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La corporate governance et le modèle américain En France si l’on
on parle de «corporate governance» pour la
gouvernance d’entreprise ceci dénote par le terme que l’ on voit
automatiquement se dessiner le modèle
américain. Certains s’en
émeuvent,
d’autres s’en réjouissent. Si,
inversement, on regarde
l’origine du terme «corporate
governance» aux Etats-Unis, on s’aperçoit que ce concept traduit dans les années 1970 une
insatisfaction avec les performances des entreprises, des doutes sur la capacité de leadership des dirigeants des
entreprises américaines. Il en résulte une
volonté de mieux assurer le
gouvernement d’entreprise comme rouage économique.
Vers où se tournent les regards à cette époque ?
Quels sont les modèles qui
sont l’objet de cette réflexion
? C’est l’exemple allemand
et l’exemple français, l’économie française encore plus que l’économie
allemande étant considéré par les américains comme très
dynamique à cette époque. Aux Etats-Unis, un ouvrage d’un professeur
de l’Université de Michigan
« Corporations
in Perspective»[1],
écrit par Monsieur le Professeur Conard , contient des chapitres consacrés à
l’apologie du système français et du système allemand. Cette apologie
est fondée sur l’idée que les difficultés du système américain
sont dues au laxisme du système de
régulation des sociétés sur le plan étatique, puisque c’est à ce niveau-là
qu’il est réglementé. Dans ce contexte, le système allemand et le système
français paraissent aux auteurs un exemple à suivre.
Dans les années 1960 alors que les économies européennes connaissaient une période
faste. Le terme de corporate governance, tel qu'il fut d'abord utilisé aux USA
se réfère plus au fait que les entreprises privées ont un rôle primordial
dans la gouverne de la nation qu'au gouvernement de l'entreprise. La qualité de
celui-ci est une préoccupation qui
résulte du rôle de l'entreprise dans l'économie, de l'importance de ses
décisions.
Le concept de
«corporate governance»
dans les années 1960 , comme à la même époque l’analyse du
« gouvernement d’entreprise », se situent dans
les mouvements d’entreprises citoyennes, dans la lignée des mouvements consuméristes
et des mouvements libéraux Nord-Sud. Il prenait comme exemple le système français, avec sa
planification souple dont la réussite impressionnait les libéraux anglais et
américains, [2] et le système allemand.
Elle s’inscrit plus que d’autres visions traditionalistes dans ce «stakeholder
theory» qu’une tribune de l’Economist agressait de façon systématique
en disant «finalement, c’est le marché qui reflète le plus l’entreprise
avec toutes ses valeurs». Les années 1980 ont vu le développement
de la liberté managériale, avec la vogue des OPA et des MLBO. La « corporate governance » se distingue d’un autre concept dont on parle beaucoup à l’heure actuelle qui est celui de «shareholder value»[4]. de VALEUR ACTIONARIALE
«Corporate governance», ce
n’est pas la défense absolue de l’actionnaire, ni une vision purement
financière de l’entreprise correspondant à
ce que l’on a pu appeler dans les années
1980 la tyrannie des marchés. Ces
années sont celles des « leveraged
buy out » dont la multiplication démontre la frénésie de la bulle
financière qui au contraire va à l’encontre du «corporate
governance». On constate une réaction juridique à la financiarisation
excessive. Les holdings d’endettement peuvent donner lieu en France à des
incriminations pénales . L’utilisation inconsidérée des techniques américaines
de LBO, en France peut être caractérisée d’abus de biens sociaux[5].
En fait aux Etats-Unis mêmes les excès ont donné naissance à
une jurisprudence qui a appliqué la notion de «waste
of corporate assets» en cas de LBO qui ont épuisé les capacités
financières de la société . Il a
été considéré que, si une société reprenait une autre et présumait de ses
moyens et vidait l’une des deux sociétés, quelle qu’elle soit, à partir
de ce moment-là l’opération devenait fautive. [1] Alfred F Conard, Corporations in Perspective , Michigan , 1976 [2] « La planification économique est l’expression la plus caractéristique du nouveau capitalisme. Elle traduit la détermination de conduire les événements économique plutôt que d’être conduit par eux » , Andrew Shonfield, Le capitalisme d’aujourd’hui , NRF, 1967, p. 123 [3] Rethinking the Company, ed. Thomas Clarket & Elaine Monhouse, , Londres 1994 [4] Alfred Rappaport, Creating shareholder value, The Free Press, 1986; The Quest for Value : Benner Steward Harper Collins 1991 [5] Cass. crim. 10 juillet 1995, JCP 1996.II. 22 572, n. Jean Paillusseau [6] G. Berlioz, Peut-on s’inspirer de l’exemple anglo-saxon en matière de comités d’audit, Colloque EFE La Corporate Governance, 10 mai 1995, p. 19 [7] art. 90 du décret du 23 mars 1967 [8] Cass. com. , 4 juillet 1995, JCP 1995.II. 22559, n. Guyon [9] 28 septembre 1992, Marcel Pillard/Entreprise générale de chauffage industriel Pillard, Rev. Soc. 1983 p. 773 , n. J. Mestre [10] Couret, Gouvernement d’Entreprise, Les comités spécialisés dans le contexte français, Cahiers de l’Audit, n°3, CNCC 1998 [11] TGI Paris, ord. réf. 18 janv. 1996, JCP 1996.II. 22 589 [12] G. Berlioz, Les Affaires, le Juge Répressif et la Tragédie Grecque, MTF sept. 1994, p. 35 [13] Cass. ass. plén. . 1er déc. 1995, quatre arrêts, concl. Michel Jéol et note J. Ghestin, JCP 1996.II. 22 565 [14] Un bon exemple est celui de la mise en œuvre par le Tribunal de Commerce de Paris (tTrib. com. Paris 1re Ch. B audience spéciale, 16 mars 1992, SA Demilac et autre c. SPG et Saint Louis, Bull. Joly, mai 1992 p. 527) de l’esprit du droit boursier dans l’affaire Nestlé Perrier [15] G. Berlioz, Gouvernance d’entreprise et réforme du droit, MTF, Juin 1995, p. 3 |
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