La titrisation est un instrument de financiarisation de marchés tels que le
marché immobilier. Il s'agit d'une technique qui consiste à rendre liquide des
actifs qui ne le sont pas afin des les céder à des institutionnels. Les actifs
qui peuvent faire l'objet d'une titrisation sont ceux dont on peut
raisonnablement prévoir les flux.
La titrisation a porté à l'origine sur des prêts immobiliers,
puis s'est étendu aux prêts à la consommation et elle porte aussi sur les
crédits commerciaux. Les difficultés des caisses d'épargne et de crédit (S&L) et
de nombreuses banques de dépôt aux Etats Unis dans les années 1980 a amené le
développement de la cession de portefeuille de prêts. Il s'est agi de prêts
sains, mais aussi de prêts douteux. Des fonds "vautours" et autres fonds se sont
spécialisés dans le rachat à une valeur en dessous du nominal de prêts à haut
risque dans l'espoir d'obtenir des taux élevés de rentabilité en développant une
expertise d'analyse de solvabilité alors que la fonction de
rehaussement de crédit suscitait
l'apparition de spécialistes, les institutions de garantie financière,
développant l'assurance monoligne.
La titrisation est pour les banques et les
assurances, mais aussi pour des émetteurs non
financiers, un instrument de gestion de bilan. Il s'agit d'éliminer du
bilan soit des actifs à faible risque pour les transformer en liquidité, soit
des actifs à haut risque de façon à cantonner la perte.
La titrisation implique la cession à un véhicule juridique ad hoc, trust,
fiducie ou société ad hoc off shore, de créances. Un portefeuille de créances,
tels que des prêts, sont cédés au véhicule ad hoc qui va émettre des titres qui
sont placés sur les marchés financiers. L'utilisation d'un véhicule de
titrisation a pour objet d'isoler les créances d'une procédure collective du
titulaire des créances.
La titrisation permet ainsi une
mobilisation non pas directe, comme dans les techniques de mobilisation telles
que la cession Dailly, mais indirectement.
Les titres peuvent être adossés à des actifs (asset backed
security)
Les encours de titrisation
sont passés de 100 Mds$ émis en 2000 à près de 500 Mds$ en 2006. Le stock
est passé de 200 Mds$ en 2000 à 2000 Mds$ en 2006.
L'effet de levier utilisé
par les banques de Wall Street est considérable. Le ratio entre les actifs
et les fonds propres des investisseurs qui était pour
Bear Stearns de 26 en 2005 était passé à 32.8
en 2007. Pour Merril Lynch il était passé de 15 en 2003 à 27 en 2007.
Il dépasse 30 pour Morgan Stanley comme pour Lehman Brothers.
Le Financial Times avait
caractérisé la titrisation par la formule suivante "La titrisation se
réduit à ôter les crédits de ceux (les banques) qui sont capables de les
porter pour les mettre sur les épaules de ceux qui sont incapables de les
comprendre".