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La structure financière
L'affirmation souvent répétée suivant laquelle il y aurait
une évolution du type de structure financière n'est pas exacte.
Dans la typologie des structures de financement, l'aspect
project finance et corporate finance ne se situent pas dans
les mêmes perspectives.
La structure dite de financement de projet (project
finance) correspond à un montage qui repose uniquement sur les capacités
financières du projet et non celles des actionnaires. Le financement
doit ainsi être prévu dès le départ pour couvrir tous les risques et aléas
sans avoir besoin de recourir aux actionnaires.
Eurotunnel a été conçu comme un financement de projet mais
, par suite en particulier de l'inadaptation du contrat de construction pour
couvrir les aléas et risques, il a fallu faire appel de façon répétée aux
actionnaires.
L'introduction en bourse de 1987 est déjà une opération qui
relève du corporate finance, de même que les augmentations de
capital. de 1990 et 1994.
La restructuration de 1998 est une opération qui relève
totalement du financement corporate, et plus particulièrement des
financements structurés.
Les affirmations de changement de structure financière sont
manifestement faites pour prétendre à une plus grande probabilité de
dividende. C'est ainsi qu'il est affirmé par ailleurs que "la
structure financière de l'entreprise ayant changé de nature pour devenir de
type " corporate ", celle-ci, dans la mesure où elle
respecte les différents accords passés avec ses
créanciers et notamment les ratios de
couvertures prévus par ces accords, gardera le
bénéfice de ses cash-flows disponibles et pourra
le moment venu les utiliser librement de manière
appropriée et respectueuse de son objet social
pour, par exemple, verser un dividende à ses
actionnaires."
S'il est exact que les conventions financières prévoyaient des contrôles draconiens et abusifs au profit des prêteurs puis des créanciers, ceci n'est qu'un abus commis par les banques et créanciers qui a été caractéristique tant des prêts syndiqués que des émissions d'instruments financiers. Depuis la restructuration ces pouvoirs qui confèrent aux Banques Agents un pouvoir de direction de fait ont été exercés avec le comité ad hoc et plus particulièrement MBIA. Ces pouvoirs sont ceux de créanciers qui ont dans la restructuration utilisés le pouvoir exorbitant d'une dette massive. Ces pouvoirs sont dans le schéma de restructuration transformés en pouvoir des créanciers investisseurs par le biais de la société faitière. Il n'y a donc pas d'amélioration dans le schéma de restructurations. Et la restriction la plus évidente à la distribution de dividende a été le caractère ruineux des intérêts et frais financiers. Ceux-ci excédant le cash flow disponible et nécessitant l'endettement supplémentaire des avances de stabilisation, ils ne pouvaient permettre un quelconque remboursement du principal ni de dividendes. La prétendue modification de structure de financement est donc simplement destinée à faire croire à une amélioration illusoire de la possibilité de versement de dividendes.
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