont l'identité n'est pas précisée.
D'après le quotidien économique, ces partenaires pourraient prendre en charge
une partie du remboursement de la dette, en émettant pour 1 milliard d'euros de
titres hybrides qui permettraient à certains créanciers de se débarrasser de
leurs créances.
Le groupe de BTP Vinci, évoqué dans la presse pour rejoindre le consortium, se
contentera d'un rôle d'observateur, a-t-il d'ores et déjà fait savoir.
La cotation du titre Eurotunnel est suspendue dans l'attente de la publication
des comptes 2005, qui ont été reportés sine die.
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